Posts Tagged ‘Allemagne’

Bonne année à tous les rémouleurs !

7 janvier 2016

Philogène Gagne-Petit présente ses meilleurs vœux et souhaite une très bonne année à tous les rémouleurs du monde.
Que ce soit à pied, accompagnés d’un âne, en bicyclette, à scooter, à moto, en fourgon-atelier ou en taxi anglais… ils sont encore nombreux, des milliers sans doute, à parcourir les chemins, les rues et les routes du monde.
Philogène leur offre en ce début d’année 2016 les photos d’un automate vu il y a quelques années dans le très beau Musée de l’Horlogerie (Uhrenmuseum) à Furtwangen, petite ville de la Forêt Noire (Schwarzwald) en Allemagne.

Musée de l heure à Furtwangen 2

Cet automate, antérieur au XXe siècle, est placé au dessus d’une pendule. Philogène n’a pas eu le plaisir de le voir en action. Il ne sait pas s’il fonctionne encore mais sur la photo ci-dessous, on aperçoit une courroie (rouge et blanc) qui entraine la roue d’énergie. Il est probable que la jambe droite appuie sur la pédale lorsque le mécanisme est lancé. Logiquement, la meule devrait, elle aussi, tourner.
Il n’y pas que ce rémouleur dans le musée mais une diversité de pendules, de la plus simple à la plus sophistiquée. La visite est un vrai plaisir, elle fait prendre conscience de l’importance de l’heure dans la vie et dans la société, aujourd’hui comme autrefois.

Musée de l heure à Furtwangen 1

– Photos © Henri Amblès.
– Photos du musée :  uhrenmuseum furtwangen schwarzwald

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Scherenschleifer – Allemagne – Années 20 ou 30

19 juin 2015

Philogène a acquis récemment en Allemagne cette photo amateur au format 6 x 9 à bords dentelés. Photo amateur en noir et blanc et de bonne qualité, même si les roues sont un peu coupées, comme savaient les prendre les appareils dits Box à cause de leur forme parallélépidédique de couleur sombre qui les faisaient ressembler à une boîte. Tous les grands fabricants d’appareils photographiques d’avant la deuxième guerre mondiale, Zeiss Ikon, Kodak, Lumière, Agfa, etc, en produisirent en quantité.

Scherenschleifer-Allemagne-Annee-20-30

En regardant la photo de près, on se rend compte que le banc de ce rémouleur a été fabriqué avec des éléments de récupération : roues de vélo dont il manque parfois des rayons, protections latérales, montants et traverses du châssis, etc. Ces aspects pourraient permettre de dater la période : niveau de vie faible voire pauvreté, restrictions, chômage d’où l’obligation de se tourner vers des petits boulots. Cela pourrait donc renvoyer aux années 20 et 30 en Allemagne mais aussi, pourquoi pas, aux années d’après guerre en Europe Centrale.
Malgré les difficultés de l’époque, le travail était sans doute bien fait. Les meules ont l’air de tourner rond comme la roue d’énergie. Néanmoins, on peut se demander comment le rémouleur déplaçait son banc : en le poussant certes mais de quel côté ? Si la petite roue était orientable sur un axe vertical, alors pas de problème, elle était en avant. Mais par ailleurs, à quoi pouvait servir cette grande poignée métallique (de poussette, de landau) à gauche du banc ?
Philogène Gagne-Petit est impatient de lire vos idées sur la question !

Allemagne – 1929

1 juin 2012

Le dernier article en date Le rémouleur de Cassel (Nord) présentait un banc de type brouette avec siège intégré ! En voici un autre du même type mais beaucoup plus rustique.
Il s’agit d’un détail d’une photo au format 13×18 datant de 1929, hélas le lieu est inconnu.
Le banc est très simple, il comporte juste ce qu’il faut, sans fioritures. Il ressemble en cela aux bancs en vigueur au XVIIIe siècle que l’on peut voir sur quelques gravures d’époque. Cela pour dire que ce n’était pas la richesse en Allemagne en 1929. Et pour cause, les pays industrialisés étaient en crise. Qu’attendent tous ces hommes près des attelages en arrière plan ? Du travail sans doute. On remarquera que le jeune garçon au premier plan à gauche est pieds nus. Qui sait si, une dizaine d’années plus tard, il n’est pas allé, plus ou moins de force, grossir les rangs de l’armée allemande ?
Les conséquences des crises sont souvent terribles.
Une photo qui pourrait paraître banale, elle est pourtant un témoignage intéressant sur une époque.

Remouleur scherenschleifer Allemagne 1929

Klaus affûte sur les places en Allemagne

5 mai 2012

Lecteur de notre blog, Klaus Langenscheid nous a envoyé cette photo.
Klaus est une figure originale de la confrérie des rémouleurs d’aujourd’hui. Original par son look, son costume et son banc de rémouleur. Ce banc est lourd mais, semble-t-il, très fonctionnel. Le mât du barnum qui le protège des intempéries ou du soleil paraît même intégré à l’ensemble.

Son port d’attache est dans la ville de Lindberg, tout près de la frontière tchèque, à 200 km environ au nord-est de Munich. Klaus participe à de grandes manifestations en Allemagne et son programme 2012 est déjà bien rempli. On peut trouver nombre de renseignements, en allemand, sur son site (lien direct). Merci Klaus pour cette photo et bonne saison sur les places de ton pays !

Lubeck – Début du XXe siècle

18 février 2012

Lubeck, ville portuaire située sur la Mer Baltique, est surnommée « la reine de la Hanse » : c’était en effet la capitale de la Ligue hanséatique, association des villes marchandes de la mer du Nord et de la Baltique. Grâce à ses privilèges, cette hanse eut une influence commerciale et politique sur toute l’Europe pendant trois siècles. Le XVIIe verra le déclin des hanses.

Lubeck Remouleur Scherenschleifer

Belle photo tirée sur un papier ivoire, de marque Agfa, au format carte postale. Au dos, une indication imprimée au tampon : Photo-APPEL, Lubeck, Königstrasse 28. Le photographe a-t-il saisi l’opportunité de fixer ce rémouleur qui travaillait devant chez lui ? Auquel cas, nous serions dans la rue du Roi.
Les enfants sont là, à bonne distance, à observer les roues qui tournent, les lames qui sifflent, les étincelles qui jaillissent…
Ce banc d’affûtage de type brouette est relativement simple. Sa mécanique est de bonne facture contrairement aux bancs construits de bric et de broc. Le rayon de l’excentrique (flèche rouge) est important eu égard à ce que l’on constate habituellement. Il y a deux meules et un étau. Une caisse à outils est posée sur le plateau de la brouette. Ce banc est incontestablement un outil de professionnel.

Lubeck Remouleur Messerschleifer

Allemagne orientale – 1917

24 juin 2011

C’est le 30 juin 1917 que la Poste allemande tamponne cette carte postale. L’auteur, d’une écriture fine, écrit à sa famille à Kiel, ville portuaire sur la Baltique. Il travaille dans une scierie implantée dans une région qui n’est pas décelable car comme on est en temps de guerre seul le tampon de la Poste aux Armées figure sur la carte. De par l’illustration du recto, un scherenschleifer comme l’indique la légende, on peut supposer que cette scierie se trouve en Allemagne orientale. À ce moment de la Première Guerre Mondiale, les allemands occupent un vaste territoire jusqu’à la frontière russe.

Scherenschleifer Europe centrale 1917

Pas étonnant alors que ce rémouleur s’apparente plutôt à ceux de Pologne ou des pays situés à l’est de l’Allemagne. Son banc d’aiguisage est typique de l’Europe orientale et pas du tout dans la tradition allemande.
Ce qui est étonnant, c’est l’inclinaison de la partie haute, dont l’axe des meules. Remarquer la pédale, qui est oblique, ainsi qu’une sonnette pour signaler la présence. Il semble que plusieurs éléments du châssis soient assemblés par des ligatures. Enfin, il n’y a pas d’eau car le repassage se faisait à sec. Ce banc est vraiment minimaliste.
– Pour voir d’autres rémouleurs d’Europe orientale, cliquer ICI et (articles publiés précédemment).

Felix Nussbaum – Scherenschleifer

30 octobre 2010

L’actualité nous invite à présenter l’œuvre d’un peintre allemand, Felix NUSSBAUM, déporté et assassiné à Auschwitz en 1944. Il avait 40 ans.
Quasiment oublié en France, une exposition qui se tient actuellement à Paris répare une grande injustice et révèle une œuvre d’une densité remarquable. Admirateur à ses débuts de Van Gogh, Nussbaum est un héritier de la Nouvelle Objectivité allemande, ce courant qui, à partir de 1925, réunit Otto Dix, Max Beckmann, Georg Grosz.
« Comme aucun autre artiste de la première partie du 20ème siècle, Felix Nussbaum a su représenter à travers ses peintures la situation dramatique dans laquelle il se trouvait en tant que juif allemand durant la période Nazie. La peinture représentait pour lui un moyen de lutter contre le régime nazi, elle lui permettait de conserver une dignité humaine tout en lui donnant la force de survivre. Felix Nussbaum n´est certainement pas avant-gardiste. Il appartient à la « génération disparue » victime de l´Holocauste. Il fut longtemps oublié et ce n´est que dans le courant des années soixante-dix que son art fut enfin redécouvert » (Cf Wikipedia).

Felix-Nussbaum-Scissors-grinder.jpg

Parmi ses peintures, ce rémouleur intitulé Scherenschleifer, datant de 1936. Ce n’est sans doute pas une œuvre majeure du peintre mais elle nous intéresse évidemment par son sujet. Cette année-là, ayant fui l’Allemagne nazie, Nussbaum était réfugié à Ostende. C’est une œuvre paisible par rapport à nombre d’autres, dénonciatrices d’un monde conduit à sa destruction par la main de l’homme.
« Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes ! » écrivait-il peu avant sa disparition. Cette exposition nous les montre enfin en France.

– Pour tous renseignements sur l’exposition qui se tient à Paris jusqu’au 23 janvier 2011 : MAHJ (lien direct).
Pour voir cette peinture en plus grand format, aller dans le Catalogue Raisonné de son œuvre (en allemand et en anglais) à cette adresse :
FNW période Ostende (lien direct).
Photo : © VG Bild-Kunst, Bonn 2010 et © Foto Christian Grovermann, Osnabrück.

Le rémouleur de Paul Hey

21 avril 2010

Troisième d’une lignée d’artistes, son grand-père spécialiste des contes fut collègue des frères Grimm, son père était professeur de musique, Paul HEY (1867-1952) est considéré comme un peintre de l’esprit allemand, caractérisé par l’attachement intime à la nature et à l’homme. Il s’est naturellement passionné pour les contes et leurs illustrations mais aussi pour les chansons populaires. Les ouvrages qu’il a illustrés, dont les contes d’Andersen, ont été réédités à plusieurs reprises.
Normal donc que l’on trouve dans son importante production un rémouleur. Dans un cadre bucolique inspirant le calme et la sérénité, entouré d’enfants intrigués par la machine à aiguiser, le rémouleur, grand, maigre, voûté est assez pittoresque. Cette œuvre nous renseigne aussi sur le banc de type brouette de cet aiguiseur. L’ensemble, avec ses consommateurs attablés sous les ombrages, reflète bien l’esprit de la série dont fait partie ce tableau : Travail et paix. C’était probablement au début du XXe siècle.


Travail et pai
x, série de 12 cartes postales reproduisant des peintures de Paul Hey éditée par F.A. Ackermanns Kunstverlag à Munich. Der scherenschleifer (le rémouleur) est l’une des cartes de cette série.
Cliquer sur l’image pour afficher le détail de la scène centrale.

Siegfried Krautz, rémouleur contemporain

9 décembre 2009

À Bad Sachsa, petite ville du centre de l’Allemagne, il est un rémouleur ambulant qui se nomme Siegfried KRAUTZ. Au volant de son fourgon-atelier, accompagné de son sympathique compagnon canin, il sillonne les localités de sa région pour affûter les couteaux des collectivités, restaurants, charcutiers, fleuristes… Belle vidéo mais on aimerait un peu plus de plans sur le travail d’affûtage dans lequel on a l’impression que le ruban abrasif a remplacé la meule… Intéressant tout-de-même malgré le côté un peu publicitaire de ce document vidéo. On peut aussi mesurer l’écart entre les moyens de ce rémouleur européen et ceux d’Afrique ou d’Asie (liens directs) que nous avons présentés sur ce blog…
– Vidéo en langue allemande mais très compréhensible…