Archive for the ‘Le rémouleur dans l’Art’ Category

Le dernier voyage du rémouleur – Vidéo

15 janvier 2016

Last trip 1

Cette vidéo ne dure que deux minutes mais on en prend plein la vue…
C’est une belle réalisation de Mighele de Curras. L’afilador est interprété par Aitor Rei, acteur espagnol.
Ce film est dédicacé à tous les fils et filles d’une mère patrie faite d’hommes et de femmes qui marchent, à tous les migrants dispersés partout dans le monde, aux héros de romans inconnus pas encore écrits.
Pendant trois siècles les galiciens les appelaient « queicoas », ce qui signifie dans le jargon des rémouleurs : dieu, héros, grand, esprit combatif, vie de légende.
L’auteur dit le texte en espagnol mais les sous-titres en anglais pourront aider le spectateur.
Ses mots sont forts, ils expriment parfaitement la considération que le réalisateur porte à ces hommes que nous aimons, nous aussi, et que nous honorons sur ce blog.
Un bel hommage à tous les rémouleurs du monde ! À voir absolument.
Note : il est possible de télécharger cette vidéo sur son PC.

Last trip 3

– C’est ici : TRAILER-THE LAST TRIP OF THE KNIFE-GRINDER sur Vimeo
– Le site de l’acteur : Aitor Rei
– Le site du réalisateur : Mighele de Currás sur Vimeo

Paso el afilador

11 décembre 2015

À l’approche des fêtes de fin d’année, sans oublier les évènements terribles de janvier et novembre 2015, autorisons nous un peu d’humour.
« Le rémouleur est passé » (Paso el afilador), c’est une histoire très courte en bande dessinée à la Une d’une revue enfantine espagnole : TBO, N° 543, à 4 pesetas. Elle pourrait dater des années 50, une supposition seulement…
Ce qui nous intéresse ici, bien entendu, c’est le thème de cette BD. En quatre images et seulement une bulle, l’auteur rend hommage aux rémouleurs : toujours obsédés par des lames bien propres et reluisantes !
Ce qui est drôle aussi c’est que le banc du rémouleur est représenté comme un jouet d’enfant. Sans doute pour que ceux-ci ne soient pas désorientés par une représentation trop sophistiquée. Et tout cela en présence du chien !
Bref, une histoire courte traitée avec beaucoup d’humour.

Paso el afilador

Le rémouleur par Armand Bouxin

4 septembre 2015

Au fil des siècles, dans tous les pays, les rémouleurs ont très souvent fasciné les artistes : dessinateurs, peintres, graveurs, sculpteurs. Ce blog en a régulièrement présenté, plutôt des moins connus, voire des inconnus. Aujourd’hui, Philogène a choisi de faire découvrir à ses lecteurs un artiste français peu connu.
Armand Bouxin est né à Reims (ville dont une rue porte son nom) en 1880. Il fut pupille de Félix Régamey à l’École des Arts Décoratifs de Paris. Il exposa régulièrement au salon des Artistes français dont il était membre. Ses travaux se partagèrent entre peinture et lithographie, d’où sa qualité de membre de l’Association Française des Artistes Lithographes. Il disparut en 1972 à l’âge de 92 ans.

Armand-Bouxin-Le-Remouleur-1917

Son rémouleur, gravé en 1917, fait penser aux photos de Eugène Atget, cela parce que le banc de l’un et de l’autre sont quasiment de la même époque. C’est un banc lourd avec une énorme meule, dont le déplacement était assuré par de grandes roues. L’attitude du rémouleur est assez bien vue, son environnement est neutre, on ne peut que regarder l’homme et la machine.
– Tirée à 250 exemplaires, la litho mesure 22 x 17cm à la cuvette.
– Elle porte le N° 236/250.
– Voir sur ce blog un rémouleur par Eugène Atget (lien direct).

Rémouleur en Haute-Savoie

18 juillet 2015

Philogène traîne actuellement ses guêtres en Haute-Savoie. Passant récemment par La Chapelle d’Abondance, il était invité à déjeuner dans un hôtel-restaurant de qualité : Les Cornettes… Après le café, visite de cet établissement familial de plusieurs générations qui abrite un musée relatant la saga de la famille Trincaz. Au hasard, sur une belle fresque représentant les petits métiers d’autrefois, Philogène aperçoit un rémouleur !

Rémouleur-JL-Danel

Cette fresque a été peinte il y a quelques années par un artiste local bien connu, Jean-Luc Danel. On trouve ses œuvres : enseignes, affiches, posters, etc, un peu partout dans la région. On peut aussi le rencontrer dans son magasin-atelier à La Ville du Nant, hameau de La Chapelle d’Abondance, et emporter de chez lui un souvenir de ses nombreuses œuvres : peinture sur bois, objet peint ou simple carte postale…
– La fresque des petits métiers d’autrefois, de hauteur 50cm environ, mesure approximativement cinq mètres de long.

Le rémouleur d’Antonio de Puga – Espagne – 1640

12 juin 2015

Cette superbe peinture nous ramène près de 400 ans en arrière… Oeuvre de Antonio de Puga en 1640 (certains la situent en 1635), elle est classée parmi les œuvres de l’École Espagnole avec les peintures de Diego Velazquez, entre autres génies.
Il est né en 1602 à Ourense en Galice, fils d’un tailleur du même nom et de Ynes Rodriguez. Il a aimé peindre des scènes avec de petites gens comme ce rémouleur. Et comme par hasard, il est né dans une ville réputée depuis toujours pour la fabrication d’excellents couteaux. Il a donné à sa province natale ses lettres de noblesse en peinture et ses œuvres sont exposées dans de grands musées du monde entier.
Celle-ci, El afilador, est présentée au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg en Russie.

Puga afilador

Dans ce tableau, Puga ne s’intéresse pas à l’environnement. Il privilégie le repasseur et son banc qui occupe l’essentiel de l’espace. Les clients sont quelque peu relégués dans la moitié gauche de l’œuvre.
Le banc est très rustique : type brouette avec roue pleine, plusieurs éléments sont assemblés avec des cordes. Le réservoir à eau, un tonnelet, est de bonne taille. Les supports de la meule sont rudimentaires.
Le rémouleur affûte un poignard, l’homme en noir lui tend une pièce, preuve pour le spectateur que le rémouleur est bien un gagne-petit..
On ne sait pas si le soldat a quelque objet à faire affûter, peut-être que le poignard est à lui…
Un peu coincée à l’extrême gauche du tableau, une jeune femme attend son tour avec, semble-t-il, un hachoir dans la main. Elle regarde le spectateur et semble dire, en posant l’autre main sur son ventre rond, qu’elle attend un enfant, cinquième personnage de cette composition.
Cette belle œuvre a toujours fasciné Philogène !
– Le tableau, huile sur toile, mesure 118 x 158 cm.
– Voir l’œuvre en grand format en cliquant sur l’image.
– Dans la cathédrale de Ourense, sa ville natale, une plaque honore l’artiste. (lien direct).

La belle enseigne d’une coutellerie à Millau

22 mai 2015

Fidèle lectrice de notre blog, Juam de son pseudo, vient de nous transmettre la photo d’une belle enseigne que Philogène ne connaissait pas (mais il ne connait pas tout…).
Comme autrefois, cette enseigne signale une coutellerie dans la vieille ville de Millau, en Aveyron.
Il s’agit de la coutellerie Mercier dont le site nous conte l’histoire en ces termes :
« Il était une fois en Aveyron un artisan, Ferdinand Mercier, qui en 1880 décida de fabriquer des laguioles à Millau, capitale de la ganterie.
Ainsi naquit la maison Mercier, seule fabrication de la ville.
C’est au fil des ans, des générations et des inventions (couteaux à revirer le Roquefort, laguiole de cavalier)…) que l’enseigne gagna ses titres de noblesse.
Aujourd’hui encore, le savoir-faire se perpétue dans le plus grand respect de la tradition ».

Enseigne F Mercier à Millau

On ne sait pas si l’enseigne est ancienne mais elle est bien dans la tradition : fer forgé et tôle d’acier. Tout y est pour évoquer le métier : la meule bien sûr, la lame, le bâti et ses pieds, la pédale, la bielle, l’excentrique, le réservoir d’eau et… le rémouleur. Comme souvent autrefois, son habit est soigné de la tête aux pieds. Outre les couleurs, on remarque la trompette avec laquelle il annonçait son arrivée. Peut-être que dans cette région elle remplaçait la cloche. Pourquoi pas ?
Enfin, le nom du fondateur s’inscrit en dessous.
Le tout est éclairé la nuit par deux spots, un de chaque côté. On voit sur la photo l’arrière de celui de gauche.
L’enseigne charme le regard grâce à sa composition et à ses couleurs, c’est un beau travail et l’artisan qui l’a conçue, ancien ou contemporain, mérite nos compliments.
Philogène est heureux d’avoir découvert cette œuvre d’art populaire !
– Photo © Juam – 2015.
– Le site de la coutellerie F. Mercier : Coutellerie Mercier  (lien direct).

La cloche retentit : couteaux, ciseaux à repasser !

27 mars 2015

Après avoir découvert ce dessin réhaussé à l’aquarelle dans un livre sur les cloches, Philogène l’a trouvé en vente sur un site marchand.
Cette œuvre très colorée représente bien le rémouleur parisien de l’entre-deux-guerres. D’abord par la silhouette du banc puis par le costume de l’homme, un tantinet anar…
La scène est vivante : on voit que la cloche, de bonnes dimensions, est en mouvement et donc sonne tandis que l’homme crie à la cantonade que le repasseur est là pour les lames.
L’auteur, Georges Tournon (1895-1961), natif de Gaillac dans le Tarn, de parents artistes peintres, est exposé dans plusieurs villes de France et bien sûr dans le musée de sa ville natale.

Cloche-et-rémouleur.jpg

Bonne année 2015 aux rémouleurs du monde !

31 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit adresse ses meilleurs vœux et souhaite une bonne année aux rémouleurs du monde entier ainsi qu’à tous ceux qui les aiment… dont vous, lectrices et lecteurs assidus ou occasionnels.

Bonne annee remouleur 2015

Au monde entier, oui, car ce blog a déjà été lu dans près de 130 pays. Étonnant !
Philogène vous offre à cette occasion ce rémouleur d’amour qui, autrefois, se déplaçait de ville en ville… C’est une marionnette à fils datant du XIXe siècle.
À découvrir en grand format sur le Portail des Arts de la Marionnette en cliquant ICI.
– Photo © PAM.

Le rémouleur de William Henry Vernon

13 octobre 2014

On a peu d’éléments concernant le peintre anglais William Henry Vernon (1820-1909) malgré la profusion d’informations disponible sur Internet.
Quelques reproductions de ses œuvres nous montrent essentiellement des paysages bucoliques et quelques figures de son temps.
Soyons-lui reconaîssant d’avoir peint à un moment de sa carrière un rémouleur, anglais bien entendu.

William Henry Vernon The scis grinder 1856

Cette œuvre de dimensions 55cm x 65cm a été peinte en 1856, le peintre avait alors 36 ans. Malgré un côté très théâtral, la représentation du banc de rémoulage en bois semble fidèle. On suppose que le déplacement se faisait après basculement de l’ensemble. La présence de la cloche nous enseigne que ce rémouleur était itinérant. Enfin, côté social, comme souvent, un enfant est là ainsi qu’un chien. On peut se demander, vu le costume, si cet enfant est un curieux du quartier ou bien si c’est l’aide, voire le fils du rémouleur qui est lui-même assez bien vêtu ! Mystère.
Le site d’un marchand d’art évalue ce tableau entre 15.000 et 20.000 USD soit entre 12.000 et 16.000 € environ. Au fil des siècles, les rémouleurs ont pris du galon…
Il s’agit tout-de-même d’une belle œuvre picturale qui les honore. Merci à William Henry Vernon.

Le rémouleur amoureux – 2

29 septembre 2014

Philogène Gagne-Petit a attendu en vain des propositions de suite pour l’article paru le 5 septembre Le rémouleur amoureux – 1.
Aucun envoi jusqu’à ce jour, d’où la publication du deuxième dessin de Benjamin Rabier. Bien vu l’artiste !
Moralité : quand on est amoureux(se), on ne voit pas le temps passer…

Remouleur-Amour-2

La belle assiette de Creil-Montereau

15 août 2014

À la belle saison… enfin, au printemps, en été et à l’automne, les brocantes et les vide-greniers fleurissent dans nos communes françaises. En fouinant un peu, on trouve assez souvent des objets faisant référence aux rémouleurs.
C’est ainsi que Philogène Gagne-Petit vient de débusquer une belle assiette. Pas n’importe laquelle : un pur produit de la faïencerie Creil-Montereau ! Philogène a dû négocier ferme car le prix était conséquent mais quand on aime…
Fondée peu après la Révolution, la Manufacture de Faïence Fine de Creil emploie 900 ouvriers en 1840. Cette année-la, le groupe Creil et Montereau est fondé par le rapprochement avec la Manufacture de Montereau. C’est la naissance des Faïenceries Creil et Montereau qui connaîtra une période d’expansion et de succès pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Recentrée par la suite sur Montereau la société mettra fin à ses activités en 1955. Dans chaque commune, Creil et Montereau, en Ile de France, un musée rappelle la production artistique de chacune des manufactures (d’après Wikipedia).

Assiette faience de Creil-Montereau

Comparé à d’autres graphismes sur assiette, le dessin est fin et précis, caractéristiques des Faïenceries de Creil-Montereau. À la limite, on peut reprocher le côté chargé du contour de l’assiette, cela est une question de goût. Par contre, le dessin de la scène du rémouleur est remarquable. La légende tient en trois mots : À repasser couteaux.
– Au dessous de l’assiette, inscription Lebeuf-Milliet Creil-Montereau.
– Diamètre de l’assiette : 21cm.
– Elle fut produite avant 1955, année de la fermeture définitive de la manufacture.

Le rémouleur en motif décoratif

25 juillet 2014

Dans le cadre d’un déplacement sur des lieux touristiques en montagne, Philogène Gagne-Petit a découvert cette bande de tissu décoratif destinée à masquer le chant d’une étagère ou bien orner le haut d’une vitre de placard de cuisine. Tout cela dans une cuisine de style rustique et non pas dans une pièce high-tech’ bien entendu. La bande mesure environ 10cm de hauteur, longueur ad libitum… Prix au mètre linéaire très abordable.

Frise-deco-remouleur

La solitude du rémouleur, de René Leverd

16 juin 2014

Son père fut son premier maître, par la suite il en eut d’autres dont Jobbé Du Val, ce dernier connu entre autres pour un dessin de rémouleur. Robert Leverd (1872-1938) exposa ses œuvres dès 19 ans. Nanti d’une solide formation artistique, il exerça néanmoins les métiers les plus variés, dont reporter, avant de s’installer dans le sud de la France. Il se spécialisa alors dans l’aquarelle, domaine dans lequel il excella, produisant des milliers de croquis au fusain, au crayon et à la plume.

René Leverd Rémouleur

Ce dessin au crayon (dont on voit encore les traces) réhaussé à l’aquarelle d’un rémouleur est un beau cadeau que René Leverd nous a laissé. On est en ville, témoin le fût du lampadaire ainsi que la grisaille environnante, et pourtant on ne voit rien autour… Est-ce pour exprimer la solitude du rémouleur ? Légèrement penché sur son métier, vêtu d’une redingote et d’une casquette sombres, emmitoufflé, l’homme est concentré sur son ouvrage. L’outil de travail est simple, porté sur le dos lors des déplacements, les sangles l’attestent.
En résumé, une œuvre forte, un bel hommage aux rémouleurs, les hommes que nous honorons depuis longtemps ici.

– Collection particulière.
– Voir un autre article de ce blog sur la solitude du rémouleur ICI .

Marseille : rémouleur à l’arrêt du tramway

17 mai 2014

Aujourd’hui, dans toutes les villes d’Europe, à l’angle d’une rue ou sur une place, on se laisse prendre par une scène en trompe-l’œil : fenêtres avec rideaux et fleurs en balconnières, échelles en appui contre un mur, personnages de toutes sortes… Tout cela pour créer un effet de réalité… et souvent, masquer un pan de mur disgracieux. La peinture en trompe-l’œil remonte à plus de deux mille ans. On en a par exemple trouvé dans les ruines de Pompéi. De tout temps, cette pratique s’est perpétuée mais pendant longtemps dans les demeures riches ainsi que dans les édifices religieux.

Marseille remouleur trompe l oeil

C’est à Marseille que l’on peut voir, entre autres personnages, ce rémouleur en plein travail mais qui jette un regard vers le visiteur… Il est peint sur une fresque de 90m2 intitulée Bar Le Tramway, place Caire. Un souvenir du terminus du tramway face à la station de métro Saint-Barnabé. Bien entendu, le rémouleur est là au milieu de gens qui attendent le tramway qui arrive… Il faut donc aller sur le site A-Fresco pour découvrir l’ensemble de la fresque en cliquant sur l’image ci-dessus. Penser à survoler cette fresque avec la souris pour agrandir les détails et apprécier la qualité du dessin. Vaut le détour !
– À découvrir : ICI une page sur l’histoire de l’art du trompe-l’œil.

Le rémouleur (knife grinder) de Eric Ravilious

18 avril 2014

L’auteur de cette lithographie est un artiste anglais, Eric Ravilious (1903-1942). Multicartes, il était peintre, désigner, illustrateur de livres, graveur sur bois, mais il est surtout connu pour ses aquarelles. Il fut un artiste de guerre pendant le deuxième conflit mondial. Sa vie se termina tragiquement au cours d’une mission en 1942, il avait 39 ans, lorsqu’un avion de la RAF (Royal Air Force) qui le transportait vers la Finlande se perdit au large de l’Islande.

Knife grinder par Eric Ravilious

Le banc est caractéristique de ce que l’on pouvait voir au Royaume Uni dans les années 20-30 du XXe siècle : grandes roues et rémouleur assis haut perché. D’une façon générale, en comparaison de ce qui existait dans les autres pays européens, le métier était simple, léger et souvent décoré.
La sensibilité artistique dEric Ravilious lui a fait accentuer ces aspects. Le point de vue, en contre-plongée, ajoute à l’ensemble une représentation très aérienne qui transcende la réalité. C’est une vision idéalisée du rémouleur et cela lui donne une certaine noblesse.
– Note : le mot CHAIRS indique que l’homme réparait aussi les chaises.

Un rémouleur devant le château de Windsor (GB)

4 avril 2014

Résidence officielle des rois et reines d’Angleterre depuis bientôt un millénaire, le château de Windsor accueille actuellement et jusqu’au 5 mai une exposition des aquarelles des frères Sandby, Paul et Thomas. Vivant au XVIIIe siècle, Thomas était architecte tandis que Paul s’est fait une réputation en tant qu’aquarelliste. C’est d’ailleurs à Paul que l’on doit la majeure partie des œuvres exposées. Celles-ci sont d’une telle qualité qu’on lui a attribué le titre de « père de l’aquarelle anglaise« . En regardant ces peintures aujourd’hui, on se projette deux siècles en arrière dans ce qu’était la vie du château et de son domaine.

Château de Windsor La Porte Henri VIII avec sa garde son public et ses travailleurs Paul Sandby

Comme dans toute communauté, il y avait à cette époque des rémouleurs. En voici un, devant l’une des portes du domaine, la Porte Henry VIII. On retrouve là un banc brouette caractéristique de cette période anglaise. La scène est très vivante, tandis que le rémouleur fume la pipe, les étincelles jaillissent. Un broc est accroché sur l’un des bras de la brouette. Ce qui crée la vie dans ces aquarelles, c’est la multitude de personnages de rangs différents : nobles, gardes, marchands, gens du petit peuple comme ce ramoneur et son tout jeune aide qui observent notre rémouleur, fascinés sans doute par la mécanique, le feu, le bruit de l’acier sur la meule…
Hélas, peu d’entre nous pourront se rendre à Londres pour cette exposition. Les organisateurs y ont pensé : on peut quand même admirer les aquarelles et revivre l’ambiance du château de Windsor grâce à Internet. Un site a été créé et une application pour iPhone et iPad est disponible gratuitement. C’est en anglais mais cela ne présente pas d’obstacle majeur : à consommer sans modération, c’est remarquablement conçu.
Bon voyage au château de Windsor !

Rémouleur Chateau de Windsor RU

– Le site : CAPTURING THE CASTLE (lien direct).
– On peut consulter les aquarelles et les télécharger en grand format.
– Un lien permet de télécharger l’application pour iPhone et iPad.

Les rémouleurs, ce blog : six ans déjà…

24 mars 2014

Il y a six ans jour pour jour, le 24 mars 2008, paraissait le premier article de ce blog.
Le démarrage fut un peu laborieux. Pourtant, un jour de l’été de la même année enregistrait le record de visites : 203. Cependant la moyenne quotidienne restait très basse. Doucement, après quelques années, elle s’est établie à une soixantaine de pages vues. Aujourd’hui, on est autour de 70 avec des pics jusqu’à 120. Ah ! On est loin de certains blogs généralistes, ou d’autres sur des thèmes populaires, qui attirent plusieurs dizaines de milliers de visiteurs aux premières heures de l’aube… certes.
Avec ce blog les rémouleurs, ce qui fait la différence, c’est l’audience internationale. Oui, car s’ils ne sont pas nombreux chaque jour, les visiteurs viennent de plus de 116 pays du monde entier !  Et cela est extraordinaire. Bien sûr, ce sont les francophones les plus assidus mais avec les possibilités de traduction qu’offre aujourd’hui Internet, un visiteur d’une petite île de l’Asie du sud-est peut lire nos articles. Enfin, contrairement aux sites généralistes et dans le vent il y a très peu de sites focalisés sur les rémouleurs dans le monde. Internet permet une véritable mondialisation des connaissances.

2014 03 23 6 ans blog Joyeux lurons italiens

Philogène Gagne-Petit est très touché de cette audience et s’en réjouit. En ce jour anniversaire, il offre à ses lecteurs la photo d’une statuette d’origine italienne en cire colorée qui figure en bonne place dans son bureau. Avec ses rémouleurs sympathiques, ce banc de rémoulage est sans doute né de l’imagination de l’artiste qui a conçu cette statuette, bien que… On sait les rémouleurs débrouillards et imaginatifs, ce blog les honore régulièrement.
Alors Philogène, on repart pour six ans ?
– Sur la plaque dorée en partie basse est inscrit « Jessica collection »
– La statuette mesure 24cm de long, 22cm de haut et 15cm de large.
– Acquisition en Italie il y a quelques années mais d’origine inconnue.
– Pour voir le premier article paru : un rémouleur mexicain, cliquer 
ICI.

Inapte à un travail suivi : tu seras rémouleur !

14 février 2014

Le rémouleur, c’est le titre d’une histoire imprégnée de morale chrétienne qui est racontée dans le journal La semaine des familles du samedi 20 août 1873.
Jérôme, le héros, jeune orphelin de père et de mère, est recueilli par un généreux abbé. Il part à Paris à la recherche d’un oncle qui a réussi. Après maintes péripéties, d’oncle riche il ne retrouve point. Alors qu’il est adulte, quelque peu instable, il retrouve l’abbé qui constate que Jérôme est inapte à un travail suivi et donc l’encourage dans son désir de devenir rémouleur : plus belle la vie ! Jérôme le rémouleur adopte ensuite un enfant puis un chien et les voila partis tous trois sur les routes de France.

Rém Semaine des familles 1873

L’histoire est illustrée par cette belle gravure réalisée probablement sur commande. Dans un paysage quelque peu désolé au loin duquel monte la fumée d’un feu de bûcherons, on aperçoit quelques silhouettes de maisons et même un clocher. Jérôme le rémouleur et ses deux compagnons sont bien présents, tous au travail pour faire avancer le banc d’affûtage sur un chemin irrégulier. Un banc de type brouette assez étonnant comme on pouvait sans doute en voir fréquemment à cette époque de la deuxième moitié du XIXe siècle.
Remarquons encore une sorte de baluchon posé juste derrière la roue de la brouette, s’agit-il de quelques outils ou bien des effets personnels de Jérôme et de l’enfant ?
Plus belle ou plus dure la vie ?
– En bas de la gravure apparaît un nom : DELANGLE.
– Dans le coin en bas à droite, deux initiales : GR.
– Dimensions de la gravure : 13,5cm x 9,5cm
– Format du journal : largeur : 19,5cm – Hauteur : 29cm.

Le Rémouleur : Allegro Vivace !

8 février 2014

C’est au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle que Adolphe DAVID (1842-1897) composa cette Pièce Caractéristique dédiée à l’une de ses élèves… On n’en connaît pas la date exacte même si l’on a le numéro d’opus (43). Il semble que ce compositeur fut apprécié en son temps par les pianistes, c’est pour eux qu’il composa le plus si l’on en juge par le nombre de partitions éditées de son vivant.
C’est justement la couverture de l’une de ces partitions, celle de Le Rémouleur, éditée par Henry Lemoine à Paris, qui nous intéresse aujourd’hui.
Le dessin est l’œuvre de E. Buval, un illustrateur dont le nom apparaît sur bon nombre  de partitions musicales. Peut-être était-il attaché à l’éditeur Lemoine ?

DAVID-Adolphe-Le-rémouleur-Piano

E. Buval campe ici un rémouleur avec beaucoup de vérité. On découvre un banc de conception assez particulière, rare aussi. Mais tout y est : les bras et la roue de brouette pour le déplacement, la pédale, la bielle, l’excentrique et la roue d’énergie, celle-ci de grand diamètre et haut perchée. Ce grand volant entraîne par courroie l’axe de la meule qui doit tourner à grande vitesse. L’attitude du rémouleur est bonne et l’homme travaille dans une ville qui pourrait être située, d’après l’architecture, dans le nord de la France, du côté des Flandres.
C’est en tout cas un banc étonnant, d’un modèle encore jamais vu par Philogène Gagne-Petit !
La partition musicale commence par un Allegro Vivace. Forcément, le rémouleur n’a jamais été un mou…
Comme quoi musique et rémouleur peuvent faire bon ménage.

Les vœux de Philogène Gagne-Petit

30 décembre 2013

Papier découpé Vœux 2014

C’est avec cette carte éditée par Müller à Düsseldorf en Allemagne que Philogène Gagne Petit vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2014.
La légende précise : silhouettes du siècle dernier. Il s’agit en fait du XIXe siècle, la carte ayant été envoyée dans les années 50.

1850 – Le rémouleur vu par les frères Pauquet

7 mai 2013

On ne sait pas lequel des deux frères Pauquet a signé ce croquis, pris sur le vif, d’un rémouleur dans une rue de Paris vers 1850. Leurs styles de dessin étaient tellement en harmonie que l’on a du mal à distinguer l’œuvre de l’un ou de l’autre. Hippolyte, l’aîné et son cadet Polydor étaient nés vers 1800. Travaillant ensemble, ils fondèrent la maison d’édition PAUQUET FRÈRES dont la production artistique fut abondante. Aucun domaine ne leur était étranger, outre les petits métiers de Paris, ils s’intérèssèrent à la mode, aux costumes, à la danse, aux portraits de figures illustres, aux paysages…

Pauquet-Rémouleur-1.jpg

La gravure ci-dessus est intéressante, elle nous fait découvrir un banc de rémouleur d’un type assez rare que nous qualifierons de banc-buffet. Notons que le rémouleur lui-même est bien défini, en particulier le visage qui est assez expressif. Comme très souvent, on ne sait pas lequel des deux frères a signé cette gravure : Hippolyte ou Polydor ? Qu’importe, ils ont immortalisé une figure que l’on aime.

Todros Geller : le rémouleur (1938)

15 janvier 2012

Todros GELLER (1889-1949) était un artiste américain d’origine ukrainienne, professeur, maître-graveur et membre influent de la communauté artistique de Chicago.
D’abord étudiant en art à Odessa, il émigre au Canada et continue ses études à Montréal. Marié, il déménage à Chicago (États-Unis) où il continue ses études à l’Art Institute School jusqu’en 1923.
Considérant l’art comme un outil de réforme sociale, il a consacré une partie de sa carrière à l’enseignement, formant alors beaucoup d’artistes de Chicago.

Todros Geller From Land to Land 1926 The knife grinder 0035

Ses travaux : peintures, sculptures sur bois, gravures sur bois, vitraux ont porté essentiellement sur les traditions juives. Il a ainsi illustré plus de 40 livres, en yiddish et en anglais, et conçu des vitraux pour des synagogues aux États-Unis.
Son abondante production reste aujourd’hui un sujet d’études ainsi que ses qualités de pédagogue dans la contribution à la reconnaissance du travail artistique des membres de la communauté juive de Chicago.
– Ci-dessus, gravure sur bois The knife grinder (1926) extraite du recueil de gravures intitulé De la terre à la terre (publié en 1937).
– D’après Wikipedia qui lui consacre une fiche détaillée (en anglais).

Le rémouleur brûle les planches…

14 octobre 2011

« Jouer la comédie avec verve, avoir une grande habitude de la scène et se jouer des difficultés d’un rôle », telle est la définition donnée par Bob dictionnaire fam. pop. arg. de l’expression qui figure en titre.
Voici donc un rémouleur en scène dans le spectacle « The art of deduction: Inside the mind of Sherlock Holmes » (L’art de la déduction : dans l’esprit de Sherlock Holmes) monté aux États-Unis, à Akron, Ohio en mars 2011. Il s’agissait d’une première mondiale par Derek Davidson.

Le remouleur brule les planches

On voit que le banc du rémouleur est un accessoire de théâtre avec une meule qui paraît être en aggloméré. Mais là, bien entendu c’est le visuel qui compte et l’accessoire joue bien son rôle…
– Pour voir les photos du spectacle c’est ICI, sur Flickr.
– Photo © Weathervane Playhouse.

Journées du patrimoine 2011 : David Teniers II

16 septembre 2011

S’il est une représentation connue et célèbre du rémouleur, c’est bien le tableau de David Teniers II dit le Jeune. Peintre flamand du XVIIe siècle (1610-1690), ce sont essentiellement les effets de lumière qui l’intéressaient : paysages de campagne au crépuscule, par clair de lune, ou encore par temps de neige. S’il a peint des célébrités, il aima et représenta aussi le petit peuple : ses réjouissances, ses coutumes, ses plaisirs, ses fêtes, ses travaux…
Le rémouleur a été réalisé dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Saisie révolutionnaire de la collection du Duc de Brissac en 1793, c’est une peinture à l’huile sur bois de 30 cm x 42 cm. Il est présenté au Musée du Louvre.

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C’est une intéressante représentation qui nous indique la forme du banc, de type brouette, dans les Flandres du XVIIe siècle. Le trait de génie de David Teniers le Jeune est de faire tourner la tête de son sujet. Celui-ci ne regarde pas le spectateur mais semble surpris par quelque chose ou bien en train de discuter avec quelqu’un, ce qui donne une ouverture à la scène et intrigue presque. Enfin, le rémouleur, élégant, coiffé d’un chapeau à plume est situé dans le paysage : ciel lourd dans lequel volent des oiseaux, maisons et personnages en arrière plan.
L’universalité de cette œuvre a fait que ce tableau a été souvent copié mais surtout transposé pour la gravure. Cette technique permettait de multiplier les exemplaires à bon prix. C’est ainsi qu’au fil des siècles de multiples interprétations ont vu le jour. On peut en voir quelques-unes ci-dessous, pas toujours fidèles…
À noter que le grand magasin AU GAGNE PETIT, autrefois avenue de l’Opéra à Paris, fit de ce tableau son logo en l’inversant et en y ajoutant quelques éléments. Cf Journées du patrimoine 2010 en cliquant  ICI.

– Photo © C. Jean-Réunion des musées nationaux. Base Joconde, cliquer .
– Belle photo en grand format sur le site INSECULA (lien direct).

 

Le bel habit du rémouleur

19 août 2011

Pour son 200e article, Philogène Gagne-Petit a le plaisir de vous offrir une création originale.

C’est à l’artiste Évelyne CHEVALIER que nous devons cette peinture sur soie, interprétation personnelle d’une gravure célèbre de Nicolas de Larmessin II.
« Ce dernier naît dans une dynastie de graveurs-imprimeurs et libraires, actifs durant les XVIIe et XVIIIe siècles. Une grande obscurité règne sur cette famille : en effet, les trois graveurs de ce nom portent le même prénom de Nicolas, d’où la confusion entre leurs œuvres.
Le recueil de gravures « Les costumes grotesques et les métiers » fut publié en 1695 et il est probable que Nicolas III (1640-1725) y ait contribué ». (Texte emprunté au site de l’artiste).

Habit de rém gaigne petit sur soie

Outre le changement de format, le passage de la gravure à la peinture sur soie donne une vision différente de ce rémouleur placé ici dans un paysage à la fois merveilleux et fantastique. L’homme est moins raide, l’œuvre respire l’équilibre, de grotesque le costume devient beau d’où notre titre. L’œuvre se mue en icône et le personnage prend l’allure d’un dieu : celui des rémouleurs peut-être…
– Cliquer sur l’image pour voir la gravure de Nicolas de Larmessin.
– Peinture sur soie, sous verre, encadrée, dimensions 34 x 34cm.
– Collection particulière. Photo © ciecoinderue. Droits réservés.
– Le site des soies peintes de Évelyne Chevalier : EPICHARIS.
– Voir les costumes grotesques sur le site mfa Educators Online.

Portrait d’une rémouleuse

28 mai 2011

Le réalisateur Alain CAVALIER présentait un film en compétition officielle à Cannes 2011 : PATER avec Vincent LINDON. C’est l’occasion de rappeler qu’il s’est intéressé aux petites gens dans une série intitulée VIES (1987-1989) comportant 24 PORTRAITS, portraits de femmes de chacun 13 minutes dont celui d’une RÉMOULEUSE.
Laissons-lui la parole :
« Archiver le travail manuel féminin. Ces portraits sont des rencontres que je voudrais garder de l’oubli, ne serait-ce que pendant les quelques minutes où elles sont devant vous. Ce sont des femmes qui travaillent, qui font des enfants et qui, en même temps, gardent un esprit d’indépendance… Mon désir est d’archiver le travail manuel féminin. Mon espoir est qu’entre le premier et le dernier portrait, ce soit aussi l’histoire du travail d’un cinéaste ».

La rémouleuse Film de Al

Pour le portrait de LA RÉMOULEUSE, nous empruntons les lignes qui suivent au Blog de Mujokan.
« Ce film condense un peu toutes les obsessions de Cavalier : les objets qui racontent une vie, les déformations des mains dues au travail, l’argent, la maladie (cette dame a été tuberculeuse), les références au cinéma, les dames âgées qui ont un savoir-faire oublié.
Le cinéaste filme la rémouleuse en studio, sur fond du décor de L’insoutenable légèreté de l’être. Cela apporte une vraie étrangeté à cet épisode. Cavalier explique que ce choix du studio a été fait pour des raisons accoustiques mais on peut supposer que c’est plutôt qu’il n’aime pas tourner dans la rue et qu’il préfère l’intimité du studio. Toujours aussi délicieusement curieux il inspecte le porte-monnaie de la vieille dame empli de trésors. Indiscret, il demande à la dame pourquoi elle n’a pas soigné ses dents, il lui demande aussi d’écrire son nom alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Mais ce n’est jamais gênant car il est toujours du côté de la personne filmée, il ne fait jamais le film contre elle. Cette délicatesse exquise mêlée à une impudeur assumée est un des charmes majeurs du cinéma de Cavalier ». © Blog de Mujokan.
PORTRAITS, 1ère série (dont la rémouleuse) est disponible en VOD (Vidéo à la demande) sur CE SITETarif : 3.99€ pour 48H.
– Les 24 portraits sont disponibles ICI en double DVD pour 21€.
– Pour lire une critique détaillée de l’ensemble des portraits, consulter le Blog de Mujokan.

Nancy : le rémouleur de la place Saint-Epvre

2 mai 2011

Il arpentait les rues de la ville et celles des communes alentour, c’était une figure locale du début du XXe siècle lorsque triomphait l’Art Nouveau et l’École de Nancy. Non seulement il figure sur plusieurs cartes postales de l’époque mais il est aussi présent sur une toile, œuvre d’un peintre d’origine lorraine : Charles WITTMANN (1874-1953).

Nancy Remouleur place St Epvre

En fait, le thème de la peinture était la statue de René II qui trône au centre de la place Saint-Epvre dans la vieille ville de Nancy. Mais pour donner vie à son œuvre, l’artiste ne pouvait pas ignorer le marché et son petit peuple dont cette figure nancéienne : le rémouleur. Le garde champêtre de l’époque, autre figure locale, est lui aussi présent juste derrière notre homme.
– Cliquer sur l’image pour afficher en détail les deux hommes.
– On peut retrouver le rémouleur sur une carte postale publiée dans un précédent article en cliquant ICI.

Le rémouleur de Pâques

19 avril 2011

L’arrotino d’Emanuele LUZZATI

12 mars 2011

S’il fût un grand artiste italien contemporain, c’est bien Emanuele LUZZATI (1921-2007).
Maître reconnu dans tous les domaines des arts appliqués, il réalisa plus de cinq cents scénographies pour l’opéra, le théâtre et la danse dans son pays comme à l’étranger. Il illustra des grandes œuvres : Candide de Voltaire, Pinocchio de Collodi, Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, etc. Pour un film d’animation, il fût nommé deux fois aux Oscars… La liste serait longue de toutes les interventions artistiques de ce grand Maître. La richesse de son monde imaginaire, son style, ont fait de lui l’un des artistes les plus aimés et admirés de son époque. Source : Wikipedia.

Luzzati Emanuele Rémouleur

Parmi ses nombreux dessins émerge pour nous un rémouleur. Ne cherchons pas le rationnel dans cette œuvre (Technique mixte et collage) dans laquelle on retrouve d’ailleurs la patte du scénographe. Remarquons que tout y est : la roue d’énergie, la meule, les roues de déplacement, tout cela aménagé à sa façon. Seuls les objets à aiguiser sont représentés de manière assez réaliste. Petit détail enfin, sans les chaussettes rouges de l’homme penché sur la meule, nous n’aurions pas cette chaleur dégagée par l’œuvre.
Merci Emanuele LUZZATI de nous avoir laissé ce sympathique rémouleur, un parmi des milliers de dessins de votre abondante production. Vous avez bien mérité votre musée à Gènes !
Support : carte postale contemporaine © NUGAE S.R.L. Genova.
– Détail de la partie droite en cliquant sur l’image.

1870, aux États-Unis

10 février 2011

Son nom est inscrit à l’entrée du Metropolitan Museum of Art de New York City car il en fut le cofondateur. Eastman JOHNSON (1824-1906) était un peintre américain. Outre des portraits des grands hommes de son temps, il se consacra à peindre la vie quotidienne du peuple de son pays. Réaliste il le fut : à la fois par les sujets qu’il peignit ainsi que par le style qu’il adopta. Les maîtres flamands et le français Jean-François Millet l’ont influencé. Vers la fin de sa vie on le surnomma le Rembrandt américain.
Pas étonnant qu’il nous ait donné en 1870 un Scissors grinder, peinture qui est aujourd’hui au Fenimore Art Museum à Cooperstown dans l’État de New York.

Comme dans beaucoup de ses œuvres, des enfants sont représentés. On sait la fascination de la gente enfantine pour le rémouleur dans les siècles passés et cela sur tous les continents.
L’artiste a pris un plaisir artistique à peindre cette toute jeune fille de dos, nous montrant une natte en chignon surplombant des épaules découvertes, opposant la fraîcheur de la jeunesse à la rusticité de l’homme itinérant…
Les regards convergent vers la meule. Le banc de l’affûteur de ciseaux est protégé par une toile fixée sur les montants par des clous de tapissier, masquant ainsi la grande roue d’énergie. On ne sait donc rien de la mécanique mais, de toute évidence, ce n’est pas cela qui intéressait Eastman Johnson. On voit seulement une paire de grands ciseaux, une cloche de petites dimensions, des chiffons ainsi que des parapluies. Cela nous permet de rappeler que souvent le gagne-petit était aussi réparateur de ces instruments qui nous protègent lors des intempéries…
– Sur Eastman JOHNSON, voir Wikipedia, de préférence en anglais.

La déconvenue du père Brisquet

23 janvier 2011

LA VIE POPULAIRE, bi-hebdomadaire parisien (jeudi et dimanche), publie dans son édition du 26 décembre 1886, divers articles dont deux signés par des célébrités : l’un par Hector Malot et l’autre par Jean Richepin.
Ce qui nous intéresse davantage dans cette livraison, c’est le récit qui a pour titre LE RÉMOULEUR narré par Léon Brésil : un fait divers dans lequel est impliqué un rémouleur normand, le père Brisquet. Étant quasiment réduit au chômage dans sa Normandie natale, il décide, sur les conseils d’un vagabond, d’aller tenter sa chance à Paris. Au prix d’une longue marche, il arrive dans la capitale…
Ce qui est intéressant dans cet article assez bien écrit, c’est que l’on perçoit les difficultés d’un monde rural en transformation à la fin du XIXe siècle. La révolution industrielle bat son plein. Malgré le développement des moyens de transport, notre rémouleur doit quand-même gagner Paris en marchant pendant une semaine, métier au dos. La capitale, ça sera la fortune, pense-t-il. Effectivement, mais il ne soupçonne pas les pièges de la grande ville et le sang qui va maculer sa meule…

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Remarquez que ce récit fait la UNE de la publication avec une belle gravure comme en comportaient les journaux de l’époque. La scène est assez bien vue. Transporté à dos, le banc du rémouleur ne peut être que simple. Juste une observation : à quoi peut servir cette roue située sur le côté du bâti ? La mémoire fait parfois défaut aux illustrateurs dans la représentation des rémouleurs…
Quelques mots sous la gravure : – Aiguise mon couteau. (voir page 387).
Impératif ! Est-ce une menace ?
Vous avez peut-être envie de connaître la suite et la fin du récit ?
Si oui, cliquez sur l’image pour ouvrir le journal à la page 387 et connaître la raison de la déconvenue du père Brisquet, rémouleur normand.

L’amoulaïre, santon de la crèche.

23 décembre 2010

La crèche de Noël est une tradition des civilisations chrétiennes qui célèbrent ainsi la nativité, la naissance de Jésus.
Autrefois, les personnages et les animaux de la crèche étaient réels. Au fil du temps, les acteurs ont été remplacés par des personnages en bois, en cire, en carton pâte, en faïence…
En Provence, après la Révolution, les crèches s’installèrent dans les l’intimité du foyer familial. C’est alors que sont nés les santoun ou petits saints. Les premiers étaient en mie de pain mais l’argile rouge de Provence s’est imposée au fil du temps.

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Les santons sont traditionnellement vêtus dans la mode populaire sous Louis Philippe. Chaque personnage a son histoire que l’on peut apprendre au cours des Pastorales qui ont lieu en Provence dans la période précédant Noël.
Parmi tous les personnages évoquant les petits métiers figure l’amoulaïre (s’écrivant aussi amoulaire) qui n’est autre que le rémouleur.
Cet amoulaïre n’est  pas toujours en terre rouge. On le trouve parfois en plus grande taille comme celui que nous vous présentons aujourd’hui. Réalisé en matériaux divers : bois, tissu, métal, pierre, il est haut de 26 cm et destiné a une crèche publique accessible au plus grand nombre. La coupe des vêtements est soignée.
Sur le plan technique, on remarquera le souci du détail : la meule tourne, actionnée par une manivelle elle-même reliée par une tringle à une pédale.
– Cliquer ICI pour voir en gros plan le couteau sur la meule.
– Source du texte : Santon de Provence-Wikipedia (lien direct).

Felix Nussbaum – Scherenschleifer

30 octobre 2010

L’actualité nous invite à présenter l’œuvre d’un peintre allemand, Felix NUSSBAUM, déporté et assassiné à Auschwitz en 1944. Il avait 40 ans.
Quasiment oublié en France, une exposition qui se tient actuellement à Paris répare une grande injustice et révèle une œuvre d’une densité remarquable. Admirateur à ses débuts de Van Gogh, Nussbaum est un héritier de la Nouvelle Objectivité allemande, ce courant qui, à partir de 1925, réunit Otto Dix, Max Beckmann, Georg Grosz.
« Comme aucun autre artiste de la première partie du 20ème siècle, Felix Nussbaum a su représenter à travers ses peintures la situation dramatique dans laquelle il se trouvait en tant que juif allemand durant la période Nazie. La peinture représentait pour lui un moyen de lutter contre le régime nazi, elle lui permettait de conserver une dignité humaine tout en lui donnant la force de survivre. Felix Nussbaum n´est certainement pas avant-gardiste. Il appartient à la « génération disparue » victime de l´Holocauste. Il fut longtemps oublié et ce n´est que dans le courant des années soixante-dix que son art fut enfin redécouvert » (Cf Wikipedia).

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Parmi ses peintures, ce rémouleur intitulé Scherenschleifer, datant de 1936. Ce n’est sans doute pas une œuvre majeure du peintre mais elle nous intéresse évidemment par son sujet. Cette année-là, ayant fui l’Allemagne nazie, Nussbaum était réfugié à Ostende. C’est une œuvre paisible par rapport à nombre d’autres, dénonciatrices d’un monde conduit à sa destruction par la main de l’homme.
« Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes ! » écrivait-il peu avant sa disparition. Cette exposition nous les montre enfin en France.

– Pour tous renseignements sur l’exposition qui se tient à Paris jusqu’au 23 janvier 2011 : MAHJ (lien direct).
Pour voir cette peinture en plus grand format, aller dans le Catalogue Raisonné de son œuvre (en allemand et en anglais) à cette adresse :
FNW période Ostende (lien direct).
Photo : © VG Bild-Kunst, Bonn 2010 et © Foto Christian Grovermann, Osnabrück.

AU GAGNE PETIT – Journées du patrimoine 2010

18 septembre 2010

AU GAGNE PETIT : c’était un grand magasin de Paris, sis au 23, Avenue de l’Opéra, un magasin populaire situé néanmoins dans un beau quartier. La concurrence étant sévère entre les grandes enseignes, il ne résista pas et dut fermer voici bien longtemps. Un Monoprix occupe aujourd’hui les locaux…
La grande porte a disparu mais il reste encore l’architecture monumentale qui surmontait cette entrée. Une chance que cet ensemble ait été protégé aux monuments historiques le 22 mars 1983. C’est cette partie qui nous intéresse car le nom AU GAGNE PETIT est resté gravé mais aussi et surtout le logo de l’enseigne : un bas relief inspiré de la peinture de David Téniers le jeune : LE RÉMOULEUR, conservée au Musée du Louvre. Inspiré, oui, car le bas relief reprend l’essentiel de l’œuvre de Téniers, le rémouleur et son banc caractéristique, mais en lui appliquant une symétrie horizontale. L’arrière plan est lui totalement recomposé.
Cet ensemble est remarquable et nous rappelle l’aspect grandiose de ces grands magasins de nos villes, autrefois. Rien à voir avec les façades uniformes d’aujourd’hui.
Lié au Commerce, c’est un pan de notre patrimoine qui survit Avenue de l’Opéra.

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Photos : Tangopaso, empruntées à Wikimedia Commons.
– Cliquer ICI pour découvrir une vue d’ensemble.
– Voir une ancienne chromo publicitaire du magasin AU GAGNE-PETIT (lien direct) publiée sur ce blog.
– Belle reproduction du tableau de Téniers sur le site INSECULA (lien direct)
– On voit très bien l’état actuel en utilisant Google Street View.

Le rémouleur du Queyras

14 septembre 2010

C’est dans le Queyras, cette vallée du département des Hautes-Alpes, que se situe la commune la plus haute d’Europe : Saint-Véran (2042m). La région est entourée de hauts sommets de plus de 3000m. Le Queyras est cité dans les archives dès le XIIe siècle. Ses habitants, peu nombreux, ont façonné le paysage par leur travail, en particulier les terrasses qui contrastent avec les rochers environnants. Longtemps protestants, alphabétisés bien avant d’autres régions françaises, ils ont du s’expatrier en nombre après la révocation de l’Édit de Nantes. Au fil des siècles, la région a été traversée par les armées à l’occasion de plusieurs guerres, notamment avec l’Italie.
Aujourd’hui, le Queyras est une destination touristique très prisée, été comme hiver.

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Le banc de ce rémouleur, de type brouette, est très rustique : pas d’accessoires superflus. Le relief de la région commandait la légèreté avant tout. L’essentiel y est : la meule, le réservoir d’eau, les bras pour le déplacement, la roue, le chiffon…
La composition est intéressante : l’homme est concentré sur le couteau à aiguiser tandis que les enfants, attentifs, le regardent travailler, sans doute émerveillés aussi par les étincelles. Remarquer le costume du rémouleur.
On peut s’étonner que le rémouleur actionne sa pédale de la jambe gauche. Cela tient au fait que l’image est inversée à l’impression.
Cette eau-forte de 1883 est l’œuvre de Émile GUIGUES, écrivain, sculpteur, illustrateur et aquafortiste né et mort à Embrun (1825-1904).
– L’un de ses descendants lui a consacré un site très documenté ICI.
– On retrouve Émile GUIGUES sur le site d’un bibliophile .
– Pour la technique de l’eau-forte, consulter Wikipedia (lien direct)

Belle silhouette…

27 juillet 2010

Outre l’Imagerie d’Épinal, la Lorraine abritait autrefois des éditeurs et imprimeurs eux aussi imagiers telle l’Imagerie GANGEL à Metz.
Voici une silhouette de rémouleur extraite d’une planche éditée en 1840 que nous avons trouvée dans le livre AU PAYS DES ÉMOULEURS de Henri Amblès. Merci à l’auteur de nous autoriser la publication sur ce blog.
On pourra comparer la représentation de ce gagne-petit avec celle, fantaisiste, du sous-bock (lien direct) publiée récemment.
Concernant l’imagerie en Lorraine on reverra avec intérêt la planche JACQUOT LE RÉMOULEUR (lien direct) que nous avons publiée fin 2008.

Sur les pavés…

20 juillet 2010

Superbe photo dont nous ne connaissons pas l’origine : un rémouleur seul sur une chaussée pavée et humide… Il n’y a pas de clients ni de passants, seulement une lumière rasante qui allonge les ombres. Difficile de distinguer comment fonctionne le banc de ce rémouleur… Bref, une atmosphère de polar, un rémouleur à la Hitchcock !

Photo © Fernand TRIOL.
Mise à jour : nous avons donc trouvé l’auteur de cette photo, il fut actif dans les années 30. Il résidait à Béziers.
– Merci au lecteur qui nous a communiqué l’information.

Le rémouleur de Paul Hey

21 avril 2010

Troisième d’une lignée d’artistes, son grand-père spécialiste des contes fut collègue des frères Grimm, son père était professeur de musique, Paul HEY (1867-1952) est considéré comme un peintre de l’esprit allemand, caractérisé par l’attachement intime à la nature et à l’homme. Il s’est naturellement passionné pour les contes et leurs illustrations mais aussi pour les chansons populaires. Les ouvrages qu’il a illustrés, dont les contes d’Andersen, ont été réédités à plusieurs reprises.
Normal donc que l’on trouve dans son importante production un rémouleur. Dans un cadre bucolique inspirant le calme et la sérénité, entouré d’enfants intrigués par la machine à aiguiser, le rémouleur, grand, maigre, voûté est assez pittoresque. Cette œuvre nous renseigne aussi sur le banc de type brouette de cet aiguiseur. L’ensemble, avec ses consommateurs attablés sous les ombrages, reflète bien l’esprit de la série dont fait partie ce tableau : Travail et paix. C’était probablement au début du XXe siècle.


Travail et pai
x, série de 12 cartes postales reproduisant des peintures de Paul Hey éditée par F.A. Ackermanns Kunstverlag à Munich. Der scherenschleifer (le rémouleur) est l’une des cartes de cette série.
Cliquer sur l’image pour afficher le détail de la scène centrale.

Rémouleur… en quelques traits

27 février 2010

Il stationne près d’une belle porte. Il n’est plus tout jeune. Il a un banc perfectionné. Il a une cliente. Il attire des curieux… Dans quelle contrée se trouve-t-il ? Probablement en France mais où ? Difficile à dire. C’est un dessin au trait de T.J. Vayssières… et c’est un rémouleur !

Rémouleur de patins à glace

6 janvier 2010

C’est sur une vieille carte postale expédiée de Heide (Holstein), en Allemagne, le 12 décembre 1907 que nous avons découvert une reproduction, hélas monochrome, d’un tableau de Cornelis BISSCHOP intitulé Schlittschuhschleifen. Peintre néerlandais (1630-1674), peintre de genre, peintre intimiste, son œuvre se distingue par une facture et une lumière précises ainsi qu’un goût confirmé pour les effets de perspective. Il fut aussi un bon graveur et un excellent dessinateur.

Le rémouleur de patins à glace travaille à l’intérieur. Une femme élégante, son épouse sans doute, l’aide en tournant de la main gauche la manivelle qui actionne la meule. Ils sont au centre de la composition. Une cruche de bonnes dimensions est posée à même le sol entre l’homme et la femme, c’est probablement là une réserve d’eau. À droite, la cliente qui fait affûter son patin droit est assise, c’est certes plus confortable lorsqu’on n’a qu’une chaussure ! À gauche, à la porte de l’échoppe, un homme semble attendre. Il est en patins et tient un pic, accessoire utile pour se déplacer sur la glace. Un traîneau assez petit, peut-être l’équivalent d’un landeau, siège dans cet atelier. Ses patins seraient-ils en attente d’aiguisage ?
Dommage que nous n’ayons pas la couleur car les personnages sont en contre-jour, la lumière venant de derrière eux. Un procédé cher aux peintres néerlandais.

Journées du Patrimoine 2009

18 septembre 2009

C’était une enseigne originale du vieux Paris pour un magasin de confection AU GAGNE PETIT, peut-être la plus ancienne enseigne de pierre de Paris. Datant de la première moitié du XVIIIe siècle, elle se trouvait à l’angle de la rue des Nonnains-d’Hyères et de la rue de l’Hôtel de Ville dans le 4e arrondissement. Mais le quartier fut restructuré et la rue disparut ! D’aucuns exprimèrent leur mécontentement :
Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là… […] qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l’inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d’Hyères, laquelle ne s’opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIe siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l’enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l’immeuble sis au N° 5…
… Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d’origine, montrait un rémouleur dans son costume d’époque : tricorne noir, redingote rouge et bas blancs…

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Pendant la destruction l’enseigne fût démontée. Elle est actuellement au Musée Carnavalet, musée historique de la Ville de Paris. Grâce aux techniques modernes d’investigation, analyses stratigraphiques et chimiques, on a décelé qu’elle fut peinte et repeinte plusieurs fois.
Lors de la reconstruction du quartier, une copie assez différente, non peinte, a été installée à l’angle des rues de Jouy et de Fourcy. Sans être très ancienne, elle rappelle néanmoins un bel objet du Patrimoine.
– Illustration : eau-forte de Jean-Jules Dufour in LES ENSEIGNES DE PARIS.
– Voir l’enseigne dans son site d’origine : CPA © Roger-Viollet
– Pour voir l’enseigne actuelle (photo © Henri Amblès), cliquer ICI.

Afilador Orense

19 août 2009

Incursion en Espagne dans la production de la peintre LAURA. Sur son site qui présente de nombreuses œuvres naïves, nous avons découvert ce rémouleur haut en couleurs. Surtout ne pas rechercher le réalisme dans la représentation du métier mais l’homme et sa machine sont bien campés, représentés tout près des maisons d’où sortiront peut-être quelques clients… La poésie dégagée par cette œuvre est due au couple rémouleur-métier ainsi qu’à la branche d’arbre, seuls éléments comportant des courbes dans un ensemble architectural semble-t-il assez froid, voire déshumanisé.
Quant au titre, il évoque la ville d’Orense ou la province du même nom en Galice.
Et bien sûr on apprécie cette peinture…
Pour aller sur le site foisonnant de Laura :
el dibujo de laura.

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Rémouleur, époque Restauration

6 juin 2009

porcelaine-paris-rémouleur.détailCe rémouleur, finement représenté, occupe le centre d’une assiette de 25 cm de diamètre en porcelaine de Paris. Cette belle pièce est issue de la Manufacture de Discry Père et fils Ainé, rue de Popincourt à Paris (successeur de Darte). Elle est de l’époque Restauration.
Il s’agit peut-être d’un élément d’une série sur les métiers, pourquoi pas ? Le repasseur de couteaux, métier sur le dos, erre dans un paysage un tant soit peu bucolique… Sauf à aller d’un village à un autre, il n’est pas dans son environnement habituel.
Vu la destination de cette assiette, une belle table voire un vaisselier, cette représentation se veut poétique, lyrique. Et c’est pour cela sans doute que notre travailleur itinérant avec ses 25 ou 30 kilos sur le dos est mal représenté, tout comme celui de Carle Vernet (Cf notre article du 2 mars). Davantage plié sous le poids du banc, il aurait certes été moins élégant. Rien que de très normal dans tout cela car il semble que le peintre se soit largement inspiré du gagne-petit de Carle Vernet !
Il n’en reste pas moins que cette assiette est esthétiquement de belle facture.
Vous pouvez la découvrir entière en cliquant sur l’image.
Enfin, pour d’autres détails, notamment la signature ou la vente, consulter le site
Roland Antiques.

En ces temps de frimas…

9 février 2009

Peinture d’ambiance de Gianni Dall’Omo intitulée L’ARROTINO, comme il se doit… Certes on pourrait discuter de la composition de cette œuvre avec l’arbre qui partage l’image en deux. Soit ! Elle nous rappelle simplement que le rémouleur, petit métier de la rue, devait, comme son collègue qui pousse une charrette, affronter bien emmitouflé les frimas de l’hiver pour rapporter quelques sous au foyer. Voila pourquoi avec ses petits défauts, cette peinture nous plaît malgré tout par l’atmosphère qu’elle évoque. Et vous qu’en pensez-vous ?
Visitez le riche site de Gianni Dall’Omo (lien direct).

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En Bulgarie, début du XXe

17 septembre 2008

Considéré comme l’un des fondateurs de la modernité bulgare dans le domaine des beaux-arts, Ivan Mrkvicka (Иван Мърквичка) est né tchèque en 1856. Études artistiques à Prague et à Munich puis invité en 1881 en Bulgarie, il y reste et coopère avec les intellectuels de l’époque. Peintre et sculpteur il expose et fonde avec d’autres artistes l’Académie Nationale des Arts à Sofia. Ses thèmes préférés sont la vie quotidienne des gens et la peinture historique. Ses portraits sont appréciés. Hommage suprême, il entre à l’Académie des Sciences Bulgare en 1918. Il décède en 1938.
Le rémouleur qu’il a peint aiguise les outils tranchants sur un métier typique de la zone géographique*. L’homme est courbé, il tourne la manivelle de la main droite et aiguise de l’autre. La construction du banc est très rustique : c’est un modeste chevalet, très bas, au sommet duquel est monté l’axe de la meule. On ne peut guère faire plus simple !
Peintre, Ivan Mrkvicka sait utiliser les couleurs : le bleu, le rouge et le blanc de la chemise rappellent celles du drapeau de la province ottomane de Roumélie orientale qui s’est unie à la Bulgarie en 1885. Avec les ocres et le bleu des ouvertures, ces couleurs nous offrent une belle harmonie.
Les rémouleurs sont vraiment des sujets d’inspiration pour les peintres !
Voir notre article En Grèce, 1918.
– Cliquer sur l’image pour l’agrandir. 

Le rémouleur de Ellen Pyle

31 juillet 2008

D’un format assez inhabituel pour une peinture, cette œuvre de jeunesse de l’américaine Ellen Pyle (1876-1936) nous captive immédiatement. Cette artiste a un regard de photographe : elle prend le sujet en contre-plongée. Il manque une partie de la roue certes, mais là encore elle nous propose comme un instantané plutôt qu’un tableau bien cadré, bien fini, bien léché…
Étonnant tout-de-même pour une œuvre qui date de la fin du XIXe siècle.
En fait, il s’agit d’une étude exposée avec plusieurs autres en 1899. Ces études devaient aboutir à un tableau de grand format intitulé The Knife Grinder. Hélas, on ignore tout aujourd’hui de ce tableau : contenu, format, lieu où il se trouve…
L’attitude du rémouleur est techniquement bonne, la rotation de la roue est bien rendue, le métier est simple mais correctement représenté, ce qui n’est pas toujours le cas dans les œuvres picturales. Grâce aux qualités d’observatrice de l’artiste, Ellen Pyle, cette peinture ne laisse pas indifférent, bien au contraire.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir.
Pour en savoir plus sur Ellen Pyle : sa vie, sa carrière et ses œuvres, consulter CE SITE (en anglais)© 2007 Katharine E. Smith.

Le Tour de France du rémouleur…

25 juillet 2008

Alors que le Tour de France cycliste se termine, nous vous proposons un dessin humoristique qui met en scène des pédaleurs bien différents. Ce dessin est l’œuvre de TETSU.
Peintre (1913-2008) venu au dessin d’humour, son premier dessin paraît en 1951. Très vite, il collabore aux principaux magazines de presse, entre autres France Dimanche, Ici ParisLe Figaro MagazineJour de France, VSD ou LUI. Reconnu et salué par tous ses confrères, il est un des maîtres du dessin d’humour. Son ironie grinçante renvoie une image cruelle de l’existence humaine. Plusieurs recueils de ses dessins ont été publiés. Des expositions lui ont été consacrées en France et en Belgique.
(D’après Wikipedia).

Métier rustique

21 juin 2008

Graveurs et marchands, la famille JEAN, rue Saint-Jean-de-Beauvais à Paris jouissait d’une solide réputation dans le domaine de l’estampe. Parmi leurs plus prestigieux artistes figuraient Callot et Debucourt
Le gagne-petit ci-dessous est un des éléments d’une estampe associant dix métiers de la rue : afficheur, marchand de fagots, écaillère, blanchisseuse…
Son métier est extrêmement rustique et lourd probablement. La représentation est simplifiée, on ne voit pas la planchette mais peut-être que la meule est commandée par une manivelle. La planchette est peut-être escamotée pour les déplacements. Cependant l’essentiel y est : meule, réserve d’eau, chiffon et structure grossière pour maintenir le tout à la fois pour le travail et les déplacements. On peut penser que souvent les métiers de ces pauvres bougres étaient fabriqués avec des matériaux de récupération d’où la rusticité apparente.

Estampe, vers 1825. Bibliothèque Nationale. Cabinet des estampes.


Der scherenschleifer, de G. F. Cipper

10 juin 2008

scherenschleifer, remouleur, knife grinder, arrotinoBelle peinture de Giacomo Francesco Cipper (1664-1736), dit Il Todeschini, peintre d’origine autrichienne. Sa carrière se déroula principalement en Lombardie où il s’installa, à Milan, vers la trentaine. Cipper appartient à un courant naturaliste qui s’inscrit dans une tradition italienne nourrie d’influences nordiques. D’étonnants personnages hilares traversent son œuvre, figures grandeur nature d’un véritable théâtre pictural.

Ses représentations de scènes tirées de la vie quotidienne témoignent d’un souci de restituer scrupuleusement la réalité, tel ce remarquable tableau peint vers 1705/10.Outre les trois personnes qui assistent au travail du rémouleur, outre le singe hilare qui semble narguer le spectateur, la scène du rémouleur est remarquable. L’attitude de l’homme est très étudiée, très réaliste. Le métier est parfaitement représenté avec ses petits détails : meules de rechange selon les travaux à effectuer, petits outils divers, chiffon pour l’essuyage, tout y est. Quant aux canards dans la mare, ils créent un équilibre avec le singe du haut. Reste l’enfant, est-ce celui du rémouleur ? Il en est bien proche, assis à califourchon sur un bras du métier. Enfin les têtes des cinq personnages sont situées sur un arc de cercle quasiment concentrique avec la roue du métier. Superbe composition ! C’est un bel exemple de peinture de genre que nous offre Il Todeschini dans ce contexte lombard qui précéda les Lumières.
– Photo © Alte Galerie / Landesmuseum Joanneum, Graz
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El afilador

3 juin 2008

EL AFILADOR : intéressante carte postale de 1900 représentant un rémouleur espagnol.
À l’origine, un lavis signé Z. Muñoz Lucena, Cordoba.
L’homme à la pipe porte sur le dos un métier dont la structure est allégée eu égard à la façon de le transporter. Le rémouleur stabilise ce métier en passant sa main gauche dans la structure, sa main droite tient une sorte de canne qui doit être reliée à un élément du métier. Il semble qu’il n’y ait rien d’autre pour accrocher l’outil de travail sur le dos. L’homme est légèrement penché vers l’avant pour compenser le poids du métier.
Le visage du rémouleur n’est pas joyeux, il traduit la difficulté d’une vie pas facile tous les jours, cela accentué par le traitement de l’œuvre au lavis : noir, gris avec peu de nuances. Un beau témoignage sur les afiladores à la fin du XIXe siècle.

Inscriptions en bas à gauche : 430 HAUSER Y MENET. – MADRID.
À droite : DE BLANCO Y NEGRO Revista Ilustrada Madrid.