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1913 – Pietro Vidi, rémouleur à Baltimore – USA

27 février 2015

C’est une photo de presse du journal The Baltimore Sun. Ce quotiden a dû cesser sa publication papier, à la suite de quoi ses archives photographiques ont été vendues. Philogène a acquis ce cliché en 2011.

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron

La légende de la photo, imprimée sur une bande de papier collée au verso, donne la date de publication de cette archive : 12 février 1991. En fait, elle a été publiée pour évoquer une cérémonie que Nilo Vidi, rémouleur à Baltimore, a organisée pour ses fils David et Paul en l’honneur de leur grand-père Pietro Vidi. C’est donc lui, Pietro l’ancêtre, qui est sur la photo.
Il semble qu’à l’époque, en 1913, il n’était pas encore à son compte. Sur l’agrandissement ci-dessous, on peut lire l’inscription COLLINI BROS. (Bros. : abréviation de brothers en américain), et un peu au dessus AMERICAN & AUSTRIAN GRINDERS. De cette dernière indication, on peut imaginer que les frères Collini étaient d’une famille de migrants autrichiens (Austrian) de la région du Tyrol du sud. Une province qui a été ballotée entre l’Autriche et l’Italie et qui est revenue dans le giron de cette dernière depuis…)
Il est possible que Pietro Vidi ait succédé aux Frères Collini en rachetant l’entreprise qui est ainsi restée dans la diaspora italienne/italophone… Suppositions.
En conclusion : on voit que les américains ont toujours eu le sens des grands moyens puisqu’au début du XXe siècle, ils avaient déjà des ateliers roulants tirés par des chevaux.
Une belle histoire quand-même !

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron deatail

Note : Philogène a publié précédemment sur ce blog un article sur un atelier tiré par un cheval au Québec avec une adaptation pour les grands froids. Un rémouleur italien aussi. Étonnant ! Cliquer ICI.

Le rémouleur récalcitrant de Chicago, 1963

20 janvier 2012

Au moment de leur disparition, aujourd’hui souvent victimes de la concurrence de l’Internet, les journaux-papier dispersent leur photothèque. C’est pourquoi on retrouve maintenant des originaux des photos de presse en vente sur les sites d’enchères. Il nous a été donné d’en acquérir deux récemment : l’une du Chicago Sun-Times, l’autre du Chicago Daily News. Il se trouve que sur chacune des photos, publiées à quelques jours d’intervalle (fin mars et début avril 1963), c’est du même rémouleur dont il est question.

Chicago Sun Times 1963

Voici le texte qui accompagnait la photo (ci-dessus) du Chicago Sun-Times du 28 mars 1963 :
Un affûteur de couteaux itinérant, artisan du passé sur la scène moderne, fait une rare apparition dans le Loop (la boucle) sur Madison près de State. Il prévient les clients par le tintement d’une cloche pendant qu’il pousse son petit commerce – la charrette à travers les rues de la ville. Les ménagères connaissent bien le chant  » Ciseaux à repasser « . L’homme utilise l’énergie des pieds sur les pédales pour propulser la meule. Il n’a pas voulu donner son nom ni que cette photo soit prise. (Photo Sun-Times par Bob Kotalik)
Ce même jour, le cinéma dont on aperçoit le fronton diffusait le film How the West Was Won (La conquête de l’Ouest) en CINÉRAMA, nouveau procédé révolutionnaire sur écran géant et un casting prestigieux : 24 grandes stars américaines du moment !
Quatre jours après, le 1er avril 1963, le Chicago Daily News publiait la photo ci-dessous accompagnée de quelques lignes évoquant le rémouleur comme un signe annonciateur du printemps… signe assez rare cependant.

Chicago Daily News 1 4 1963

Le rémouleur brûle les planches…

14 octobre 2011

« Jouer la comédie avec verve, avoir une grande habitude de la scène et se jouer des difficultés d’un rôle », telle est la définition donnée par Bob dictionnaire fam. pop. arg. de l’expression qui figure en titre.
Voici donc un rémouleur en scène dans le spectacle « The art of deduction: Inside the mind of Sherlock Holmes » (L’art de la déduction : dans l’esprit de Sherlock Holmes) monté aux États-Unis, à Akron, Ohio en mars 2011. Il s’agissait d’une première mondiale par Derek Davidson.

Le remouleur brule les planches

On voit que le banc du rémouleur est un accessoire de théâtre avec une meule qui paraît être en aggloméré. Mais là, bien entendu c’est le visuel qui compte et l’accessoire joue bien son rôle…
– Pour voir les photos du spectacle c’est ICI, sur Flickr.
– Photo © Weathervane Playhouse.

États-Unis – Washington – 1900

10 juin 2011

Washington

N’ayant pas d’indication quant à la date, on peut supposer que cette photo prise à Washington date du début du XXe siècle. Un spécialiste en histoire de l’automobile pourrait peut-être nous donner des précisions…
Le banc de ce rémouleur semble assez lourd. Qu’à cela ne tienne, il se déplace facilement grâce à une grande roue cerclée d’acier. Pour cela, le rémouleur bascule le banc à 90° vers l’avant, les deux pieds arrière deviennent alors poignées pour pousser et maintenir stable l’ensemble.
Sur cette grande roue est fixée une poulie de diamètre un peu plus petit. Elle entraîne la courroie qui va donner le mouvement de rotation aux deux meules lorsque le rémouleur appuie en alternance sur la pédale (que l’on de voit pas sur la photo). On voit par contre que le rémouleur est en équilibre sur sa jambe gauche, la droite commandant le mouvement de la pédale.
L’eau pour le refroidissement est contenue dans un seau étroit. On remarque un étau, une scie à métaux ainsi que des chiffons. À la base du banc, un coffre en bois permet de ranger les outils et les accessoires pendant les déplacements.
Comme beaucoup de ses collègues aiguiseurs à cette époque aux États-Unis et au vu de la structure de son banc, ce rémouleur était peut être d’origine italienne.
– Voir aussi un rémouleur italien à New-York à la fin du XIXe siècle dans un article publié précédemment.

Washington Detail

1870, aux États-Unis

10 février 2011

Son nom est inscrit à l’entrée du Metropolitan Museum of Art de New York City car il en fut le cofondateur. Eastman JOHNSON (1824-1906) était un peintre américain. Outre des portraits des grands hommes de son temps, il se consacra à peindre la vie quotidienne du peuple de son pays. Réaliste il le fut : à la fois par les sujets qu’il peignit ainsi que par le style qu’il adopta. Les maîtres flamands et le français Jean-François Millet l’ont influencé. Vers la fin de sa vie on le surnomma le Rembrandt américain.
Pas étonnant qu’il nous ait donné en 1870 un Scissors grinder, peinture qui est aujourd’hui au Fenimore Art Museum à Cooperstown dans l’État de New York.

Comme dans beaucoup de ses œuvres, des enfants sont représentés. On sait la fascination de la gente enfantine pour le rémouleur dans les siècles passés et cela sur tous les continents.
L’artiste a pris un plaisir artistique à peindre cette toute jeune fille de dos, nous montrant une natte en chignon surplombant des épaules découvertes, opposant la fraîcheur de la jeunesse à la rusticité de l’homme itinérant…
Les regards convergent vers la meule. Le banc de l’affûteur de ciseaux est protégé par une toile fixée sur les montants par des clous de tapissier, masquant ainsi la grande roue d’énergie. On ne sait donc rien de la mécanique mais, de toute évidence, ce n’est pas cela qui intéressait Eastman Johnson. On voit seulement une paire de grands ciseaux, une cloche de petites dimensions, des chiffons ainsi que des parapluies. Cela nous permet de rappeler que souvent le gagne-petit était aussi réparateur de ces instruments qui nous protègent lors des intempéries…
– Sur Eastman JOHNSON, voir Wikipedia, de préférence en anglais.

New York – XIXe siècle

25 avril 2009

Remarquable témoignage photographique colorisé qui suscite toujours l’émotion, ce document anonyme est de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il figure sur une carte postale expédiée de New-York le 15 juin 1913. On ne peut pas dire que la joie se lit sur les visages des habitants de ce quartier italien de Mulberry Bend, ainsi nommé parceque la rue faisait un coude dans Manhattan.
Chassant quelque peu les Irlandais arrivés des décennies plus tôt, c’est là que s’installèrent en nombre à partir de 1870 les immigrants venus de toute l’Italie. Les conditions de vie étaient extrêmement précaires, pour preuve : 65% des morts étaient des enfants de moins de cinq ans. Les italiens importèrent leurs traditions mais aussi la Mafia ! Et l’on nomma le quartier Little Italy.

Mulberry-Bend-NY-City
La Mairie de New-York, de décisions en reports, se décida enfin à éradiquer ces taudis insalubres, zone urbaine qualifiée de « grand lieu de vice et de crime ». Le quartier fût rasé à partir de 1884 et dix ans plus tard il était remplacé par le Mulberry Park aujourd’hui Colombus Park.
Ce rémouleur, ou plutôt arrotino, utilise un métier typiquement italien et pour cause ! Ce métier était-il importé ? Peut-être mais plus probablement fabriqué sur place dans la tradition.
Cette photo est un document précieux à double titre : social et technique.
Nombreux documents sur le Net au sujet de Mulberry Bend, en particulier les photos de Jacob Rils.

Le rémouleur de Ellen Pyle

31 juillet 2008

D’un format assez inhabituel pour une peinture, cette œuvre de jeunesse de l’américaine Ellen Pyle (1876-1936) nous captive immédiatement. Cette artiste a un regard de photographe : elle prend le sujet en contre-plongée. Il manque une partie de la roue certes, mais là encore elle nous propose comme un instantané plutôt qu’un tableau bien cadré, bien fini, bien léché…
Étonnant tout-de-même pour une œuvre qui date de la fin du XIXe siècle.
En fait, il s’agit d’une étude exposée avec plusieurs autres en 1899. Ces études devaient aboutir à un tableau de grand format intitulé The Knife Grinder. Hélas, on ignore tout aujourd’hui de ce tableau : contenu, format, lieu où il se trouve…
L’attitude du rémouleur est techniquement bonne, la rotation de la roue est bien rendue, le métier est simple mais correctement représenté, ce qui n’est pas toujours le cas dans les œuvres picturales. Grâce aux qualités d’observatrice de l’artiste, Ellen Pyle, cette peinture ne laisse pas indifférent, bien au contraire.
Cliquer sur l’image pour l’agrandir.
Pour en savoir plus sur Ellen Pyle : sa vie, sa carrière et ses œuvres, consulter CE SITE (en anglais)© 2007 Katharine E. Smith.