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Portrait d’une rémouleuse

28 mai 2011

Le réalisateur Alain CAVALIER présentait un film en compétition officielle à Cannes 2011 : PATER avec Vincent LINDON. C’est l’occasion de rappeler qu’il s’est intéressé aux petites gens dans une série intitulée VIES (1987-1989) comportant 24 PORTRAITS, portraits de femmes de chacun 13 minutes dont celui d’une RÉMOULEUSE.
Laissons-lui la parole :
« Archiver le travail manuel féminin. Ces portraits sont des rencontres que je voudrais garder de l’oubli, ne serait-ce que pendant les quelques minutes où elles sont devant vous. Ce sont des femmes qui travaillent, qui font des enfants et qui, en même temps, gardent un esprit d’indépendance… Mon désir est d’archiver le travail manuel féminin. Mon espoir est qu’entre le premier et le dernier portrait, ce soit aussi l’histoire du travail d’un cinéaste ».

La rémouleuse Film de Al

Pour le portrait de LA RÉMOULEUSE, nous empruntons les lignes qui suivent au Blog de Mujokan.
« Ce film condense un peu toutes les obsessions de Cavalier : les objets qui racontent une vie, les déformations des mains dues au travail, l’argent, la maladie (cette dame a été tuberculeuse), les références au cinéma, les dames âgées qui ont un savoir-faire oublié.
Le cinéaste filme la rémouleuse en studio, sur fond du décor de L’insoutenable légèreté de l’être. Cela apporte une vraie étrangeté à cet épisode. Cavalier explique que ce choix du studio a été fait pour des raisons accoustiques mais on peut supposer que c’est plutôt qu’il n’aime pas tourner dans la rue et qu’il préfère l’intimité du studio. Toujours aussi délicieusement curieux il inspecte le porte-monnaie de la vieille dame empli de trésors. Indiscret, il demande à la dame pourquoi elle n’a pas soigné ses dents, il lui demande aussi d’écrire son nom alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Mais ce n’est jamais gênant car il est toujours du côté de la personne filmée, il ne fait jamais le film contre elle. Cette délicatesse exquise mêlée à une impudeur assumée est un des charmes majeurs du cinéma de Cavalier ». © Blog de Mujokan.
PORTRAITS, 1ère série (dont la rémouleuse) est disponible en VOD (Vidéo à la demande) sur CE SITETarif : 3.99€ pour 48H.
– Les 24 portraits sont disponibles ICI en double DVD pour 21€.
– Pour lire une critique détaillée de l’ensemble des portraits, consulter le Blog de Mujokan.

Madame Naulleau, rémouleuse à Avrillé (49)

13 mai 2011

C’est dans le Magazine d’Information de la ville d’Avrillé, commune de l’agglomération d’Angers dans le Maine et Loire, que nous avons découvert l’existence de l’entreprise LE NOUVEAU RÉMOULEUR créée par une femme. Voici l’article in extenso.

Sur les traces des rémouleurs d’autrefois, qui allaient de village en village avec leur petite charrette à pédales, Marie-Christine NAULLEAU arpente au volant de son camion les rues d’Avrillé et les marchés de la région. Elle y transporte tout le matériel nécessaire pour affûter, sur place, les ciseaux, couteaux, sécateurs ou lames de tondeuses à gazon que particuliers et professionnels lui confient.
Depuis qu’elle a lancé son entreprise, LE NOUVEAU RÉMOULEUR, en mai 2010, elle voit défiler sous ses pierres d’affûtage tout ce qui possède une lame. « Beaucoup d’entreprises essaient d’affûter elles-mêmes leurs outils, remarque cette ancienne cuisinère. Mais moi, je fais ressortir le tranchant, j’abrase l’acier plus profondément que ce que l’on peut faire avec un matériel classique. »
Au-delà d’un simple affûtage, cette rémouleuse des temps modernes peut réparer les couteaux abîmés. « J’aime cet esprit de recyclage, confie-t-elle. Un outil qui paraissait très usé peut redevenir un bel outil. La patine formée par le temps donne de la valeur. »
Ajoutons que, à qualité égale, rénover un ancien outil reviendra souvent moins cher que d’en racheter un dans le commerce.
– Article et photo de droite © Avrillé.mag – Octobre-Novembre 2010.
– Photo de gauche © Auteur inconnu.
– Le site de la ville d’Avrillé : www.ville-avrille.fr (lien direct).

Rémouleuse, femme de rémouleur

7 mars 2011

Chaque année le 8 mars, c’est la Journée Internationale des Femmes.
Nous leur rendons hommage en publiant cette photo extraite d’une carte postale éditée au début du XXe siècle.
Pour une fois c’est Madame qui est en avant. L’émouleur-coutelier est sans doute au travail, derrière, dans son atelier (doté de la force motrice) où bien il est timide… ou encore au bistrot !
Il faut reconnaître que cette famille est installée comme on dit. L’itinérance, c’est fini. L’a-t-elle d’ailleurs jamais connue ? Ce sont peut-être les parents qui ont monté cette affaire à la sueur de leur front. Qui sait ?
Seuls quelques rémouleurs sur des milliers réussissaient à s’offrir ainsi un magasin de coutellerie. En bas de l’échelle, beaucoup perdaient la vie, frappés par les aléas de l’itinérance, laissant souvent femme et enfants dans le chagrin, voire la misère. Et comme toujours, les femmes assuraient au quotidien pour que la famille continue de vivre.
Madame qui êtes sur cette photo, vous êtes l’emblème de toutes les rémouleuses*.
* C’est Émile Zola qui emploie le mot rémouleuse pour désigner la femme d’un rémouleur dans son roman La Terre.
– Cliquer sur l’image pour mieux voir Madame la rémouleuse.