Le chien, compagnon de travail du rémouleur

3 août 2015

Le chien, animal domestique par excellence, fut largement exploité dans le passé comme bête de somme, cela jusqu’au début du XXe siècle. Les exemples sont nombreux, confirmés par des gravures ou photos, entre autres : marchande de lait, vendeuse du Caïffa (un célèbre café), marchand de mercerie et… rémouleur.

Remouleur-Charette-à-chien

Cette carte postale est connue sur le web, un original pouvant atteindre plusieurs centaines d’Euros sur un site d’enchères. Notez que Philogène n’en possède qu’un duplicata…
Rien de particulier à signaler sur le banc de ce rémouleur sinon qu’il paraît assez léger, caractéristique favorable à l’animal qui le tracte. Enfin, remarquons que le chien doit être dételé, voire couché, pour que le banc soit horizontal et que l’homme puisse prendre place sur le siège pour travailler.
– La légende de la carte indique : Environs de Villedieu. Percy – Un rémouleur du pays.
– Percy est une commune voisine de Villedieu-les-Poëles dans la Manche.

Rémouleur en Haute-Savoie

18 juillet 2015

Philogène traîne actuellement ses guêtres en Haute-Savoie. Passant récemment par La Chapelle d’Abondance, il était invité à déjeuner dans un hôtel-restaurant de qualité : Les Cornettes… Après le café, visite de cet établissement familial de plusieurs générations qui abrite un musée relatant la saga de la famille Trincaz. Au hasard, sur une belle fresque représentant les petits métiers d’autrefois, Philogène aperçoit un rémouleur !

Rémouleur-JL-Danel

Cette fresque a été peinte il y a quelques années par un artiste local bien connu, Jean-Luc Danel. On trouve ses œuvres : enseignes, affiches, posters, etc, un peu partout dans la région. On peut aussi le rencontrer dans son magasin-atelier à La Ville du Nant, hameau de La Chapelle d’Abondance, et emporter de chez lui un souvenir de ses nombreuses œuvres : peinture sur bois, objet peint ou simple carte postale…
– La fresque des petits métiers d’autrefois, de hauteur 50cm environ, mesure approximativement cinq mètres de long.

La bicyclette, machine multi-usages

12 juillet 2015

En cette période de TOUR DE FRANCE cycliste, il est bon de rappeler que depuis son invention, la bicyclette (dite aussi vélo, raccourci de vélocipède) a été adaptée à maints usages. Outre ses côtés pratiques pour la promenade ou le sport ainsi que moyen de déplacement aujourd’hui apprécié dans les villes, la bicyclette fut l’objet de nombreux aménagements pour le travail : tracteur de remorque-taxi, boutique ambulante pour divers petits commerces, etc, et enfin, atelier roulant de rémouleur.
Les rémouleurs à bicyclette sont encore nombreux dans le monde d’aujourd’hui. Il suffit de chercher sur le web, les internautes voyageurs ont rapporté de belles photos, telle celle présentée ci-dessous.

remouleur inde cycle

Photo © Joe sur le site SpiceFlair – Learn and Share India. Voir ICI.

Scherenschleifer – Allemagne – Années 20 ou 30

19 juin 2015

Philogène a acquis récemment en Allemagne cette photo amateur au format 6 x 9 à bords dentelés. Photo amateur en noir et blanc et de bonne qualité, même si les roues sont un peu coupées, comme savaient les prendre les appareils dits Box à cause de leur forme parallélépidédique de couleur sombre qui les faisaient ressembler à une boîte. Tous les grands fabricants d’appareils photographiques d’avant la deuxième guerre mondiale, Zeiss Ikon, Kodak, Lumière, Agfa, etc, en produisirent en quantité.

Scherenschleifer-Allemagne-Annee-20-30

En regardant la photo de près, on se rend compte que le banc de ce rémouleur a été fabriqué avec des éléments de récupération : roues de vélo dont il manque parfois des rayons, protections latérales, montants et traverses du châssis, etc. Ces aspects pourraient permettre de dater la période : niveau de vie faible voire pauvreté, restrictions, chômage d’où l’obligation de se tourner vers des petits boulots. Cela pourrait donc renvoyer aux années 20 et 30 en Allemagne mais aussi, pourquoi pas, aux années d’après guerre en Europe Centrale.
Malgré les difficultés de l’époque, le travail était sans doute bien fait. Les meules ont l’air de tourner rond comme la roue d’énergie. Néanmoins, on peut se demander comment le rémouleur déplaçait son banc : en le poussant certes mais de quel côté ? Si la petite roue était orientable sur un axe vertical, alors pas de problème, elle était en avant. Mais par ailleurs, à quoi pouvait servir cette grande poignée métallique (de poussette, de landau) à gauche du banc ?
Philogène Gagne-Petit est impatient de lire vos idées sur la question !

Le rémouleur d’Antonio de Puga – Espagne – 1640

12 juin 2015

Cette superbe peinture nous ramène près de 400 ans en arrière… Oeuvre de Antonio de Puga en 1640 (certains la situent en 1635), elle est classée parmi les œuvres de l’École Espagnole avec les peintures de Diego Velazquez, entre autres génies.
Il est né en 1602 à Ourense en Galice, fils d’un tailleur du même nom et de Ynes Rodriguez. Il a aimé peindre des scènes avec de petites gens comme ce rémouleur. Et comme par hasard, il est né dans une ville réputée depuis toujours pour la fabrication d’excellents couteaux. Il a donné à sa province natale ses lettres de noblesse en peinture et ses œuvres sont exposées dans de grands musées du monde entier.
Celle-ci, El afilador, est présentée au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg en Russie.

Puga afilador

Dans ce tableau, Puga ne s’intéresse pas à l’environnement. Il privilégie le repasseur et son banc qui occupe l’essentiel de l’espace. Les clients sont quelque peu relégués dans la moitié gauche de l’œuvre.
Le banc est très rustique : type brouette avec roue pleine, plusieurs éléments sont assemblés avec des cordes. Le réservoir à eau, un tonnelet, est de bonne taille. Les supports de la meule sont rudimentaires.
Le rémouleur affûte un poignard, l’homme en noir lui tend une pièce, preuve pour le spectateur que le rémouleur est bien un gagne-petit..
On ne sait pas si le soldat a quelque objet à faire affûter, peut-être que le poignard est à lui…
Un peu coincée à l’extrême gauche du tableau, une jeune femme attend son tour avec, semble-t-il, un hachoir dans la main. Elle regarde le spectateur et semble dire, en posant l’autre main sur son ventre rond, qu’elle attend un enfant, cinquième personnage de cette composition.
Cette belle œuvre a toujours fasciné Philogène !
– Le tableau, huile sur toile, mesure 118 x 158 cm.
– Voir l’œuvre en grand format en cliquant sur l’image.
– Dans la cathédrale de Ourense, sa ville natale, une plaque honore l’artiste. (lien direct).

Rémouleur de langues « bien pendues »

5 juin 2015

Un lecteur faisait remarquer récemment à Philogène qu’en ces temps agités sur la planète Terre, il manquait un peu d’humour.
Cher ami, voici donc pour vous satisfaire la photo ancienne d’une sculpture qui ne manque pas d’humour !
On ignore où elle se trouve, sa situation géographique, France ou étranger… On ne connaît pas ses dimensions, quel artiste l’a créée, à quelle époque, etc ?
C’est juste une photo-carte postale que Philogène a acquis récemment.
Si, parmi nos chers lecteurs et lectrices, quelqu’un est susceptible de donner des informations, Philogène est preneur !
Il est même décidé à offrir en récompense un coffret des trois DVD du film « Au pays des émouleurs » (valeur 24,90€) à la première personne qui donnera des précisions en commentaire (ci-dessous). Avouez que ce n’est pas rien.

Remouleur de langue de femme bavarde sepia

Que peut-on dire de cette sculpture humoristique ? Bon, elle renvoie à un défaut souvent reproché aux femmes d’être trop bavardes, au moins pour une partie d’entre elles. Leurs bavardages peuvent provoquer des malentendus, des conflits, voire parfois des catastrophes…
C’est pourquoi les hommes (le sexe masculin) ont imaginé de tous temps des punitions, allant parfois jusqu’à la peine de mort.
On n’en est pas là sur cette scène mais tout-de-même. On peut penser aussi que c’est un avertissement et que le mari (sans doute) a voulu faire peur à sa femme. Il semble pourtant que le rémouleur représente une certaine autorité avec son couvre-chef faisant penser à celui d’un gendarme.
Souhaitons qu’il ne s’agisse là que d’un avertissement car, bien que l’on sache que la langue s’auto-guérit de ses plaies, le moment et les jours qui suivent doivent être durs à supporter. Philogène en frissonne !
Notez que la punition pourrait aussi être infligée à certains hommes… trop bavards !
Ah ! Les symboles…

Étameur mais aussi rémouleur

30 mai 2015

Peu après la seconde guerre mondiale (1939-1945), comme autrefois, on pouvait encore rencontrer des itinérants qui exerçaient plusieurs métiers. Par exemple, certains rémouleurs, outre leur spécialité, l’affûtage, réparaient les parapluies, d’autres ramassaient les peaux de lapin, ils furent nombreux aussi à vendre des couteaux, des ciseaux… C’était bien sûr un avantage de pouvoir cumuler ainsi plusieurs savoir-faire. Les recettes, le plus souvent modestes, augmentaient sensiblement grâce à ce cumul.

Étameur rémouleur

En voici un bel exemple, une gravure découpée dans le MAGASIN PITTORESQUE, un magazine du XIXe siècle. Cette illustration de 1871 est issue d’une page qui relate le passage d’un étameur dans un village.
C’est Pierre, l’enfant de la famille qui annonce à sa mère, aubergiste, l’arrivée du petit métier. On perçoit la volonté pédagogique de l’article. Voici quelques lignes du début :
– Tiens, fit la ménagère, c’est le père Bontemps. Vous arrivez bien à propos : mes casseroles sont noires, mes couteaux ne coupent plus ; Julien a défoncé sa grêle, et la mère Joli a des cuillères à fondre.
Et plus loin :
– Après avoir repassé couteaux et ciseaux, l’étameur fit rougir les casseroles, les passa dans l’acide pour les nettoyer puis, les ayant chauffées de nouveau, il les posa dans l’étamure et les arrosa en tous sens avec le métal en fusion. À l’aide d’une poignée d’étoupe, il fit disparaître les boursouflures ; puis il les jeta dans l’eau froide pour empêcher l’étamure de couler. Pierre ne le quittait pas d’une semelle, il le regardait couler l’étain dans le moule de cuivre, le refroidir avec un linge mouillé, l’ouvrir tout fumant, en retirer la cuillère, couper les bavures et tout ça moyennant 60 centimes de façon par douzaine.
Et ainsi de suite, l’homme, raccomodeur de faïence, répare ensuite quelques assiettes brisées.
L’article se termine ainsi :
– Vois petit, comme il a fallu en trouver des choses pour réparer tout ça.
– Vous dites vrai, répondit le garçon : si on n’avait pas inventé la poêle, je ne mangerais peut-être pas de ces bonnes omelettes que j’aime tant.
Il est précisé dans l’article que l’étameur se déplace dans une carriole tirée par un âne.
L’étameur, dessin de Sellier d’après Mme Destriché in LE MAGASIN PITTORESQUE, 1871.

La belle enseigne d’une coutellerie à Millau

22 mai 2015

Fidèle lectrice de notre blog, Juam de son pseudo, vient de nous transmettre la photo d’une belle enseigne que Philogène ne connaissait pas (mais il ne connait pas tout…).
Comme autrefois, cette enseigne signale une coutellerie dans la vieille ville de Millau, en Aveyron.
Il s’agit de la coutellerie Mercier dont le site nous conte l’histoire en ces termes :
« Il était une fois en Aveyron un artisan, Ferdinand Mercier, qui en 1880 décida de fabriquer des laguioles à Millau, capitale de la ganterie.
Ainsi naquit la maison Mercier, seule fabrication de la ville.
C’est au fil des ans, des générations et des inventions (couteaux à revirer le Roquefort, laguiole de cavalier)…) que l’enseigne gagna ses titres de noblesse.
Aujourd’hui encore, le savoir-faire se perpétue dans le plus grand respect de la tradition ».

Enseigne F Mercier à Millau

On ne sait pas si l’enseigne est ancienne mais elle est bien dans la tradition : fer forgé et tôle d’acier. Tout y est pour évoquer le métier : la meule bien sûr, la lame, le bâti et ses pieds, la pédale, la bielle, l’excentrique, le réservoir d’eau et… le rémouleur. Comme souvent autrefois, son habit est soigné de la tête aux pieds. Outre les couleurs, on remarque la trompette avec laquelle il annonçait son arrivée. Peut-être que dans cette région elle remplaçait la cloche. Pourquoi pas ?
Enfin, le nom du fondateur s’inscrit en dessous.
Le tout est éclairé la nuit par deux spots, un de chaque côté. On voit sur la photo l’arrière de celui de gauche.
L’enseigne charme le regard grâce à sa composition et à ses couleurs, c’est un beau travail et l’artisan qui l’a conçue, ancien ou contemporain, mérite nos compliments.
Philogène est heureux d’avoir découvert cette œuvre d’art populaire !
– Photo © Juam – 2015.
– Le site de la coutellerie F. Mercier : Coutellerie Mercier  (lien direct).

Olivier Roger, nouveau rémouleur en Bretagne

16 mai 2015

Il a eu la bonne idée de transmettre à Philogène un article de presse récent le concernant. Il s’agit de Olivier Roger, nouvel affûteur dans le sud de l’Ile et Vilaine et le pays nantais.

Olivier-Roger-Remouleur-en-Bretagne copie

Formé dans le Gers comme beaucoup de ses collègues en activité aujourd’hui, Olivier s’est mis à l’affûtage moderne à l’âge de 52 ans. Dès son enfance, il était fasciné par le rémouleur traditionnel qui sillonnait la campagne. Après divers métiers, il a bouclé la boucle en devenant lui-même affûteur-rémouleur.
Bel itinéraire ! Trêve de discours, lisez plutôt l’intéressant article que lui a consacré il y a peu L’Éclaireur de Chateaubriant.
– Article et photo © Cyntia Havard-L’Éclaireur.
– L’adresse de son site : www.coupro.fr  (lien direct).

– Cliquer sur la coupure de presse pour l’ouvrir en grand format.

Olivier Roger Coupure presse

La Bretagne affûtée avec Dominique Brault

17 avril 2015

Philogène Gagne-Petit est particulièrement heureux de présenter aujourd’hui un rémouleur contemporain : Dominique Brault. Ce dernier est installé dans les Côtes d’Armor à Saint-Lormel. Et justement, Philogène, breton lui aussi, a eu des ancêtres dans ce bourg situé à quelques encablures de Saint-Jacut-de-la Mer…
Ci-après, extrait d’un article publié par le quotidien Le Télégramme en mars 2012 :
… Dominique Brault, artisan, exerce à son compte depuis décembre 2011 sous l’enseigne Armor Affûtage. Originaire de Saint-Lormel (22-Côtes d’Armor), l’ancien boucher a eu envie de changer de profession.
Son activité trouve d’ailleurs un réel écho auprès des professions de bouche mais également auprès des particuliers.
Il exerce de Cancale (35) à Saint-Brieuc (22), stationnant dans les bourgs ainsi que sur les parkings de magasins professionnels comme à Saint-Brieuc ou Saint-Malo.

Couteaux, ciseaux, sécateurs, lames de coupe (charcuterie, gazon, broussaille) ou de cutter, Dominique Brault affûte tout et de toutes les matières : acier, tungstène et même céramique.
Il connaît l’usage auquel est destiné l’outil dans les divers métiers et peut ainsi en déterminer parfaitement les angles de coupe. Sa machine à affûter fait le reste. Il l’a d’ailleurs acquise chez son fabricant, M. Caillet, médaillé d’argent au Salon International des Inventions en 1999.
Photos : deux aspects du fourgon-atelier de Dominique Brault.
Pour visiter le riche site de Armor Affûtage, cliquer sur les photos.
Extrait de l’article et photos : © le Télégramme.

Joyeuses Pâques avec le rémouleur du chocolat…

3 avril 2015

Croyant ou pas, dans notre civilisation occidentale, Pâques se présente comme une fête traditionnelle. Croyant ou pas, chaque travailleur bénéficie d’une journée de congé pour le lundi de Pâques qui est un jour férié.
Chaque année, Pâques c’est aussi la fête du chocolat sous toutes ses formes : lapin, poussin, poule, coq, poisson, cloche, etc, mais aussi rémouleur…
Philogène Gagne-Petit a donc choisi ce timbre-vignette pour souhaiter à tous ses lecteurs de plus de cent pays (128 exactement) dans le monde entier de joyeuses Pâques 2015.
Le chocolat peut redonner du tonus lorsqu’on a un coup de fatigue, c’est le message que semble transmettre cette vignette en utilisant l’image du rémouleur. Mais attention, le chocolat est à consommer avec modération, sinon, gare à la crise de foie !

Chocolat-Tobler-Remouleur-Paques.jpg – Vignette datant de la moitié du 20ème siècle environ.
– Dimensions 40 x 57 mm. 

La cloche retentit : couteaux, ciseaux à repasser !

27 mars 2015

Après avoir découvert ce dessin réhaussé à l’aquarelle dans un livre sur les cloches, Philogène l’a trouvé en vente sur un site marchand.
Cette œuvre très colorée représente bien le rémouleur parisien de l’entre-deux-guerres. D’abord par la silhouette du banc puis par le costume de l’homme, un tantinet anar…
La scène est vivante : on voit que la cloche, de bonnes dimensions, est en mouvement et donc sonne tandis que l’homme crie à la cantonade que le repasseur est là pour les lames.
L’auteur, Georges Tournon (1895-1961), natif de Gaillac dans le Tarn, de parents artistes peintres, est exposé dans plusieurs villes de France et bien sûr dans le musée de sa ville natale.

Cloche-et-rémouleur.jpg

Rémouleur à Erevan – Arménie – 1962

20 mars 2015

Géographiquement située à l’Est de l’Europe, dotée d’un riche héritage culturel, l’Arménie est une des plus anciennes civilisations au monde. Ce pays, cher au cœur de Charles Aznavour, fut le premier à adopter le christianisme comme religion d’État en 301. République socialiste soviétique, elle prit son indépendance en 1991. Petite, montagneuse et enclavée, l’Arménie bénéficie du support fourni par sa diaspora qui finance de nombreux projets (d’après Wikipedia).

Arménie Erevan Mai 68 Rue Lénine

Ce sont peut-être des français d’origine arménienne qui ont pris cette photo en 1962. Issue d’un album (traces de colle au dos), elle est à bords dentelés comme cela se faisait à l’époque. Et, agréable surprise, ils ont eu la bonne idée d’inscrire au verso : Erevan, mai 62, rue Lénine. Exemplaire !
Le rémouleur utilise un banc caractéristique de la région, semblable à ceux que l’on trouvait en Russie et dans les pays voisins de l’Europe orientale.
Si on y regarde bien, l’homme n’utilise pas de pédales, ce qui lui permet de travailler assis. Et pour cause, les meules sont entraînées par un moteur électrique placé en dessous d’elles. Un câble électrique transporte le courant depuis un boîtier que l’on voit en bas à gauche de la photo ci-dessus. Mais que contient ce boîtier ? Un contacteur relié au réseau électrique ? Où peut-être une batterie… Allez savoir.
Une plaque accrochée au banc, sans doute obligatoire à l’époque, comporte vraisemblablement les détails de l’accréditation du rémouleur l’autorisant à travailler dans la rue.
Merci à celui ou à celle qui a fixé cet instant et qui nous permet, plus de cinquante après, de revivre une scène de Erevan, la capitale de l’Arménie.

Arménie Erevan Mai 68 Rue Lénine detail

Retour sur « La rémouleuse »

13 mars 2015

C’était en 2011, Philogène publiait un article sur un film documentaire de 13 minutes réalisé en 1988 par le cinéaste Alain Cavalier. Dans VIES, une série de 24 court-métrages consacrée aux petits métiers, le réalisateur s’était intéressé à une rémouleuse qu’il connaisait pour l’avoir vue travailler dans son quartier.
Plutôt que de la filmer dans la rue, son espace de travail, il la fit venir aux studios de Boulogne, devant une immense toile peinte ayant servi précédemment dans un autre film. Cela pour des raisons techniques : pas de bruits de la rue, lumière, matériel, etc. Le résultat est assez étonnant : on s’attache à cette femme comme Alain Cavalier lui-même qui aime les petites gens.

La-remouleuse-film-d-Alain-Cavalier
Voila qu’il y a deux jours, la belle fille de la rémouleuse du film pose un commentaire sous cet article d’il y a quatre ans ! Et Philogène apprend que la rémouleuse est décédée en 1989, un an après le tournage du film, elle avait 60 ans. Mais aussi que son fils (le mari de la belle fille…) continue le métier.
Philogène, ému de ces nouvelles, remercie Pauline Pauper, la belle fille, de son commentaire. Ainsi la rémouleuse du film est plus proche de nous.
Regardez absolument ce documentaire de 13 minutes et vous aurez une idée de ce qu’était, il y a moins de trente ans, la vie d’une rémouleuse. C’est aussi l’occasion de mesurer la distance qu’il y a entre cette femme, itinérante, et les rémouleurs d’aujourd’hui, artisans équipés et formés, se déplaçant en fourgon. Autres temps…
– Cliquer sur l’image pour voir le film.
– Pour voir l’article de 2011, c’est
ICI (lien direct).

Rémouleurs d’aujourd’hui : êtes-vous surmenés ?

6 mars 2015

Un peu d’humour aujourd’hui.
Philogène vous propose ce dessin humoristique de Pierre Soymier. Il est imprimé au verso d’une publicité au format A5 datant des années 50 ou 60. Et devinez pour quel produit ?
Tout simplement pour un médicament destiné à combattre le surmenage…
Alors, pourquoi avoir choisi un rémouleur ? Pour l’exemple !
Sans doute parce qu’à l’époque nos repasseurs étaient surchargés de travail et, conscience professionnelle oblige, ils étaient surmenés, soucieux de toujours mieux satisfaire leurs clients.
En quelque sorte un bel hommage à toute la profession.
Si vous avez une autre explication, faites-en part à Philogène dans un commentaire…

Surmenage-Pierre-Soymier

1913 – Pietro Vidi, rémouleur à Baltimore – USA

27 février 2015

C’est une photo de presse du journal The Baltimore Sun. Ce quotiden a dû cesser sa publication papier, à la suite de quoi ses archives photographiques ont été vendues. Philogène a acquis ce cliché en 2011.

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron

La légende de la photo, imprimée sur une bande de papier collée au verso, donne la date de publication de cette archive : 12 février 1991. En fait, elle a été publiée pour évoquer une cérémonie que Nilo Vidi, rémouleur à Baltimore, a organisée pour ses fils David et Paul en l’honneur de leur grand-père Pietro Vidi. C’est donc lui, Pietro l’ancêtre, qui est sur la photo.
Il semble qu’à l’époque, en 1913, il n’était pas encore à son compte. Sur l’agrandissement ci-dessous, on peut lire l’inscription COLLINI BROS. (Bros. : abréviation de brothers en américain), et un peu au dessus AMERICAN & AUSTRIAN GRINDERS. De cette dernière indication, on peut imaginer que les frères Collini étaient d’une famille de migrants autrichiens (Austrian) de la région du Tyrol du sud. Une province qui a été ballotée entre l’Autriche et l’Italie et qui est revenue dans le giron de cette dernière depuis…)
Il est possible que Pietro Vidi ait succédé aux Frères Collini en rachetant l’entreprise qui est ainsi restée dans la diaspora italienne/italophone… Suppositions.
En conclusion : on voit que les américains ont toujours eu le sens des grands moyens puisqu’au début du XXe siècle, ils avaient déjà des ateliers roulants tirés par des chevaux.
Une belle histoire quand-même !

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron deatail

Note : Philogène a publié précédemment sur ce blog un article sur un atelier tiré par un cheval au Québec avec une adaptation pour les grands froids. Un rémouleur italien aussi. Étonnant ! Cliquer ICI.

Nancy : le rémouleur aime l’opéra…

20 février 2015

Il faut avoir de bons yeux comme Philogène Gagne-Petit pour déceler rapidement le rémouleur qui accomplit son travail devant les portes du Théâtre Municipal sur la Place Stanislas de Nancy. Pourtant, il est bien là, l’agrandissement du bas le prouve.

Nancy remouleur devant le Théâtre

D’après les affiches apposées de part et d’autre de l’entrée, on sait que la photo a été prise entre 1900 et 1906(1). Cela grâce à Louise, opéra (roman musical) de Gustave Charpentier. L’œuvre fut achevée en 1893 mais jugée scandaleuse, la première n’eut donc lieu qu’en 1900 à Paris dans le cadre de l’Exposition Universelle et elle fit un triomphe. Depuis, le succès, mondial, ne s’est jamais démenti (source : Wikipedia)
Quant à savoir si notre rémouleur acheta un billet pour «le poulailler», ces places les moins chères donc les moins bonnes, c’est peu probable mais sait-on jamais ? Avait-il suffisamment dans son escarcelle ?
Son banc est de bonne taille, il paraît pourtant assez léger grâce à ses roues à jante fine, y compris la roue d’énergie. Pour le reste, difficile de se prononcer… Il n’est pas seul, son chien est couché sur le trottoir, ce qui signifie que le maître est à l’arrêt. Bien qu’un peu distrait par le photographe, il est en train d’affûter quelque lame, peut-être pour le restaurant du Cercle Militaire ?
Remarquer qu’il est surveillé par un homme en uniforme qui contrôle l’entrée de ce Cercle Militaire situé à gauche, au rez-de-chaussée du bâtiment.

Nancy-remouleur-devant-le-Théatre-detail

(1) – Il semble que ce théâtre soit soit celui dit « de la comédie » qui fut détruit par un incendie en 1906. Il était situé à l’emplacement de l’actuel Musée des Beaux Arts. Le nouveau théâtre, celui d’aujourd’hui, situé de l’autre côté de la Place Stanislas, fut inauguré en 1919.
Mise à jour : en commentaire, un lecteur, Alain Faron, indique que les deux œuvres présentées simultanément (Monte-Christo et Louise) ne le furent qu’une fois, fin février 1906. Merci à lui pour cette précision. Le 2 juillet 2015.

Knife grinder – England – Vers 1920

13 février 2015

Photo acquise récemment au Royaume Uni par Philogène.
C’est bien un rémouleur (knife grinder) anglais. Philogène dit que l’on ne trouve ce type de banc qu’en Angleterre. Il y a plusieurs années, en 2010, il avait présenté un ensemble identique sur ce blog (lien en fin d’article).
C’est un banc de type « quatre pieds » (dénomination Philogène) car l’ensemble repose en effet sur quatre pieds solides.
La roue d’énergie a deux fonctions, d’une part entraîner l’axe des meules par l’intermédiaire d’une courroie, d’autre part supporter le banc en roulant sur le sol lors des déplacements. Cela rejoint en quelque sorte le banc type « chevalet » que l’on rencontre fréquemment en Amérique du sud, à cela près que ce dernier, bien qu’étant le plus souvent métallique, est beaucoup plus léger que celui que l’on voit ci-dessous.

Knife grinder England ca 1920

On retrouve la pédale qui va entretenir la rotation de la roue d’énergie, les meules avec ici un capot de protection, un petit placard de rangement. Noter la décoration : tous les montants et traverses sont enrichis de facettes donnant à l’ensemble une apparence moins massive. Sur la porte du placard sont peints deux motifs tandis que les éléments de la partie supérieure sont coiffés de pommeaux en laiton. Au sommet de la pointe trône, comme une reine, une sonnette !
Il semble que c’était la tradition au Royaume Uni d’avoir un outil, ici un banc de rémouleur, utile et beau.
Bien sûr, il s’agit d’une photo posée mais le photographe connaissait, lui aussi, son métier car la construction est remarquable : le rémouleur s’appuyant sur son banc, la route sans fin qu’il arpente quotidiennement et ce fond légèrement brumeux. Ajoutez à cela de beaux tons de gris comme Philogène les aime. Atmosphère !
Quant à l’homme, il est sérieux… ou triste, c’est selon.
Il reste un objet que l’on n’a pas évoqué : cette boîte métallique percée de trous. Quel lecteur pourra expliquer à Philogène à quoi elle pouvait servir ?
– Pour voir un banc semblable dans un article ancien de ce blog, cliquer sur l’image.

Hiver 1953-1954 : rémouleur à Briançon

6 février 2015

Philogène Gagne-Petit est domicilié en Lorraine. Et sur cette belle région française qui fera bientôt le lien entre la Champagne-Ardenne et l’Alsace, il fait froid actuellement. À tel point que chez Philogène il y a encore de la neige en abondance.  Ajoutez à cela un petit vent bien présent qui vous fait encore baisser la température ressentie de quelques degrés… Grrrrr ! Et comme Philogène a tendance à voir des rémouleurs partout, la neige environnante lui a fait se souvenir qu’il avait acquis il y a quelques années deux belles cartes postales.

Briançon Hiver 53 54 remouleur

C’est le même rémouleur à deux endroits différents de cette agréable ville des Alpes : Briançon. Les photos sont l’œuvre de Maurice Bonnel, un photographe averti.
Ci-dessus, notre repasseur, assis bien droit, est pris à contre-jour, ce qui fait ressortir sa silhouette et rend transparente la roue d’énergie.
Ci-dessous, le photographe joue avec les ombres, c’est ainsi que l’on voit quatre roues ! L’homme affiche la couleur et le nom de son métier. On peut remarquer qu’il travaille avec plusieurs meules, qu’il utilise deux pédales et qu’il a adapté les poignées des bras de transport à ses mains, sans doute.
Merci à Maurice Bonnel pour ces belles photos, il aime les rémouleurs, c’est évident.

Rém à Briançon 1953

– Photos © Maurice Bonnel.
– Chaque carte a été tirée à 2000 exemplaires.

Rémouleur – Scharensliep – Pays-Bas – Vers 1910

30 janvier 2015

C’est la première fois que Philogène Gagne-Petit voit une photo aussi précise d’un banc-coffre. Intéressant !
Le coffre dissimule un châssis robuste qui donne sa rigidité à l’ensemble monté sur un axe pour les roues de mobilité. Celles-ci ne sont d’ailleurs pas d’un très grand diamètre.
La roue d’énergie, de grande dimension, est déportée à l’extrémité d’un axe situé à l’avant du coffre. L’axe tourne dans deux paliers placés au bout de deux bras de forte section, bien arrimés sur le dessus du coffre, ils se prolongent peut-être à l’intérieur. De plus, ces bras sont retenus chacun par une tige fixée par une embase, toujours sur le coffre. Tout cela n’est pas un luxe vu le diamètre de la roue d’énergie : une fois lancée, au regard de son poids, elle doit avoir une grande inertie. Elle entraîne une courroie qui va donner à l’axe des meules, monté de l’autre côté du coffre, une grande vitesse.

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On remarque que la pédale est très longue, elle est raccordée à l’excentrique par une chaîne. Bref, l’ensemble paraît robuste, solide mais doit être lourd donc difficile à déplacer avec des bras de type brouette.
Quant à l’homme, il est bien habillé, en complet veston même. Cravate et chapeau melon complètent le look. Enfin, certain(e)s admireront la moustache !
Mais cette tenue s’explique si l’on en croit le site sur lequel cette photo est affichée. C. Heinze, c’est sont nom, était, comme son père avant lui, rémouleur pour la famille royale au palais de Soestdijk aux Pays-Bas. Chez ces gens-là Monsieur (comme le chantait Léo Ferré) : tenue de repassage exigée !
– Photo © Spaarnestad photo.
– Cliquer sur la photo pour la voir en grand format et même la télécharger.

Inde – Début du XXe siècle

23 janvier 2015

Une carte postale venue d’Inde, qui nous ramène un siècle en arrière. L’outillage est réduit mais il faut être deux pour exécuter le travail. À l’époque, comme encore de nos jours dans certains pays, la main d’œuvre ne coûtait pas très cher… En plus, ici, les enfants étaient mis à contribution, comme cela existe encore aujourd’hui ! Quelle distance entre Rosetta et les conditions de vie sur terre !

Inde Debut du XXe siecle

Les rémouleurs de Paris à l’honneur sur un site américain

17 janvier 2015

Le site américain Roads and Kingdoms (Routes et Royaumes) a publié récemment un beau document intitulé Back to the grindstone (Retour des rémouleurs) consacré aux rémouleurs parisiens d’aujourd’hui. On y rencontre notamment plusieurs rémouleurs que Philogène Gagne-Petit a présentés sur ce blog : Marius et Titi rémouleur entre autres.
Belles photos, interviews, tout cela signé Judith Chetrit, journaliste parisienne que l’on peut entendre chaque fin d’après-midi sur France-Info.
Et surprise, Philogène a droit à son paragraphe, il en est tout ému !
Un bel hommage, une approche vivante et sympathique de nos repasseurs contemporains dans la capitale.
C’est en anglais mais les non-anglophones peuvent faire appel à Google ou autre pour la traduction…

Titi rémouleur Site américain
— Photo © Judith Chetrit – Roads and Kingdoms.

— Pour visiter le site, cliquer sur la photo.

Bonne année 2015 aux rémouleurs du monde !

31 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit adresse ses meilleurs vœux et souhaite une bonne année aux rémouleurs du monde entier ainsi qu’à tous ceux qui les aiment… dont vous, lectrices et lecteurs assidus ou occasionnels.

Bonne annee remouleur 2015

Au monde entier, oui, car ce blog a déjà été lu dans près de 130 pays. Étonnant !
Philogène vous offre à cette occasion ce rémouleur d’amour qui, autrefois, se déplaçait de ville en ville… C’est une marionnette à fils datant du XIXe siècle.
À découvrir en grand format sur le Portail des Arts de la Marionnette en cliquant ICI.
– Photo © PAM.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur – 3/3

24 décembre 2014

Suite et fin des mésaventures du Père Rondibard, repasseur de son métier…

Voila le repasseur Monté 3

Rappel : cette BD est extraite du journal FILLETTE, N° 291, paru le dimanche 29 mars 1931.
Pour voir les précédents épisodes : le 1er et le 2ème (liens directs, cliquer). 

Villeneuve-lez-Avignon – Les arcades

19 décembre 2014

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2

Clin d’œil à un article publié le 18 octobre.
En consultant récemment ses collections, Philogène Gagne-Petit s’est rendu compte que le rémouleur de la carte postale d’aujourd’hui est le même que celui de la carte publiée le 18 octobre dernier. L’article était intitulé : le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon.
Cette fois, notre homme ne porte pas beaucoup d’attention à son travail comme l’écrivait Bernard Lepoutre dans un commentaire. Non, il regarde tout simplement le photographe, les deux clichés ayant probablement été pris à peu d’intervalle car le vétitable sujet de ces deux cartes est les arcades.
Incontestablement, la présence du repasseur rend vivantes ces arcades qui auraient semblées bien tristes sans lui.

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2 détail

– Pour revoir l’article du 18 octobre, cliquer ICI.
– La fin du feuilleton sera publiée le 24 décembre.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur 2/3

12 décembre 2014

Voila-le-repasseur-Monté-2

Pour rompre la monotonie, Philogène publiera un nouvel article dans quelques jours, avant le troisième volet de Voilà le repasseur.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur – 1/3

6 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit vous propose avant les fêtes un feuilleton en bande dessinée comprenant trois parties. Humour garanti ! Enfin…
Cette BD est extraite du journal Fillette N° 291 paru le dimanche 29 mars 1931.

Voila le repasseur Monté 1

– Suite dans une semaine avec le deuxième épisode…

Hervé Guillerme, rémouleur à Genève

28 novembre 2014

Pour le 300e article de ce blog, Philogène Gagne-Petit fait honneur à la Suisse qui a remporté la Coupe Davis il y a quelques jours !
Hervé Guillerme n’y est probablement pour rien mais, bon, il est genevois.
C’est par un commentaire laissé par lui sur ce blog au mois d’octobre que Philogène l’a découvert.
Après un apprentissage dans la coiffure, un tour d’Europe à bicyclette et divers petits boulots, en 2010 Hervé s’installe comme artisan et crée La Meule d’Or – Atelier d’aiguisage. Il faut remarquer qu’il ne se revendique pas rémouleur mais aiguiseur. Dans un récent article de presse qui le présente, il se distingue de tous ces pseudo-rémouleurs ambulants qui vous détériorent les lames plus qu’ils ne les aiguisent. Et encore un peu plus loin dans l’article : les dommages irréparables qu’un camelot peut causer à vos lames…
Hervé Guillerme n’a pas tort, non, mais on a l’impression en lisant cette coupure de presse que tous les ambulants sont des incompétents en aiguisage. C’est faire offense à tous ceux, morts ou vivants, que l’on a présentés depuis plusieurs années sur ce blog et aux autres, compétents, bien sûr… Philogène ne lui en veut pas pour autant mais ses déclarations sont quelque peu ambigües. Enfin, la légende de la photo ci-dessous, qui illustre l’article, le présente comme rémouleur genevois… Juste retour des choses ?

Photo Presse H Guillerme

Son site La Meule d’Or, de création récente, est très bien présenté. Rien d’étonnant à ce que Hervé Guillerme ait une clientèle importante : grands chefs de la région genevoise, imprimeurs, papetiers, jardiniers, ferblantiers, coiffeurs, etc. Preuves de sa renommée, de grandes enseignes lui ont confié leur produits à vendre : Schwarz (matériel de cuisine) ainsi que les couteaux Victorinox. Sérieuses références !
Sans rancune aucune, Philogène lui souhaite une longue et belle carrière.

— Pour lire l’article en entier, cliquer sur la photo.
— Pour visiter le site La Meule d’Or, c’est ICI.
— Photo © JC Genoud-Prachex.

Akrigisto au Népal

21 novembre 2014

Ce jour, Philogène emprunte une superbe photo de 2012 qu’il vient de découvrir sur un blog bilingue : Esperanto-Français. D’où le titre de cet article, le terme akrigisto étant la traduction de rémouleur en Esperanto.

Népal Rémouleur

Selon la légende de la photo, ce rémouleur affûte un couteau népalais. Ce qui est intéressant, c’est la conception de son banc pour lequel on distingue deux parties :
1 — la mécanique, essentiellement métallique,
2 — le bâti et le siège, en bois.
— La mécanique utilise le principe de la bicyclette : pédalier, chaîne, roue dentée. La roue d’énergie est au plus simple : une croix en fer plat qui maintient le cercle de la poulie. La courroie est fine, elle fait tourner l’axe de la meule monté, comme l’axe de la grande roue, sur roulements à billes. Et la meule est d’un assez bon diamètre.
— Le siège est en bois avec deux montants, un devant, un autre derrière, reliés par un croisillon. L’assise doit être simple, probablement plate. La mécanique est fixée sur le montant avant.
Ce qui est étonnant sur ce banc, c’est l’association de deux parties, l’une technique (on n’ose pas dire sophistiquée), l’autre très rustique.
À priori l’ensemble est assez facilement transportable.
Merci à Luc Gouverneur l’auteur de cette belle photo pour laquelle, outre son aspect documentaire, nous n’oublions pas son caractère social. Elle reflète aussi, comme  souvent, la solitude du rémouleur et cela dans tous les pays du monde.
– Photo © Luc Gouverneur.
– Il faut voir la photo en grand format sur son blog, c’est ICI.

Li r’sinmeu – Wallonie – 1913

15 novembre 2014

Cette carte postale fut envoyée en 1913 de Liège vers Saint-Nicolas-Waes, une commune située entre Anvers et Gand, en Flandre. La légende est imprimée en deux langues, français et langue wallonne, ce qui donne : le rémouleur, li r’sinmeu.

Li r simeu Wallonie

Sur un banc de rémouleur, la roue d’énergie, ou grande roue, est située à différents endroits. Dans le sud de la France, voire aux Pays-Bas par exemple, elle se trouve en avant du banc. Sur un banc de type chevalet, simple, économique, elle apparaît en dessous de la meule, souvent d’un grand diamètre.
Sur le banc de type brouette de ce rémouleur, elle est installée en dessous mais d’un diamètre moins important que sur un chevalet. Son axe est donc assez bas, en conséquence la tige qui relie la pédale à l’excentrique est très courte.
L’ensemble devait être assez lourd et au regard des bras de transport, très bas, le rémouleur devait être vigilant pour maintenir l’équilibre lors des déplacements, notamment sur les pavés.
Remarquer que grâce à la hauteur de la meule l’homme a une position de travail assez droite, comparativement à d’autres bancs sur lesquels le rémouleur est presque plié en deux.

Rémouleur au marché de Duclair

1 novembre 2014

Suite à l’article précédent, un lecteur assidu de Philogène Gagne-Petit vient de lui envoyer ce document datant du début du XXe siècle (vers 1910).
C’est une carte postale assez connue sur les sites de vente en ligne. Elle vaut même assez cher.
Commune de Normandie, en Seine Maritime, située entre Le Havre et Rouen, peuplée d’un peu plus de 4.000 âmes, Duclair vous invite à la rêverie… comme le propose son site.

Marché de Duclair rémouleur

Cette image complète avec intérêt l’article précédent. On voit bien la séparation de la roue d’énergie et de la partie meule. Ici il n’y a qu’un seul bâti sur lequel sont fixés, à chaque extrémité, ces deux éléments. Ce qui n’est pas toujours le cas : sur certains bancs, le bâti de la roue d’énergie est indépendant de la partie meule. Auquel cas il est bien calé au sol afin de ne pas se déplacer.
Enfin, à Duclair, le rémouleur tourne le dos à son tourneur, il travaille donc face aux clients.
– Merci à Pastek pour l’envoi de ce document.
Mise à jour : dans un commentaire sur cet article, Bernard Lepoutre se demande si la courroie de transmission roue d’énergie-meule n’est pas détournée de son axe. C’est vrai que les photos ne sont pas très claires mais Philogène pense que, compte tenu de la finesse et de la longueur de la courroie de transmission, il était neécessaire d’inclure un doigt de tension en métal ou en bois dur de diamètre 12 à 16mm par exemple (ou même une petite poulie). Outre sa fonction principale, ce doigt, en modifiant la direction de la courroie, permettait de dégager le coude du rémouleur (comme sur l’image ci-dessus). Quoi qu’il en soit, sur les trois documents présentés on constate que la courroie est toujours bien tendue.
Mise à jour 2 : dans un second commentaire, bpc explique qu’il y a une petite poulie en bois sous le bord du siége pour contourner celui-ci, qui se trouve sur le passage de la courroie.
– Merci à Bernard Lepoutre et à bpc pour leurs commentaires réguliers et constructifs.

Les Bzz ! Bzz ! Bzz Creusois

27 octobre 2014

Les bzz bzz bzz creusois

Philogène Gagne-Petit n’a encore jamais évoqué ces bancs de rémouleurs étonnants et pourtant plusieurs documents, quelques cartes postales entre autres, nous les présentent le plus souvent sur des foires.
La grande roue, ou roue d’énergie, est séparée de la meule par une assez grande distance. En fait le banc est composé de deux parties distinctes : l’ensemble meule(s) sur lequel travaille le rémouleur et, éloignée, la roue d’énergie. Cela signifie qu’il faut obligatoirement deux personnes pour faire fonctionner le tout.
Si l’on observe ces documents, on peut supposer que le rémouleur employait parfois un gars du coin pour tourner la manivelle qui actionnait la roue d’énergie. Vu le diamètre de celle-ci, l’axe de la meule devait tourner à grande vitesse. La transmission était assurée par une courroie à section circulaire genre cordelette.
Le plus souvent, le rémouleur tournait le dos au tourneur. Or, sur la carte ci-dessus, cas assez rare, il lui fait face…
D’après les cartes postales, il semble que ces bancs particuliers se rencontraient plutôt dans l’ouest de la France : Bretagne, Normandie. Cependant, les repasseurs de l’ouest se déplaçaient sans doute vers l’Est, c’est le cas ci-dessus.
Ils allaient même quelquefois à l’extrême Est du pays puisque Philogène possède une carte postale de Belfort sur laquelle on voit un banc identique.
Remarquer que la légende de la carte ci-dessous (Bretagne) indique coutelier ambulant. Le verso est imprimé en breton. Elle a été expédiée dans les années 20.

Foire bretonne

Le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon

18 octobre 2014

La commune de Villeneuve-lez-Avignon se situe en face de la ville d’Avignon, sur l’autre rive du Rhône. Il suffit donc de passer le pont pour découvrir des monuments chargés d’histoire, notamment la célèbre Chartreuse, aujourd’hui lieu de création autour des Écritures du Spectacle.
C’est devant les arcades d’un bâtiment ancien que se trouve ce repasseur de la première moitié du XXe siècle, immortalisé par une photo sur carte postale.

Villeneuve les Avignon Remouleur

La roue d’énergie, ou grande roue, est impressionnante par son diamètre. Cela signifie qu’en tournant assez vite, elle donne à la meule (d’assez bon diamètre) une grande vitesse : important pour obtenir un travail de qualité. Les roues de déplacement sont, elles aussi, conséquentes. Là, le rémouleur les a laissées aller dans le caniveau pour caler le banc qui doit être lourd. C’est un banc caractéristique du sud de la France.
On perçoit la rotation de la roue d’énergie dont les rayons sont flous à cause de la vitesse. Le rémouleur semble un peu écrasé par les bâtiments qui l’entourent dont, en face, un établissement religieux semble-t-il.
Cela ne l’empêche pas d’avoir une belle attitude et on aurait presque envie de s’approcher de lui pour voir son travail…

Le rémouleur de William Henry Vernon

13 octobre 2014

On a peu d’éléments concernant le peintre anglais William Henry Vernon (1820-1909) malgré la profusion d’informations disponible sur Internet.
Quelques reproductions de ses œuvres nous montrent essentiellement des paysages bucoliques et quelques figures de son temps.
Soyons-lui reconaîssant d’avoir peint à un moment de sa carrière un rémouleur, anglais bien entendu.

William Henry Vernon The scis grinder 1856

Cette œuvre de dimensions 55cm x 65cm a été peinte en 1856, le peintre avait alors 36 ans. Malgré un côté très théâtral, la représentation du banc de rémoulage en bois semble fidèle. On suppose que le déplacement se faisait après basculement de l’ensemble. La présence de la cloche nous enseigne que ce rémouleur était itinérant. Enfin, côté social, comme souvent, un enfant est là ainsi qu’un chien. On peut se demander, vu le costume, si cet enfant est un curieux du quartier ou bien si c’est l’aide, voire le fils du rémouleur qui est lui-même assez bien vêtu ! Mystère.
Le site d’un marchand d’art évalue ce tableau entre 15.000 et 20.000 USD soit entre 12.000 et 16.000 € environ. Au fil des siècles, les rémouleurs ont pris du galon…
Il s’agit tout-de-même d’une belle œuvre picturale qui les honore. Merci à William Henry Vernon.

Titi rémouleur : un pro en Île de France

3 octobre 2014

Titi remouleur un espace de travail amc3a9nagc3a9 en fonction de vos besoins affc3bbtage aile pro fil qui a du tranchant guisage de tous vos objets tranchants copie

Pour Philogène Gagne-Petit, c’est toujours une bonne nouvelle d’apprendre l’existence d’un rémouleur professionnel en France comme à l’étranger.
Titi rémouleur, installé en Île de France, fait référence à la tradition : nom et logo (image ci-dessous) mais cela cache une réalité. En effet, il suffit d’aller sur son site pour découvrir la richesse de ses équipements :  d’une part un fourgon agrémenté de ses coordonnées avec, bien sûr, son superbe logo en grand format, d’autre part les machines modernes installées dans son atelier. Celles-ci permettent, à coup sûr, un travail de précision dont ont besoin, entre autres, les professionnels.
Et cela fait doucement rire Philogène lorsqu’il lit, le plus souvent dans la presse régionale, en titre d’article : un des derniers rémouleurs de France, ou bien : métier en voie de disparition, ou encore : métier qui se fait rare, etc. Non, le métier de rémouleur n’est pas près de disparaître. Au contraire, il est toujours là et même de plus en plus nécessaire (écologie), de plus en plus vivace. À l’heure de la mondialisation, en France et en Europe, des hommes et des femmes maintenant bien formés, réhabilitent ce noble métier en s’adaptant aux critères de la vie moderne.
Titi rémouleur et les autres en sont un vivant exemple.

Titi remouleur Logo

– Superbe logo dont le style renvoie à la tradition et slogan accrocheur !
– Pour visiter le site de Titi rémouleur, cliquer ICI  (Lien direct).

Le rémouleur amoureux – 2

29 septembre 2014

Philogène Gagne-Petit a attendu en vain des propositions de suite pour l’article paru le 5 septembre Le rémouleur amoureux – 1.
Aucun envoi jusqu’à ce jour, d’où la publication du deuxième dessin de Benjamin Rabier. Bien vu l’artiste !
Moralité : quand on est amoureux(se), on ne voit pas le temps passer…

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De biens beaux bancs !

12 septembre 2014

Aujourd’hui, Philogène Gagne-Petit cède sa plume à Bernard LEPOUTRE, Directeur de l’Organisme de formation FCTV Affûtage.

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Bonjour Philogène

J’ai rencontré à la fête du couteau de Nontron un homme de Fouguerolle (33), m’affirmant avoir deux bancs d’affûtage chez lui. J’ai pris ses coordonnées, désirant aller les voir. Dernièrement j’ai fait les 480 km aller et retour ! Je n’ai pas été déçu du voyage.
Le banc en meilleur état, le plus travaillé, est celui de son oncle, Raphaël Calmette, aujourd’hui décédé, qui tenait une coutellerie à Montpon-Ménestérol en Dordogne.
Cette coutellerie s’est transmise de père en fils depuis 1883. On y réparait tous les outils tranchants : couteaux, ciseaux, rasoirs, tondeuses, greffoirs, sécateurs, tondeuses à gazon, emporte-pièces, scies, etc…
Les meules étaient en bois, garnies de cuir, sur lequel ils enduisaient une pâte d’affûtage. Les bancs, malgré leur poids, se déplaçaient relativement facilement.
J’ai vécu un excellent moment avec cet homme, par ailleurs excellent musicien Manouche, qui sait raconter et mettre en valeur les métiers anciens. Il fut très content de savoir que nous réalisons des formations pour ce métier qu’il aime : le rémouleur.
Très respectueusement,
Bernard Lepoutre

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– Photos © Bernard LEPOUTRE 2014.
– Visiter le site de FCTV Affûteurs (Lien direct).

Le rémouleur amoureux – 1

5 septembre 2014

Philogène Gagne-Petit aime assez bien l’humour. Il vous propose cette semaine un premier dessin, humoristique donc, dont il vous laisse examiner le contenu.
Dans deux semaines, il publiera un deuxième dessin avec les mêmes personnages mais avec des modifications…
La question est : qu’est-ce que le deuxième dessin aura de différent du premier ? Ou bien, comment cette scène d’amour naissant va-t-elle évoluer matériellement ?
La réponse détaillée est à envoyer par mail à l’adresse figurant tout en bas de la colonne de droite.
Une belle gravure de rémouleur, sur beau papier au format A4, sera envoyée gracieusement aux trois premières bonnes réponses ! (En France seulement).
Chers lectrices et lecteurs, remuez vos méninges…

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Les dessins, celui-ci et le prochain, sont de Benjamin Rabier (1864-1939), célèbre illustrateur et auteur de bande dessinée français. On lui doit entre autres le dessin de La vache qui rit. Consulter Wikipedia.

L’enfant « arrotino » de Naples (2)

30 août 2014

Philogène Gagne-Petit avait publié il y a quelques années cette carte postale en noir et blanc. La revoici aujourd’hui mais cette fois en couleurs. Le texte est presque le même que celui publié le 6 avril 2010. La carte postale ci-dessous a été expédiée en 1918.
C’était au début du XXe siècle. Le travail des enfants était peu ou pas encore réglementé. Déjà, bien avant la révolution industrielle, les familles modestes des zones rurales (campagne, montagne) devaient, pour survivre, mettre au travail leurs jeunes enfants. Il en fut ainsi des petits ramoneurs, enfants loués ou vendus par milliers à de redoutables patrons, véritables exploiteurs pour la plupart. Si l’image des petits ramoneurs est répandue, celle des petits rémouleurs l’est moins. En voici néanmoins un témoignage : un jeune garçon de la région de Naples.

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Dans son livre AU PAYS DES ÉMOULEURS, Henri Amblès note qu’en Lorraine les enfants partaient en campagne vers l’âge de 11-12 ans, accompagnant qui un père, qui un oncle, qui un patron… On les appelait alors des mousses. Peut-on imaginer aujourd’hui les conditions dans lesquelles ces enfants vivaient sur le trimard, faisant des centaines de kilomètres à pied, dormant souvent à la belle étoile, pendant des mois loin de leur famille ?
Cette photo italienne est un témoignage poignant, quasiment unique. Elle fut utilisée en 1994 (en noir et blanc) comme image choc de l’affiche de l’exposition La petite histoire du rémouleur présentée par le Musée de la Coutellerie de Thiers.
Pour visiter le site du Musée de la Coutellerie de Thiers : sur la colonne de droite, aller à la rubrique Philogène aime ces sites.
Note :
en 2002,
 un rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) donne une estimation pour l’année 2000 de 211 millions d’enfants travailleurs dans le Monde, ayant entre 5 et 14 ans (Source : Wikipedia).

Royaume Uni – Knife grinder – Minimaliste !

22 août 2014

Il n’est pas nécessaire d’avoir un énorme banc avec plusieurs meules et tout le reste… Ce rémouleur anglais nous en fournit la preuve : il suffit d’un petit touret à meuler et d’une bicyclette. Cette belle photo de Bill Douglas date du début des années 70.
Responsable de la Cotswold Community, Monsieur John Whitwell l’a publiée sur son site. Il se souvient de cet homme, dont il a oublié le nom, qui venait chaque année à la Cotswold Community. Il pense qu’il n’est plus venu vers la fin des années 70. John Whitwell aime beaucoup cette photo, si quelqu’un pouvait lui donner des renseignements sur cet homme, rémouleur (Qu’est-il devenu ? Est-il encore vivant ? etc), il serait très heureux.
– Visiter le site de John Whitwell et voir la photo, encore plus belle en grand format, en cliquant ICI.

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La belle assiette de Creil-Montereau

15 août 2014

À la belle saison… enfin, au printemps, en été et à l’automne, les brocantes et les vide-greniers fleurissent dans nos communes françaises. En fouinant un peu, on trouve assez souvent des objets faisant référence aux rémouleurs.
C’est ainsi que Philogène Gagne-Petit vient de débusquer une belle assiette. Pas n’importe laquelle : un pur produit de la faïencerie Creil-Montereau ! Philogène a dû négocier ferme car le prix était conséquent mais quand on aime…
Fondée peu après la Révolution, la Manufacture de Faïence Fine de Creil emploie 900 ouvriers en 1840. Cette année-la, le groupe Creil et Montereau est fondé par le rapprochement avec la Manufacture de Montereau. C’est la naissance des Faïenceries Creil et Montereau qui connaîtra une période d’expansion et de succès pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Recentrée par la suite sur Montereau la société mettra fin à ses activités en 1955. Dans chaque commune, Creil et Montereau, en Ile de France, un musée rappelle la production artistique de chacune des manufactures (d’après Wikipedia).

Assiette faience de Creil-Montereau

Comparé à d’autres graphismes sur assiette, le dessin est fin et précis, caractéristiques des Faïenceries de Creil-Montereau. À la limite, on peut reprocher le côté chargé du contour de l’assiette, cela est une question de goût. Par contre, le dessin de la scène du rémouleur est remarquable. La légende tient en trois mots : À repasser couteaux.
– Au dessous de l’assiette, inscription Lebeuf-Milliet Creil-Montereau.
– Diamètre de l’assiette : 21cm.
– Elle fut produite avant 1955, année de la fermeture définitive de la manufacture.

Rémouleur en Bolivie – 2011

8 août 2014

Clin d’œil de Philogène Gagne-Petit aux voyageurs actuellement en Bolivie…
Belle photo de rue, légèrement redressée par Philogène, parue sur le site Les Bouchet en voyage.
Photo de rue, photo de vie : tandis qu’à l’arrière plan deux jeunes hommes arrivent en marchant, le rémouleur, personnage central, est près de son banc. Il est au premier plan avec deux autres personnages dont un duquel on ne voit que le bras. Personnage important néanmoins puisque c’est le client. Ce triangle formé de trois personnes rend la scène vivante : le rémouleur, un couteau dans la main, discute avec le client qui, on l’imagine, répond au rémouleur. Enfin, légèrement en retrait, un jeune garçon regarde le rémouleur.
Les façades des maisons sont colorées comme fréquemment en Bolivie et les vêtements des personnages sont en harmonie avec les murs…

Remouleur en Bolivie

Le banc de rémoulage est très simple, rien d’inutile sur cet ensemble de type chevalet. Il doit cependant être lourd car tout en acier. La roue d’énergie est utilisée pour les déplacements après que la courroie ait été débrayée. La meule est de petit diamètre pour deux raisons : d’une part elle est moins lourde et d’autre part elle est moins onéreuse à l’achat. Le déplacement se fait en basculant l’ensemble de 90° de façon à ce que la grande roue soit en contact avec le sol.
– Le site Les Bouchet en voyage (lien direct). Nombreuses photos.
– Merci à eux pour cette belle photo que nous leur empruntons.

 

Rémouleur viennois en 1873

1 août 2014

Philogène Gagne-Petit a découvert un site autrichien d’une grande richesse documentaire. On y trouve de nombreuses illustrations sur la vie à Vienne et, bien entendu, la photo d’un rémouleur de 1873.
Le banc, très robuste, est caractéristique de l’Europe Centrale : Autriche bien sûr, Allemagne Orientale, Hongrie, voire Italie du Nord. Il semble que cette photo soit un peu posée mais, qu’à cela ne tienne, le tableau est très vivant !
– Photo de Otto Schmidt, Éditeur A.E. Czihak, Wiener Typen, 1873.
– Aller sur le site, la photo est en très grand format, cliquer ICI.

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Le rémouleur en motif décoratif

25 juillet 2014

Dans le cadre d’un déplacement sur des lieux touristiques en montagne, Philogène Gagne-Petit a découvert cette bande de tissu décoratif destinée à masquer le chant d’une étagère ou bien orner le haut d’une vitre de placard de cuisine. Tout cela dans une cuisine de style rustique et non pas dans une pièce high-tech’ bien entendu. La bande mesure environ 10cm de hauteur, longueur ad libitum… Prix au mètre linéaire très abordable.

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Le rémouleur de Bordeaux

20 juillet 2014

Bordeaux est l’une des grandes villes de France. Surnommée « la belle endormie », elle a retrouvé depuis quelques années une dynamique saluée unanimement. Cela en grande partie grâce au réseau du tramway mis en place depuis 2003 et sans cesse amélioré. Bien sûr, Bordeaux est aussi la capitale d’une région vinicole mondialement connue.
Il ne fallait pas être endormi ni trop adepte du vin local (ou d’ailleurs…) lorsqu’on était rémouleur au début du XXe siècle à Bordeaux. C’est l’idée que semble nous transmettre cette photo imprimée sur une carte postale expédiée en 1912.

Remouleur-knfe grinder-scherenschliefer-arrotino-amolador-afilador-messer Schleifer-

Le banc de rémoulage paraît assez robuste et lourd. Le rémouleur est un gaillard assez trapu. Il ne fallait pas être un gringalet pour travailler avec cette machine dans les rues de la ville !
Outre les roues de type charrette, la roue d’énergie est d’un bon diamètre avec une jante de taille. Il semble qu’il y ait plusieurs meules sur le même axe, protégées par un imposant carter. Un tube est fixé sur le côté : ça pourrait être un étui pour protéger les parapluies à réparer, voire un logement pour une toile que l’homme montait en cas de soleil ou de mauvais temps. Beaucoup de suppositions…
Cette belle carte postale est un document précieux pour l’histoire des rémouleurs en France.

 

Rémouleur au pays du Champagne

10 juillet 2014

Epernay-Remouleur-1913

Arrivés ce soir à Reims, les coureurs du Tour de France 2014 partiront demain de Épernay, capitale du Champagne. Sur la carte postale ci-dessus on perçoit déjà l’agitation dans le centre de la ville, rue de l’Hôpital Auban-Moët. Dans quelques heures, la rue sera dégagée et les coureurs pourront s’élancer vers Nancy. À priori, le rémouleur qui se trouve à droite ne devrait pas gêner la course. Avec ses amis, il a réservé sa place, si par hasard il y avait une pièce de vélo à affûter en urgence…
Bon, vous l’avez sans doute repéré sur le tampon de la Poste (qui fait foi), la scène se passe il y a 101 ans, en 1913. Tous ces gens ne se doutent certainement pas de ce qui les attend l’année suivante et jusqu’en 1918 !
D’ailleurs, les coureurs passeront, ce vendredi 11 juillet 2014, près des champs de bataille pour un hommage aux millions d’hommes qui se sont perdus dans cet immense carnage.
Comme quoi les rémouleurs sont toujours liés à l’actualité.
Chers lecteurs et lectrices, veuillez excuser Philogène Gagne-Petit s’il délire de temps à autre…

Epernay-Remouleur-1913-detail

Knives and scissors to grind

4 juillet 2014

 « Couteaux et ciseaux à repasser », c’est la légende de cette carte postale anglaise du début du XXe siècle. Et pourquoi un rémouleur anglais ? Et bien parce que le 101ème Tour de France prendra demain le départ de la ville anglaise de Leeds mais surtout, l’étape du lendemain, le dimanche 6 juillet 2014, s’achèvera à Sheffield, autrefois ville phare de la coutellerie au Royaume Uni et même dans le monde.
Dès le XVIe siècle, Sheffield était connue pour ses couteaux et à partir de 1600 Sheffield est devenue le centre de la production coutelière de l’Angleterre, créant une croissance sans précédent, la construction d’usines et la création de banlieues de riches industriels mais aussi de quartiers ouvriers en terrasses (d’après Wikipedia).

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Le knife grinder semble en train de limer à l’arrière de son métier. À l’abri, ce qui n’est pas un luxe dans la mauvaise saison, l’homme s’assied pour affûter : on voit le minuscule banc, les brancards, les deux pédales ainsi que la meule de bon diamètre. Ce qui est étonnant, c’est que l’on ne distingue pas de roue d’énergie (ou grande roue), pas de réserve d’eau non plus. Cela est peut-être masqué par des accessoires dont les formes ne sont pas très distinctes.
Quant aux couteliers de Sheffield, Philogène Gagne-Petit nous promet qu’il évoquera bientôt la grande époque et les conditions de travail qui en découlaient…

Mexico : afilador au siècle précédent

27 juin 2014

Philogène Gagne-Petit n’est jamais allé au Mexique mais l’une de ses filles lui a rapporté il y a quelques années une brochure intéressante rassemblant des photos des petits métiers que l’on rencontrait au XXe siècle dans les rues de la capitale : Mexico. Comme en Europe, beaucoup de métiers étaient présents, des traditionnels aux plus insolites : vendeurs de crécelles, évangélistes, porteurs (sur le dos) d’énormes balles de paille, marchands d’oiseaux (canaris), musiciens de toutes sortes dont joueurs d’orgue de barbarie, etc.
Et bien entendu, les couteaux en inox n’existant pas encore, les rémouleurs avaient du travail. La photo ci-dessous en témoigne.

Afilador Mexico Espejos del siglo XX

Le banc de cet afilador semble lourd, il paraît donc exclu qu’il le porte sur le dos. En conséquence on peut penser qu’il le bascule de 90° vers l’avant afin d’utiliser la roue d’énergie comme roue de déplacement. Un procédé de mobilité souvent utilisé en Amérique latine (Cf nos deux récents articles). La photo n’est pas suffisamment détaillée pour que l’on puisse distinguer ses outils et ses accessoires. D’après les véhicules en circulation, on peut situer la scène dans les années 60 comme l’indique ie catalogue placé à la fin du livre. La photo est légendée : le rémouleur vient de siffler, allusion sans doute à la flûte de pan utiliée couramment par les rémouleurs en Amérique latine.

Références du livre : Ciudad de México – Espejos del sigle XX – José Joaquin Blanco – Ediciones ERA, 2004.

L’afilador de Buenos Aires

20 juin 2014

Philogène Gagne-Petit aime l’Amérique du Sud en ce moment… D’ailleurs, il y est allé il y a 25 ans de cela et à défaut de rémouleur il rencontra dans les rues de Buenos Aires des musiciens qui faisaient la manche… Des musiciens assez âgés, joueurs de tangos, obligés de s’installer sur le macadam, faute de travail…
S’il y avait souvent du public autour de ces musiciens en 1989, ce n’était pas le cas pour ce rémouleur des années vingt dans une rue de la capitale.
Son banc est assez classique, de type chevalet. La grande roue sert aussi de roue de déplacement lorsque l’homme bascule l’ensemble de 90° vers l’avant. En position de travail, comme sur la photo, l’axe de la meule est entraîné par une poulie concentrique à la roue d’énergie. On voit assez bien la courroie de transmission. La meule est d’un bon diamètre. La réserve d’eau est là. Et le rémouleur sourit au photographe. Salut l’ami !

Rémouleur en Argentine
– Détail d’une carte postale (tarjeta postal) éditée à Buenos Aires

La solitude du rémouleur, de René Leverd

16 juin 2014

Son père fut son premier maître, par la suite il en eut d’autres dont Jobbé Du Val, ce dernier connu entre autres pour un dessin de rémouleur. Robert Leverd (1872-1938) exposa ses œuvres dès 19 ans. Nanti d’une solide formation artistique, il exerça néanmoins les métiers les plus variés, dont reporter, avant de s’installer dans le sud de la France. Il se spécialisa alors dans l’aquarelle, domaine dans lequel il excella, produisant des milliers de croquis au fusain, au crayon et à la plume.

René Leverd Rémouleur

Ce dessin au crayon (dont on voit encore les traces) réhaussé à l’aquarelle d’un rémouleur est un beau cadeau que René Leverd nous a laissé. On est en ville, témoin le fût du lampadaire ainsi que la grisaille environnante, et pourtant on ne voit rien autour… Est-ce pour exprimer la solitude du rémouleur ? Légèrement penché sur son métier, vêtu d’une redingote et d’une casquette sombres, emmitoufflé, l’homme est concentré sur son ouvrage. L’outil de travail est simple, porté sur le dos lors des déplacements, les sangles l’attestent.
En résumé, une œuvre forte, un bel hommage aux rémouleurs, les hommes que nous honorons depuis longtemps ici.

– Collection particulière.
– Voir un autre article de ce blog sur la solitude du rémouleur ICI .


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