Posts Tagged ‘métier roulant’

Paris vécu — Un gagne-petit

27 novembre 2015

En ce jour d’hommage officiel aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis commis le vendredi 13 novembre 2015, Philogène Gagne-Petit tient à manifester sa solidarité aux familles, proches et amis des victimes de la barbarie. C’est avec beaucoup d’émotion que tous les français, mais aussi des hommes et femmes du monde entier, ont suivi ces événements.

Paris Vécu Un gagne petit

Philogène a choisi cette photo d’un gagne-petit parisien du début du XXe siècle. Elle figure sur une carte postale de l’époque avec un titre repris pour cet article.
L’expression assez sombre, voire triste, de cet homme encore jeune semble nous dire : « Battez-vous pour votre liberté, n’ayez pas peur, vous triompherez un jour de la barbarie comme vous l’avez déjà fait dans d’autres circonstances et soyez solidaires !  »

Scherenschleifer – Allemagne – Années 20 ou 30

19 juin 2015

Philogène a acquis récemment en Allemagne cette photo amateur au format 6 x 9 à bords dentelés. Photo amateur en noir et blanc et de bonne qualité, même si les roues sont un peu coupées, comme savaient les prendre les appareils dits Box à cause de leur forme parallélépidédique de couleur sombre qui les faisaient ressembler à une boîte. Tous les grands fabricants d’appareils photographiques d’avant la deuxième guerre mondiale, Zeiss Ikon, Kodak, Lumière, Agfa, etc, en produisirent en quantité.

Scherenschleifer-Allemagne-Annee-20-30

En regardant la photo de près, on se rend compte que le banc de ce rémouleur a été fabriqué avec des éléments de récupération : roues de vélo dont il manque parfois des rayons, protections latérales, montants et traverses du châssis, etc. Ces aspects pourraient permettre de dater la période : niveau de vie faible voire pauvreté, restrictions, chômage d’où l’obligation de se tourner vers des petits boulots. Cela pourrait donc renvoyer aux années 20 et 30 en Allemagne mais aussi, pourquoi pas, aux années d’après guerre en Europe Centrale.
Malgré les difficultés de l’époque, le travail était sans doute bien fait. Les meules ont l’air de tourner rond comme la roue d’énergie. Néanmoins, on peut se demander comment le rémouleur déplaçait son banc : en le poussant certes mais de quel côté ? Si la petite roue était orientable sur un axe vertical, alors pas de problème, elle était en avant. Mais par ailleurs, à quoi pouvait servir cette grande poignée métallique (de poussette, de landau) à gauche du banc ?
Philogène Gagne-Petit est impatient de lire vos idées sur la question !

Villeneuve-lez-Avignon – Les arcades

19 décembre 2014

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2

Clin d’œil à un article publié le 18 octobre.
En consultant récemment ses collections, Philogène Gagne-Petit s’est rendu compte que le rémouleur de la carte postale d’aujourd’hui est le même que celui de la carte publiée le 18 octobre dernier. L’article était intitulé : le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon.
Cette fois, notre homme ne porte pas beaucoup d’attention à son travail comme l’écrivait Bernard Lepoutre dans un commentaire. Non, il regarde tout simplement le photographe, les deux clichés ayant probablement été pris à peu d’intervalle car le vétitable sujet de ces deux cartes est les arcades.
Incontestablement, la présence du repasseur rend vivantes ces arcades qui auraient semblées bien tristes sans lui.

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2 détail

– Pour revoir l’article du 18 octobre, cliquer ICI.
– La fin du feuilleton sera publiée le 24 décembre.

Le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon

18 octobre 2014

La commune de Villeneuve-lez-Avignon se situe en face de la ville d’Avignon, sur l’autre rive du Rhône. Il suffit donc de passer le pont pour découvrir des monuments chargés d’histoire, notamment la célèbre Chartreuse, aujourd’hui lieu de création autour des Écritures du Spectacle.
C’est devant les arcades d’un bâtiment ancien que se trouve ce repasseur de la première moitié du XXe siècle, immortalisé par une photo sur carte postale.

Villeneuve les Avignon Remouleur

La roue d’énergie, ou grande roue, est impressionnante par son diamètre. Cela signifie qu’en tournant assez vite, elle donne à la meule (d’assez bon diamètre) une grande vitesse : important pour obtenir un travail de qualité. Les roues de déplacement sont, elles aussi, conséquentes. Là, le rémouleur les a laissées aller dans le caniveau pour caler le banc qui doit être lourd. C’est un banc caractéristique du sud de la France.
On perçoit la rotation de la roue d’énergie dont les rayons sont flous à cause de la vitesse. Le rémouleur semble un peu écrasé par les bâtiments qui l’entourent dont, en face, un établissement religieux semble-t-il.
Cela ne l’empêche pas d’avoir une belle attitude et on aurait presque envie de s’approcher de lui pour voir son travail…

Le rémouleur de Bordeaux

20 juillet 2014

Bordeaux est l’une des grandes villes de France. Surnommée « la belle endormie », elle a retrouvé depuis quelques années une dynamique saluée unanimement. Cela en grande partie grâce au réseau du tramway mis en place depuis 2003 et sans cesse amélioré. Bien sûr, Bordeaux est aussi la capitale d’une région vinicole mondialement connue.
Il ne fallait pas être endormi ni trop adepte du vin local (ou d’ailleurs…) lorsqu’on était rémouleur au début du XXe siècle à Bordeaux. C’est l’idée que semble nous transmettre cette photo imprimée sur une carte postale expédiée en 1912.

Remouleur-knfe grinder-scherenschliefer-arrotino-amolador-afilador-messer Schleifer-

Le banc de rémoulage paraît assez robuste et lourd. Le rémouleur est un gaillard assez trapu. Il ne fallait pas être un gringalet pour travailler avec cette machine dans les rues de la ville !
Outre les roues de type charrette, la roue d’énergie est d’un bon diamètre avec une jante de taille. Il semble qu’il y ait plusieurs meules sur le même axe, protégées par un imposant carter. Un tube est fixé sur le côté : ça pourrait être un étui pour protéger les parapluies à réparer, voire un logement pour une toile que l’homme montait en cas de soleil ou de mauvais temps. Beaucoup de suppositions…
Cette belle carte postale est un document précieux pour l’histoire des rémouleurs en France.

 

Alex Ribis, coutelier, sur le marché de Tours

27 février 2014

C’est grâce à un négatif grand format sur plaque photographique que Philogène Gagne-Petit a pu identifier le rémouleur qui travaille sur le marché de Tours, il s’agit de Alex RIBIS.
La plaque apposée en haut du banc indique : ALEX RIBIS – CoutelierillisibleToutes réparations – Vente.
Restait ensuite à déterminer à quel moment cette photo a été prise. Un indice nous permet de situer la période, celle pendant laquelle presque tous les véhicules roulaient au gazogène, à savoir la deuxième guerre mondiale 1939-1945. C’est le cas de celui qui est garé derrière le banc de Alex RIBIS.
En fait, on se demande si ce n’est pas lui le propriétaire. En effet, le banc paraît très lourd, suspendu par des ressorts à lames, avec des roues à pneus gonflables (vérifié sur la photo très agrandie). Alors, ce banc est-il déplacé à la force des bras ou tracté par un véhicule à moteur ? Dans ce dernier cas il aurait une plaque d’immatriculation… Quoique, pendant la guerre…

Marché de Tours

Par ailleurs, sur le détail ci-dessous (en partie éclairci pour une meilleure lisibilité) le mécanisme que l’on aperçoit semble lui aussi assez lourd. Est-il commandé par une ou deux pédales ? Est-il motorisé ?
Alex RIBIS, qui travaille assis, a la main gauche posée sur la roue d’énergie, pour la lancer ou la freiner. Enfin on perçoit son visage surmonté d’une casquette.
À noter qu’une bâche est relevée vers le haut de l’habitacle. Lorsque le travail est terminé, elle est rabattue, protégeant ainsi de regards curieux, idem de l’autre côté.
Visibles seulement à grande échelle, dans la zone d’ombre, deux scies à bois sont posées au sol, appuyées sur l’intérieur de la roue de gauche.
Alex RIBIS, coutelier, avait donc plusieurs cordes à son arc !

Marché de Tours Detail

Le rémouleur récalcitrant de Chicago, 1963

20 janvier 2012

Au moment de leur disparition, aujourd’hui souvent victimes de la concurrence de l’Internet, les journaux-papier dispersent leur photothèque. C’est pourquoi on retrouve maintenant des originaux des photos de presse en vente sur les sites d’enchères. Il nous a été donné d’en acquérir deux récemment : l’une du Chicago Sun-Times, l’autre du Chicago Daily News. Il se trouve que sur chacune des photos, publiées à quelques jours d’intervalle (fin mars et début avril 1963), c’est du même rémouleur dont il est question.

Chicago Sun Times 1963

Voici le texte qui accompagnait la photo (ci-dessus) du Chicago Sun-Times du 28 mars 1963 :
Un affûteur de couteaux itinérant, artisan du passé sur la scène moderne, fait une rare apparition dans le Loop (la boucle) sur Madison près de State. Il prévient les clients par le tintement d’une cloche pendant qu’il pousse son petit commerce – la charrette à travers les rues de la ville. Les ménagères connaissent bien le chant  » Ciseaux à repasser « . L’homme utilise l’énergie des pieds sur les pédales pour propulser la meule. Il n’a pas voulu donner son nom ni que cette photo soit prise. (Photo Sun-Times par Bob Kotalik)
Ce même jour, le cinéma dont on aperçoit le fronton diffusait le film How the West Was Won (La conquête de l’Ouest) en CINÉRAMA, nouveau procédé révolutionnaire sur écran géant et un casting prestigieux : 24 grandes stars américaines du moment !
Quatre jours après, le 1er avril 1963, le Chicago Daily News publiait la photo ci-dessous accompagnée de quelques lignes évoquant le rémouleur comme un signe annonciateur du printemps… signe assez rare cependant.

Chicago Daily News 1 4 1963

Pays-Bas, Amsterdam, 1930

5 décembre 2011

Belle structure pour ce banc de rémouleur néerlandais ! Le châssis aux extrémités duquel sont montés la roue d’énergie, à gauche, et l’axe des meules, à droite, paraît être d’une rigidité à toute épreuve. En conséquence, le poids de l’ensemble doit s’en ressentir. On remarque un volant de chaque côté de la roue d’énergie : cela doit permettre de la lancer en début de séance de travail. Ce banc aux formes harmonieuses semble conçu pour réaliser un travail de qualité : on peut faire confiance au rémouleur !
– Photo d’archive : auteur inconnu.

À Saint-Dizier, bien avant le Rafale…

18 novembre 2011

Située sur la rivière Marne et la RN4, presque à égale distance de Paris et de Strasbourg, Saint-Dizier est une ville du département de la Haute-Marne. Après la deuxième guerre mondiale, elle a connu un essor industriel remarquable. C’est aussi une importante base aérienne de l’Armée de l’Air aujourd’hui équipée des fameux Rafales.

Rémouleur St Dizier 1903

On était bien loin de tout cela en 1903 lorsque cette carte postale fut expédiée. Les autos étaient rares et le rémouleur pouvait circuler en plein milieu de la chaussée… Mais c’est sans doute le photographe qui l’a placé là où il est. Comme très souvent, les enfants sont curieux mais se tiennent ici à bonne distance.
Le banc de ce rémouleur est assez simple : un châssis posé sur deux roues métalliques pour le déplacement. On voit bien les meules ainsi que la pédale qui commande la rotation de la roue d’énergie dont le diamètre est assez grand. Visiblement, il n’y a pas de réservoir pour l’eau. Il n’est pas exclu que les meules tournent dans un bac à eau. Un grand chiffon et une caisse posée sur le châssis complètent l’équipement.
En bref, même si son fonctionnement paraît classique, la structure de ce banc n’est pas très courante.

Remouleur St Dizier 1903 Detail

Les rémouleurs du Beaujolais

9 septembre 2011

Cette belle photo du début du XXe siècle illustre une carte postale de la petite cité d’Amplepuis (5200 habitants). À vocation industrielle et agricole, cette commune est située dans les Monts du Beaujolais au nord-ouest de Lyon. Contrairement à la plupart des cartes postales de l’époque, ici les rémouleurs en sont le sujet principal. Est-ce un hasard ou cela reflète-t-il une présence importante des itinérants dans cette bourgade et ses environs autrefois ? Mystère.

Amplepuis les remouleurs

Le banc de ces deux rémouleurs est assez imposant. Il semble pouvoir se déplacer en le basculant vers la gauche de façon à utiliser la grande roue d’énergie comme roue de déplacement. À l’opposé, le pied légèrement conique, devenant alors poignée, parait être adapté pour la main. Deux meules sont installées et vraisemblablement une troisième est en attente sur le châssis.
Tous coiffés d’un chapeau ou d’une casquette, les hommes et l’enfant n’affichent pas des visages très réjouis. Ce sont sans doute les reflets d’une vie de dur labeur.

Le rémouleur de l’Aisne

12 août 2011

Hirson Rémouleur

Hirson, ville arrosée par l’Oise et le Gland, est proche de la Belgique. Elle est située dans le « coin » Nord-Est du département de l’Aisne mais est très proche des départements du Nord et des Ardennes. Hirson, 9000 habitants, fait partie de la Thiérache.
Il paraît très probable que la ville d’Hirson tire son nom de la quantité de hérissons qui peuplaient son territoire, dans le temps où elle fut construite. Cette conjecture est appuyée par un fait bien établi, à savoir que ce terroir était tout couvert de bois au Moyen Âge.
La carte postale date du début du XXe siècle. Elle serait assez triste sans la présence du rémouleur. Ce dernier est bien équipé avec sa charrette couverte. Le toit lui permet d’ailleurs de poser des choses dont un vêtement, peut-être. Il travaille assis, ce qui représente un certain avantage, les journées de travail étant longues…

Hirson Rémouleur Detail 2

Le modernisme gagne l’Asie…

15 juillet 2011

Les rémouleurs asiatiques se modernisent !
Sur le banc traditionnel qu’ils portaient autrefois sur l’épaule, certains comme celui de la photo ci-dessus ont adapté deux roulettes ainsi qu’un touret à meuler manuel du commerce. Remarquer que la pierre à affûter est toujours présente, indispensable pour la finition. Le touret à meuler est probablement utilisé pour un dégrossissage, ce qui permet de gagner du temps.
Nous avons constaté la même évolution récente chez un rémouleur vietnamien.
Photo © mime001. Cliquer ICI pour voir sa galerie sur Flickr.
– Voir le rémouleur vietnamien sur cette page (lien direct).
– D’autres rémouleurs asiatiques sur ce blog avec le mot-clé
Asie

Monsieur Lagrain, rémouleur

18 novembre 2010
Le passage de M.P. Lagrain dans la petite ville de Arcis-sur-Aube en 1995, c’est comme un retour aux sources. Car dans le département de l’Aube (Région Champagne-Ardenne), outre la bonneterie renommée et le commerce des laines et des vins, il y avait autrefois des carrières d’une pierre dont on faisait les meules. C’est ce que nous apprend une carte postale éducative (Lien direct) de la première moitié du XXe siècle.
Mais ce n’est pas de cette époque que date le banc de notre rémouleur aubois. De fabrication artisanale (auto-fabrication ?), il utilise des éléments d’aujourd’hui : cornières perforées, roues caoutchoutées à rayons et moteur électrique alimenté par une batterie. Pour le reste, c’est la simplicité dans le perfectionnement. Peu d’accessoires sinon quelques tournevis et une cloche de bonne taille. On ne voit pas de récipient pour l’eau. Il se pourrait qu’il y ait une meule de polissage en bout de l’axe de la meule à aiguiser. De par ses petites dimensions, le banc peut aisément se loger dans une fourgonnette, voire dans le coffre d’une berline.
Enfin, au vu de la faible hauteur de la meule, on peut s’interroger quant aux conséquences sur la santé du rémouleur…

MP-Lagrain-rémouleur-Arcis-sur-Aube.jpg

– Carte postale – Création Jacky LIECHTY.
– Tirage limité à 500 exemplaires – Exemplaire N° 395.
– Édition Groupe Cartophile Aubois – 10000 Troyes.

Rémouleur de passage…

6 novembre 2010

Bientôt vingt ans, c’était en 1991, que Monsieur Ritz, rémouleur de passage (comme le dit la légende de la carte postale) a été fixé pour la postérité. Nous considérons qu’il s’agit d’une actualité relativement récente, eu égard aux origines du métier de rémouleur : l’Âge de fer. La photo a été prise à Rumilly, petite commune de 260 habitants dans le département du Pas-de-Calais. À noter que peu après la Révolution, en 1793, il y avait plus du double d’habitants, Rumilly subissant depuis, comme presque toutes les communes rurales, un exode inéluctable…

Le banc de Monsieur Ritz est probablement une auto-fabrication. Les différents éléments qui le composent ont été récupérés ici ou là : jante et rayons de bicyclette pour la roue d’énergie, cornières perforées et tubes divers pour la structure, roues de cyclomoteur pour la mobilité. Ce banc n’en est pas moins fonctionnel, disposant de plusieurs meules : remarquer la fixation des paliers (à billes certainement) dans d’importants étriers. Il semble qu’il n’y ait qu’une pédale mais le rémouleur travaille assis, confort appréciable lorsque les déplacements à pieds sont conséquents en zone rurale.
– Photo © Francis Leroux. Carte postale éditée par l’Aventure Carto – 1991.

Rémouleur… et gitan

14 août 2010

Daté de 1997, un texte manuscrit au verso de la carte postale nous indique que l’auteur de ce dessin, pseudonyme Caillou, est gitan.
Dans sa simplicité et même sa naïveté, ce croquis traduit parfaitement l’ambiance : caravane aux rideaux décorés, camion et surtout banc du rémouleur. Remarquer comment il est agrémenté : arabesques sur les éléments de la structure, sommet des montants tournés, volutes en haut des pieds. Chaque élément reçoit sa décoration. Quant à l’homme au travail, moustachu, coiffé de son chapeau, il est assez bien vu.
Sont imprimés au verso ces quelques mots : Humble métier, dans la joie, la fierté et la liberté.
Des mots qui pourraient perdre leur sens aujourd’hui dans un moment ou l’État français démantèle les camps des Roms, pratique qui renvoie à d’autres temps de sinistre mémoire.
Il faut espérer que ces graves mesures prendront fin sans tarder, que les tensions s’apaiseront et que les gens du voyage pourront pratiquer sereinement leurs petits métiers.

Rémouleur-gitan-Dessin.jpg

Pascal PIERRE, rémouleur d’Avranches

10 août 2010

Retour à l’actualité avec cette coupure de presse découverte sur le Net. Preuve à l’appui que le métier de rémouleur n’a pas complètement disparu en France comme on peut le lire parfois…

– Photo © Ouest-France.
– Retrouvez une autre photo (© Avranches.infos) de Pascal PIERRE sur ses terres à Avranches en cliquant sur l’image ci-dessus.
– Une autre à Dol-de-Bretagne sur le site ipernity (lien direct).
– Article du quotidien Ouest-France à consulter
 ICI (lien direct).
– Sur le site de Paris-Normandie, DIAPORAMA  sur Pascal PIERRE.

Haïti aujourd’hui

15 juin 2010
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Depuis le séisme de janvier dernier on a longuement écrit et parlé à propos de Haïti. Pour beaucoup des habitants de ce pays francophone, la vie y est plus dure qu’avant la catastrophe naturelle. Le niveau de vie était déjà très bas. 80 % des Haïtiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté et 54 % dans la pauvreté la plus totale. L’espérance de vie était déjà si faible : 51 ans pour les femmes, 48 pour les hommes (estimation 2001). Qu’en est-il aujourd’hui ? Une partie de la population vit encore dans la rue faute d’un toit. Et que deviennent ces petits métiers des rues dont les maigres recettes leur permettaient tout juste de vivre ?
Datant d’avant le séisme, cette photo nous en dit déjà long sur le statut social de ce rémouleur. Il pousse un banc de type sud américain fait d’éléments de récupération. Il n’a pas trouvé plus léger qu’une roue de moto… Quant à l’armature de son outil de travail… Elle ne traduit pas une grande solidité. Et pourtant cela fonctionne, du moins ça roule… Bon courage le gagne-petit, il en faut pour (sur)vivre en Haïti !
Photo © à voir sur le site de J. Gutiérrez (lien direct). Merci à lui.

remouleur-haiti-knife-grinder.jpg

Nogent : couteaux et ciseaux au musée

1 juin 2010

Autrefois, quand on disait à propos des ciseaux : c’est du Nogent, cétait une référence. Les temps ont changé avec la mondialisation mais Nogent, en Haute-Marne (nord-est de la France), reste un centre de production de qualité. Si cette production s’est aujourd’hui recentrée, dans cette petite ville comme dans les villages autour, des ateliers de haute technologie fabriquent toujours du Nogent.
L’Espace Pelletier, musée installé en centre-ville dans une ancienne coutellerie, perpétue la mémoire de deux siècles de production nogentaise. Nous l’avons visité il y a peu. Nous avons pu admirer la diversité des objets fabriqués au fil du temps, notamment des ciseaux finement ciselés comme des dentelles ainsi que toutes sortes de couteaux et autres instruments de chirurgie. L’ensemble, d’une grande richesse, est remarquablement présenté et mis en valeur.

Au détour d’une salle nous avons eu l’agréable surprise de découvrir un banc de rémouleur parfaitement conservé.
Typique du sud de la France avec sa grande roue d’énergie, il provient des Pyrénées et date du XIXe siècle. Ce banc apparaît très fonctionnel dans sa conception. (more…)

Bébert, aiguiseur itinérant

19 février 2010

Cette photo figure sur une carte postale éditée à l’occasion de la 22e Foire Multicollections à Sanvignes-les-Mines (Saône et Loire). C’était le dimanche 2 octobre 1994. Sous le cliché on peut lire :  BÉBERT – Aiguiseur itinérant à MONTCEAU-LES-MINES.

Son banc est un bel exemple de fabrication contemporaine : tubes soudés de section circulaire ou section carrée pour le support des roues de déplacement. Celles-ci sont équipées de pneus gonflables. Bébert utilise des éléments de bicyclette pour commander la grande roue de diamètre plutôt modeste… Pour rémouler, il pédale comme sur un vélo. Il a semble-t-il deux meules, une petite sur laquelle on le voit aiguiser et une plus grande pour le dégrossissage… ou la finition. Deux bras permettent de déplacer facilement l’ensemble qui doit être assez léger. Le calage du banc est obtenu par deux pieds télescopiques. Une planche sert de siège en dessous duquel un casier s’offre pour le rangement du petit matériel. Et l’indispensable cloche est là pour prévenir : Bébert, couteaux, ciseaux à repasser !
Si parmi les lecteurs quelqu’un connaît Bébert, merci de nous le signaler.

Il y a 100 ans à Saintes

13 février 2010

1910, le cachet de La Poste fait foi ! Écrite à Nieul-les-Saintes, expédiée à Marennes-à-Saintes (Charente Martime), cette carte arriva le lendemain à Scorbé-Clairvaux  (Vienne). La poste était rapide en ce temps-là !
Évidemment, ce n’est pas la Banque de France qui nous intéresse mais bien celui qui travaille devant. Heureusement qu’il est là d’ailleurs sinon cette carte serait bien triste.

Le banc de ce rémouleur est intéressant. Nanti d’une grande roue de fort diamètre, il est équipé de petites roues pour les déplacements. L’homme travaille assis, à l’abri d’un toit en dur semble-t-il. Posé sur le sol, un panier avec des couteaux sans doute et peut-être une bouteille pour se désaltérer… Une béquille permet de caler l’ensemble à l’arrêt. Un ensemble qui est très équilibré ce qui fait que ce banc de belle facture nous semble assez exemplaire. Enfin, remarquons que la roue tourne assez vite : les rayons sont presque invisibles.
Pour voir tous ces détails, il faut tout simplement passer le curseur de la souris sur l’image ou éventuellement cliquer dessus.

Alger de nos jours : un rémouleur très occupé

4 février 2010

Découverte sur Picasa, cette photo récente (23 novembre 2009) de José Villemin nous présente un rémouleur algérien dans le quartier de Bab El Oued où, comme partout ailleurs, l’on prépare l’Aïd. On remarque que ce sont les cabas qui forment la file d’attente… précise la légende.

Le banc de ce rémouleur est vraiment de fabrication artisanale avec des matériaux de récupération. La courroie de transmission grande roue-axe de la meule est large. On peut se demander alors si la grande roue est actionnée par une pédale ou par un moteur électrique.? Une bonbonne de gaz est réemployée en réservoir d’eau. Ce dernier est peut-être rempli par l’eau des bouteilles en plastique placées en avant du banc. Un hachoir est en cours d’aiguisage. Quoi qu’il en soit notre homme a du travail en cette période de préparation de l’Aïd. On lui souhaite d’en avoir autant, ou presque, toute l’année !
Pour voir la photo en grand format et d’autres vues récentes d’Alger, aller sur la belle galerie de jose.villemin (lien direct).

Paris, 1938

10 septembre 2009

Amoureux de Paris, découvrez une sélection de 25000 photos de la capitale. A consulter et à partager.
C’est l’accroche pour le site PARIS EN IMAGES et c’est là que l’on peut trouver quelques photos de rémouleurs ayant exercé dans la capitale entre 1900 et 1941.
Celle-ci est datée 1938-1939, sans précision du nom de l’auteur, un anonyme peut-être.
Avec ses beaux gris (comme nous les aimons… cf notre article La solitude du rémouleur) cette photo traduit l’atmosphère d’une époque, d’une période hélas pré-apocalyptique. Et il y a du mouvement dans ce document avec le petit peuple qui va et vient, les voitures, le chien…
Le métier de ce repasseur est particulièrement léger et malgré une fragilité apparente il paraît tout-de-même solide. À bien y regarder, on peut penser à une auto-fabrication : roues de bicyclette, montants et traverses de faible section… Cette charrette est néanmoins fonctionnelle malgré sa simplicité et notre rémouleur est protégé des intempéries. Sa position de travail semble correcte. Il dispose en outre d’une caisse d’un bon volume pour ranger quelques outils, chiffons, accessoires. Par contre, les couteaux des clients sont posés sur le trottoir…
Photo © LAPI / Roger Viollet

Rém-Paris 1938-1939