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Le cousin du rémouleur…

12 janvier 2011

Superbe carte postale envoyée de Bruxelles vers le Portugal en 1925.
Remarquable photo malgré une légère inclinaison des verticales ! Merci au photographe qui a saisi cet Aiguiseur de scies à l’ouvrage dans une rue de la capitale de la Belgique. Certes l’homme n’a pas le nez sur sa petite lime. Il pose, mais à peine, pour croiser notre regard et semble dire : « Juste un instant, je suis en plein travail… ». Mais quel regard et quelle attitude pleine de dignité de cette homme qui exerce un petit métier, comme le précise une inscription sur la carte postale.
Aiguiseur-de-scies-Belgique-1923.jpgQuant à l’outil de travail, un établi portable, il est on ne peut plus simple : une caisse rectangulaire en bois (qui permet de ranger les petits outils) sur deux montants avec une traverse un peu au-dessus du sol. Le pied droit de l’homme y repose, maintenant ainsi l’ensemble qui est calé dans un angle du mur. Un étau fixé sur la caisse enserre la scie qui est aiguisée avec une lime de section triangulaire dite tiers-point (prononcer tire-point). Enfin, l’établi est adapté à la taille de l’homme qui semble gaucher si l’on se réfère à la tenue de la lime. À moins que ce soit pour la photo…
Qu’importe si elle a été colorisée, nous considérons cette photo comme un hommage aux petits métiers à la fois par la force et la sérénité qu’elle dégage.
Cousin du rémouleur ? Oui, parce qu’il aiguise dans la rue en pratiquant le porte à porte. C’est aussi un gagne-petit, l’aiguisage d’une scie ne doit pas rapporter gros… Il a juste un avantage sur son cousin rémouleur : son outil de travail est beaucoup moins lourd, c’est sans doute pour cela qu’il se tient aussi droit.
– Cliquer sur l’image pour voir en détail le personnage.
Les outils de l’affûteur de scie (lien direct), page web intéressante à consulter sur le site : LES OUTILS DE NOS GRANDS-PARENTS.

AU GAGNE PETIT – Journées du patrimoine 2010

18 septembre 2010

AU GAGNE PETIT : c’était un grand magasin de Paris, sis au 23, Avenue de l’Opéra, un magasin populaire situé néanmoins dans un beau quartier. La concurrence étant sévère entre les grandes enseignes, il ne résista pas et dut fermer voici bien longtemps. Un Monoprix occupe aujourd’hui les locaux…
La grande porte a disparu mais il reste encore l’architecture monumentale qui surmontait cette entrée. Une chance que cet ensemble ait été protégé aux monuments historiques le 22 mars 1983. C’est cette partie qui nous intéresse car le nom AU GAGNE PETIT est resté gravé mais aussi et surtout le logo de l’enseigne : un bas relief inspiré de la peinture de David Téniers le jeune : LE RÉMOULEUR, conservée au Musée du Louvre. Inspiré, oui, car le bas relief reprend l’essentiel de l’œuvre de Téniers, le rémouleur et son banc caractéristique, mais en lui appliquant une symétrie horizontale. L’arrière plan est lui totalement recomposé.
Cet ensemble est remarquable et nous rappelle l’aspect grandiose de ces grands magasins de nos villes, autrefois. Rien à voir avec les façades uniformes d’aujourd’hui.
Lié au Commerce, c’est un pan de notre patrimoine qui survit Avenue de l’Opéra.

Magasin-AU-GAGNE-PETIT-Paris.jpg

Photos : Tangopaso, empruntées à Wikimedia Commons.
– Cliquer ICI pour découvrir une vue d’ensemble.
– Voir une ancienne chromo publicitaire du magasin AU GAGNE-PETIT (lien direct) publiée sur ce blog.
– Belle reproduction du tableau de Téniers sur le site INSECULA (lien direct)
– On voit très bien l’état actuel en utilisant Google Street View.

Au temps des chromos

6 juillet 2010
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Au XIXe siècle puis au début du XXe, les chromos étaient un support courant de publicité sur papier épais, en fait une belle image. Le recto comportait une illustration en couleurs tandis que le verso, souvent monochrome, présentait le commerce à vanter ou le produit à vendre.
L’illustration se voulait généralement éducative et les petits métiers furent un thème récurrent. Les rémouleurs, aussi appelés gagne-petit, occupèrent une bonne place.
Pourtant, sur la chromo ci-dessous, le sujet principal n’est pas le rémouleur mais une famille : un couple et un enfant présentant la mode en 1883. L’annonceur est le magasin AU GAGNE-PETIT de l’Avenue de l’Opéra à Paris. Cette enseigne fit florès en France, en référence à nos rémouleurs dont la réputation était le travail bien fait et l’honnêteté malgré un faible gain, d’où leur surnom. Des centaines de magasins ou de boutiques de France adoptèrent l’enseigne AU GAGNE-PETIT.

Chromo-Au-gagne-Petit-Rémouleur-tableau.jpg

Sur cette chromo le rémouleur est cependant présent, inscrit dans une sorte de tableau monochrome en haut et à droite de la carte. Cette petite gravure, adaptation (dessin au trait et symétrie horizontale) très libre d’une peinture, est un hommage à David Teniers dont cette œuvre est conservée au Musée du Louvre.
C’est cette image dans l’image ainsi que la similitude des termes AU GAGNE-PETIT qui fait que cette chromo est originale dans son contenu.
Selon Dominique, responsable de la boutique Bandesdepub sur Delcampe.fr, chez qui nous avons acquis cette chromo, le fait est assez rare pour être signalé.
– Mise à jour : en fait, il s’agit du motif (aujourd’hui on dirait le logo) qui se trouvait au dessus de l’entrée du magasin avenue de l’Opéra. Pour plus de détails, voir notre article Journées du Patrimoine 2010 – Au gagne-petit. (lien direct).
Chromo (masculin ou féminin) est une abréviation de chromolithographie (Cf Wikipedia).
Gagne-petit est un mot invariable.
– Pour voir d’autres chromos avec des rémouleurs, visitez notre Galerie en bas du bandeau vertical ci-contre.
– La chromo mesure 11×7,5 cm. Imprimée par Vallet, Minot et Cie, 5, rue Béranger – Paris.
– Cliquer sur l’image pour voir le verso.


Canon à deux voix

11 novembre 2009

Le hasard du calendrier nous fait involontairement donner dans l’humour en cet anniversaire du 11 novembre 1918, jour où les canons se sont tus…
Le rémouleur est présent dans les chansons traditionnelles mais également dans les plus contemporaines.

remouleur-canon-a-deux-voix

Voici un exemple d’un canon tout simple publié vers la fin du XIXe siècle et qui figure à la page 104 dans le livre AU PAYS DES ÉMOULEURS de Henri AMBLÈS. En fait lui-même l’a retrouvé dans une édition d’origine : LES CHANTS DE L’ENFANCE de Claude AUGÉ dont Larousse était l’éditeur.
On remarque que la partition ne propose qu’une seule voix ce qui n’empêche pas de chanter en canon… Par ailleurs, l’illustration n’est pas sans intérêt. Comme souvent, le gagne-petit semble bien seul au bord de cette longue route… Alors, chantez bien !
Merci à Henri AMBLÈS qui nous autorise à publier une illustration de son ouvrage.