Posts Tagged ‘métier porté’

Bombay, 1962

27 janvier 2012

Belle photo diffusée en carte postale dans les années 60.
Le rémouleur est encore jeune, il vaut mieux car le poids du banc doit être conséquent. L’armature est entèrement métallique. La roue d’énergie est de grand diamètre et tourne très vite : on ne voit pas les rayons. Elle entraîne une courroie qui actionne la rotation d’une poulie de petit diamètre montée sur l’axe de la meule. Vu le rapport des diamètres, la meule doit tourner à grande vitesse, c’est ce qu’il faut. On voit parfaitement les sangles qui permettent de porter l’ensemble sur le dos. Gare aux dos fragiles !
C’est un banc caractéristique, autrefois, de l’Inde et des pays du Proche Orient.
À l’époque, les rémouleurs indiens étaient encore artisans. Aujourd’hui, ils se déplacent à bicyclette et transportent un éventaire contenant couteaux et autres lames tranchantes… Ayant évolué avec le monde, ils sont maintenant artisans et commerçants.

Bombay 1962

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Le rémouleur et la fontaine

21 octobre 2011

Colmar Remouleur

Il admire la Fontaine Schwondi à Colmar ! Diable, les rémouleurs n’ont pas toujours les yeux rivés sur la meule. C’est heureux.
Le banc doit peser sur le dos de notre homme mais celui-ci se tient quand-même assez droit. C’est qu’il a l’air encore jeune…
– Carte postale de l’entre-deux guerres.

Colmar Remouleur detail

Le repasseur – Nord de la France – 1853

23 mai 2011

Conservée à la Bibliothèque Municipale de Lille, cette photo, à n’en pas douter, a été prise dans le Nord de notre pays au milieu du XIXe siècle..
En volume, le banc de ce rémouleur n’a rien à voir avec celui, néerlandais et roulant, de notre article précédent.
Celui-ci est un banc porté : lors de ses déplacements l’homme va le porter sur le dos. Le banc doit donc être un maximum ramassé sans être trop lourd. Il est fait de pièces de bois trouvées ici et là, peut-être est-ce le rémouleur lui-même qui l’a fabriqué. La courroie reliant la grande roue d’énergie à une poulie sur l’axe des meules est croisée. Il semble qu’il y ait effectivement plusieurs meules (dont une en porte-à-faux à la gauche de l’homme), chacune de grain spécifique correspondant aux différentes phases de l’aiguisage : ébauche, aiguisage, finition et même polissage selon les lames à traiter. À un angle est installée une petite enclume et en dessous un coffre pour ranger outils et chiffons pendant les déplacements.

Rém 1853 Bb Mun Lille

Le personnage est caractéristique de l’époque par sa tenue vestimentaire en particulier la casquette. Ses rouflaquettes finissent le tableau ! Son travail ainsi que son alimentation sans doute lui permettaient de garder la ligne…
Il est probable que la photo ait été posée et mise en scène. À priori la roue ne tourne pas. C’est qu’en 1853 la Photographie était balbutiante et le sujet devait garder la pose plusieurs secondes voire davantage.
– Photo © Bibliothèque Municipale de Lille. Épreuve sur papier salé.
– Format : 19,9 x 13,4 cm sur une planche de 55 x 39 cm.
– Extraite des Études photographiques éditées par Blanquart-Évrard en 1853,

Cuba, 2009

1 février 2011

Il semble que les rémouleurs soient encore nombreux à Cuba. De récentes photos sur le Net l’attestent.
Nous avons choisi celle-ci pour son côté classique ainsi que pour l’harmonie des couleurs : le tablier, le pantalon, la chemise et la peau cuivrée de l’aiguiseur s’harmonisent avec la boîte à outils et même avec l’environnement naturel !

La-Havave-Juillet-2009-Ph.©-Yohandry.jpg
Le banc est très classique dans sa simplicité : un chevalet avec une grande roue d’énergie en métal, l’axe de celle-ci tournant dans des roulements à billes. Remarquer la bielle qui relie la pédale à l’excentrique : il semble que ce soit une chaîne de bicyclette. Reste à savoir si elle est souple ou bien rigide après avoir été soudée par exemple. L’ensemble du banc paraît usagé et le rémouleur n’est plus tout jeune.
Cette belle photo est l’œuvre de yohandry. Qu’il soit remercié. On peut la retrouver en plus grand format sur Flickr à cette adresse (lien direct) et visiter sa galerie.
Photo © yohandry. Tous droits réservés.

Mehmet, rémouleur d’Istanbul

31 août 2010

Il y a peu, nous avons découvert sur le blog Du bretzel au simit, un reportage sur un rémouleur turc contemporain, en fait une belle approche de ce métier encore exercé à Istanbul.
C’est la rencontre entre Nat, qui tient le blog, une femme alsacienne vivant en Turquie, et Mehmet, rémouleur autochtone. Telle une journaliste, Nat décrit cette rencontre et illustre son propos de photos, prises sous des angles intéressants, qui montrent d’une part le banc, l’outil de travail, d’autre part Mehmet, le travailleur. Huit photos, dont plusieurs portraits, rendent l’homme bien sympathique. Une rencontre chaleureuse, un intéressant article à lire absolument !
– Photo © Nathalie Ritzmann.
– Pour aller à la rencontre de Mehmet, cliquer sur la photo.
– Pour voir un autre rémouleur d’Istanbul sur notre blog, cliquer ICI.


Moscou 1900

29 juin 2010
Carte postale plus que centenaire expédiée de Moscou vers la France le 30 mai 1900. Comme toujours à cette époque, l’adresse occupe le verso alors que la correspondance s’écrit dans une petite surface en dessous de l’illustration. Outre la photo du rémouleur, c’est le texte en français que l’on remarque. Fin observateur, l’expéditeur de la carte écrit :
« Repasseur ambulant de Moscou, la différence avec chez nous c’est qu’ils repassent à sec, ils ont, ces repasseurs, les mêmes cris qu’en France, portent leur instrument sur l’épaule en cherchant l’ouvrage. »
Observations intéressantes, notamment le fait que les russes repassent à sec. On ne voit effectivement pas de réserve d’eau sur l’instrument de ce rémouleur. Leurs cris sont lancés comme en France mais à coup sûr en russe. Remarquer le long tablier qui protège les vêtements. Quant au banc, typique de l’Europe orientale, il était porté sur le dos; on le sait aujourd’hui par d’autres photos ou gravures mais en 1900 c’était moins évident. Enfin, comme il n’y a pas de coffre de rangement sur le banc, les outils et accessoires devaient être transportés dans le sac à fermoir que l’homme porte en bandoulière.
On peut rapprocher ce document de ceux publiés dans un de nos articles précédents : Moldavie : fin du XIXe (lien direct).


L’enfant « arrotino » de Naples

6 avril 2010

C’était au XIXe siècle, peut-être encore au début du XXe. Le travail des enfants était peu ou pas encore réglementé. Déjà, bien avant la révolution industrielle, les familles modestes des zones rurales (campagne, montagne) devaient, pour survivre, mettre au travail leurs jeunes enfants. Il en fut ainsi des petits ramoneurs, enfants loués ou vendus par milliers à de redoutables patrons, véritables exploiteurs pour la plupart. Si l’image des petits ramoneurs est répandue, celle des petits rémouleurs l’est moins. En voici néanmoins un témoignage : un jeune garçon de la région de Naples.
Dans son ouvrage AU PAYS DES ÉMOULEURS, Henri Amblès note qu’en Lorraine les enfants partaient en campagne vers l’âge de 11-12 ans, accompagnant qui un père, qui un oncle, qui un patron… On les appelait alors des mousses. Peut-on imaginer aujourd’hui les conditions dans lesquelles ces enfants vivaient sur le trimard, faisant des centaines de kilomètres à pied, dormant souvent à la belle étoile, pendant des mois loin de leur famille ?
Cette photo italienne est un témoignage poignant, quasiment unique. Elle fut utilisée en 1994 comme image choc de l’affiche de l’exposition La petite histoire du rémouleur présentée par le Musée de la Coutellerie de Thiers.
Informations sur le livre AU PAYS DES ÉMOULEURS, sur la colonne de droite.
Pour visiter le site du Musée de la Coutellerie de Thiers, cliquer sur l’adresse, rubrique On aime ces sites sur la colonne de droite.

La trompe du rémouleur chinois

8 avril 2009

remouleur-chinois

Comme la plupart des petits métiers itinérants, le rémouleur utilisait un instrument de musique, souvent simple, pour avertir les gens de son passage. En France, c’était une clochette, voire une cloche. Au Portugal, comme au Brésil encore aujourd’hui, la flûte de pan diffusait des sons plus harmonieux (Cf notre article Amolador de facas Buritis de mai 2008 avec sa vidéo). En Extrême Orient, en Chine en particulier, une trompe de grande longueur était de circonstance.
C’est ce qu’illustre cette photo (détail) publiée en carte postale dans les années 50 ou 60 par Hartung’s Photo Shop à Pékin. Le banc que porte sur l’épaule le rémouleur est très différent du banc occidental. Pour la façon de travailler du rémouleur chinois, voir notre article Rémouleur chinois au XIXe siècle publié en 2008.
Cliquer sur la photo pour afficher un gros plan du rémouleur soufflant dans sa trompe.

Moldavie : fin du XIXe

3 octobre 2008

Avec un PIB inférieur à celui du Bangladesh, la Moldavie, capitale CHISINAU, est le pays le plus pauvre d’Europe : le salaire mensuel moyen est de 150€. Située en Europe orientale, au nord-est de la Roumanie, avec une population de 3.400.000 habitants, cette démocratie parlementaire est membre du Conseil de l’Europe. Son histoire est riche en événements : fusions, éclate-ments, annexions, sécession… La Russie et la Roumanie se partagent une partie de son territoire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. La région la plus riche du pays a proclamé son indépendance en 1991, sous le nom de Trinistrie, et s’est placée sous la protection de la Russie… (CF l’article très détaillé de Wikipedia).
Que l’histoire d’un pays soit mouvementée ou pas, on a toujours besoin d’affûter les outils tranchants. En attestent ces deux belles photos de la fin du XIXe siècle. Le métier du rémouleur est caractéristique de l’Europe orientale : on le retrouve en Russie, en Pologne, en Roumanie…
Très large, en bois, un peu décoré (cf les rayons de la grande roue), il comporte trois meules. Il semble que la pédale soit triangulaire, l’homme peut ainsi se poster au centre du métier. La grande largeur permet de le porter aisément, un petit coussin sommaire fixé sur la traverse (bien visible sur la photo du haut) protège quelque peu l’épaule du porteur, le bras gauche stabilise l’ensemble. Le métier paraît ainsi très fonctionnel.
Remarquer que ces photos ont été prises en studio, notre tocilar en tenue d’hiver a donc posé. Bonne idée du photographe de l’époque : l’attention se porte sur l’unique sujet, celui qui nous intéresse. On lui doit sans doute aussi la bonne conservation de ses clichés.
Origine des photos : VIRTUAL CHISINAU, site en langue roumaine.
Voir aussi MOLDAVIE, LA TRAITE DES ÊTRES HUMAINS sur le site de Médecins du Monde.

El afilador

3 juin 2008

EL AFILADOR : intéressante carte postale de 1900 représentant un rémouleur espagnol.
À l’origine, un lavis signé Z. Muñoz Lucena, Cordoba.
L’homme à la pipe porte sur le dos un métier dont la structure est allégée eu égard à la façon de le transporter. Le rémouleur stabilise ce métier en passant sa main gauche dans la structure, sa main droite tient une sorte de canne qui doit être reliée à un élément du métier. Il semble qu’il n’y ait rien d’autre pour accrocher l’outil de travail sur le dos. L’homme est légèrement penché vers l’avant pour compenser le poids du métier.
Le visage du rémouleur n’est pas joyeux, il traduit la difficulté d’une vie pas facile tous les jours, cela accentué par le traitement de l’œuvre au lavis : noir, gris avec peu de nuances. Un beau témoignage sur les afiladores à la fin du XIXe siècle.

Inscriptions en bas à gauche : 430 HAUSER Y MENET. – MADRID.
À droite : DE BLANCO Y NEGRO Revista Ilustrada Madrid.