Posts Tagged ‘manivelle’

En Bulgarie, début du XXe

17 septembre 2008

Considéré comme l’un des fondateurs de la modernité bulgare dans le domaine des beaux-arts, Ivan Mrkvicka (Иван Мърквичка) est né tchèque en 1856. Études artistiques à Prague et à Munich puis invité en 1881 en Bulgarie, il y reste et coopère avec les intellectuels de l’époque. Peintre et sculpteur il expose et fonde avec d’autres artistes l’Académie Nationale des Arts à Sofia. Ses thèmes préférés sont la vie quotidienne des gens et la peinture historique. Ses portraits sont appréciés. Hommage suprême, il entre à l’Académie des Sciences Bulgare en 1918. Il décède en 1938.
Le rémouleur qu’il a peint aiguise les outils tranchants sur un métier typique de la zone géographique*. L’homme est courbé, il tourne la manivelle de la main droite et aiguise de l’autre. La construction du banc est très rustique : c’est un modeste chevalet, très bas, au sommet duquel est monté l’axe de la meule. On ne peut guère faire plus simple !
Peintre, Ivan Mrkvicka sait utiliser les couleurs : le bleu, le rouge et le blanc de la chemise rappellent celles du drapeau de la province ottomane de Roumélie orientale qui s’est unie à la Bulgarie en 1885. Avec les ocres et le bleu des ouvertures, ces couleurs nous offrent une belle harmonie.
Les rémouleurs sont vraiment des sujets d’inspiration pour les peintres !
Voir notre article En Grèce, 1918.
– Cliquer sur l’image pour l’agrandir. 

Rémouleur au Venezuela

21 juillet 2008

Pour compléter la série des rémouleurs travaillant avec un matériel restreint (Cf nos précédents articles), voici une photo découverte sur le blog d’un français expatrié : Victor au Venezuela.
Astucieuse installation que celle de ce rémouleur : il a fixé le touret à meuler manuel sur le petit banc sur lequel il est assis, obtenant ainsi une bonne stabilité de son outil. Le couteau est tenu dans la main gauche tandis que la droite actionne la meule. Tout comme son collègue de Mexico, il ne peut pas obtenir une grande précision dans l’affûtage de la lame mais peut-être que son expérience lui permet d’offrir une prestation de qualité acceptable. Le photographe pourrait nous le dire puisque c’est son propre couteau que le rémouleur aiguise… Remarquons enfin que la dimension de la meule limite la taille des lames à rafraîchir.
Photo © 2005 – Victor Bruley.

En Grèce, 1918

1 juillet 2008

remouleur-knife grinder-scherenschleifer-arrotino-afilador-amoladorCarte postale écrite au verso et datée de 1918.
Pour faire écho à l’article récent sur le rémouleur à Mexico, voici un repasseur de couteaux de Salonique en Grèce. C’est le début du XXe siècle mais le métier est encore rudimentaire : deux montants sont fixés sur des patins, le tout en bois. Des renforts en métal permettent de maintenir l’équerrage des montants et d’assurer une stabilité à l’ensemble. La meule est actionnée de la main gauche tandis que la main droite tient le couteau à aiguiser. Le rémouleur, penché en avant, pose un pied sur la base du bâti afin de maintenir le métier en position. On souhaite à l’homme de ne pas rester dans cette posture toute la journée… Pour autant, ce serait le signe d’un travail conséquent, ce qui n’était vraisemblablement pas le cas. Beaucoup d’analogies donc entre cet outil de travail et celui de notre rémouleur de Mexico qui lui est obligé de s’asseoir au ras du sol, son outil ayant des dimensions modestes. Celui du grec peut se porter sur le dos, il permet aussi une bonne mobilité.
—> Cliquer sur l’image du haut pour la voir en grand format. 

knife grinder-remouleur.

Rémouleur à Mexico

25 juin 2008

Documents très récents d’un rémouleur à Mexico. Notre homme s’est équipé d’un touret à meuler à commande à main qu’il a fixé sur un support en bois. Il est assis sur un tabouret bas et avec ses deux pieds il stabilise son outil de travail. Tournant la manivelle de la main gauche, dans un sens ou dans l’autre (Cf la vidéo), il tient le couteau de la main droite. Outil et tabouret sont transportés sur un « diable ». Ce rémouleur va donc à pied.
Quelques remarques : au regard de sa chevelure, cet homme n’est plus très jeune. Ses ressources sont probablement modestes, son outil se trouve dans tout supermarché de bricolage à un prix raisonnable. Son équipement est vraiment minimaliste. Sans douter de ses compétences, on peut s’interroger sur la qualité de son travail : plié en deux, aiguisant d’une main en tournant de l’autre, il ne peut pas obtenir une grande précision. Mais pour survivre à Mexico DF, mégalopole de 20 millions d’habitants, il faut savoir prendre des initiatives. Notre homme se bat comme il peut…
Dans son usage, l’outil de ce rémouleur rejoint ceux utilisés dans la première moitié du XXe siècle par les rémouleurs des Balkans et du Proche Orient : une meule actionnée par une manivelle, le tout monté sur un chassis très simple. Nous aurons l’occasion d’en présenter un témoignage prochainement.
—>Voir aussi la VIDÉO et sur Mexico notre ARTICLE de mars 2008. 
– Photos et vidéo © Juliane Amblès – Juin 2008.

remouleur-mexico-knife grinder-afilador-amolador

L’arrotino

21 mai 2008

arrotino, knife grinder, amolador, afiladorVoici une gravure de belle facture :L’Arrotino d’après une peinture de Francesco Maggiotto (Venise 1750-1805).
Ce n’est pas un rémouleur ambulant mais, outre sa valeur artistique, cette œuvre est intéressante sur le plan documentaire. Elle met en scène deux personnes : le rémouleur et un enfant. L’emploi d’enfant était très fréquent, notamment comme ici pour tourner la manivelle, et quelle manivelle par rapport à la taille de l’exécutant ! En Lorraine, au XVIIIe siècle, il était fréquent d’emmener des enfants en tournée pendant plusieurs mois : on les appelait alors les mousses.
Les outils à repasser sont courants : ciseaux de grande taille, hache, hachoir, lame de rabot et… couteau. Quant à l’atelier du rémouleur il est de bric et de broc, tout juste ce qu’il faut pour s’abriter quelque peu des intempéries.
Enfin, il existe une ambiguïté quant à la commande de la rotation de la meule : il se pourrait que l’enfant entretienne seulement le mouvement. En effet, l’homme a le pied droit sur une planche pédale assez longue qui commande probablement la rotation.
Gravure de Giovanni Volpato, éditée à Venise par Nicolo Cavalli, 1800.
Gravure de grand format : 29 x 37 cm sur une feuille de 40 x 54 cm.