Posts Tagged ‘Paris’

Paris vécu — Un gagne-petit

27 novembre 2015

En ce jour d’hommage officiel aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis commis le vendredi 13 novembre 2015, Philogène Gagne-Petit tient à manifester sa solidarité aux familles, proches et amis des victimes de la barbarie. C’est avec beaucoup d’émotion que tous les français, mais aussi des hommes et femmes du monde entier, ont suivi ces événements.

Paris Vécu Un gagne petit

Philogène a choisi cette photo d’un gagne-petit parisien du début du XXe siècle. Elle figure sur une carte postale de l’époque avec un titre repris pour cet article.
L’expression assez sombre, voire triste, de cet homme encore jeune semble nous dire : « Battez-vous pour votre liberté, n’ayez pas peur, vous triompherez un jour de la barbarie comme vous l’avez déjà fait dans d’autres circonstances et soyez solidaires !  »

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Marius, le rémouleur du Tout-Paris !

31 janvier 2014

C’est en consultant le blog de Shelly Parisienne « Paris, Maman et Moi » que Philogène Gagne-Petit a découvert, il y a quelques jours, l’existence dans la capitale d’un rémouleur contemporain particulièrement branché, portant le doux prénom de Marius. Deux syllabes qui flairent plutôt l’air de la Canebière que celui des Grands Boulevards…
Installé dans son vieux taxi anglais reluisant, il sillonne les rues de la capitale et des communes alentour, le look de sa moderne charrette attire les regards, on ne peut pas le manquer !
Ajoutez à cela un site Internet bien présenté et complet avec photos et vidéos, Marius a tout d’un homme d’affaires. Outre des particuliers, il a parmi ses clients de grands chefs et de grands restaurants, presque le Tout-Paris quoi.
Marius, l’Affûteur ambulant de Paris, vaut le détour ! C’est un bel exemple d’adaptation d’un métier ancien au monde d’aujourd’hui.

Marius remouleur a Paris

Photo : Shelly Parisienne, publiée avec son aimable autorisation. Merci à elle.
– Le blog de Shelly Parisienne « Paris, Maman et Moi » (lien direct).

Le site de Marius (lien direct).

Gangne et Petit

26 juin 2012

Ce dernier dimanche, Philogène Gagne-Petit arpentait les salles du Musée Carnavalet à Paris. Son attention fut attirée par des bandeaux en bois accrochés au mur et sur lesquels sont représentés, à la queue leu leu, les petits métiers de Paris au Moyen-Âge. Et là, agréable surprise : un rémouleur ! Les photos étant autorisées, sans flash ni pied toutefois, Philogène mémorise aussitôt le sujet avec son compact numérique.

Remouleur Musee Carnavalet

Le banc semble lourd et rustique, simple aussi. Le peintre a dû le représenter de mémoire. On peut se demander ce qu’est cette roue, ou poulie, qui semble toucher la roue de déplacement ? L’attitude générale est bonne. Remarquons le chapeau avec un volant à trois branches, il fait penser au rémouleur de David Téniers II (lien direct).
Enfin, comme le titre de cet article la reprend, l’inscription sous le dessin est GANGNE ET PETIT. C’est peut-être là l’origine du mot composé Gagne-Petit.
– Chaque bandeau mesure environ 40cm de hauteur et 3m de long.
– Site du Musée Carnavalet, Histoire de Paris : www.carnavalet.paris.fr

Rémouleur Musée Carnavalet inscription

L’enseigne

5 avril 2011

Le visuel est important aujourd’hui, certes, mais il l’était peut-être davantage autrefois dans une société sans électricité donc sans lumières ni enseignes lumineuses…
L’artisan qui avait pignon sur rue devait signaler son échoppe au passant avec une enseigne. Comme beaucoup de gens du peuple étaient illettrés, l’enseigne devait être signifiante autrement que par du texte. Les auteurs des enseignes étaient souvent des artisans-artistes qui rivalisaient d’invention. C’est ainsi que les rues des villes étaient pavoisées de petits trésors, suspendus en hauteur perpendiculairement aux façades, dont notre patrimoine conserve encore quelques exemplaires.

Enseigne Paris XVIe siècle

Nous possédons peu de précisions sur cette enseigne parisienne d’un rémouleur sinon qu’elle date du XVIe siècle. Elle est reproduite sur une carte postale ancienne et aucune indication n’est donnée quant à sa taille, sa matière, son poids, son auteur…
Contentons-nous de l’admirer dans ses agréables proportions et dans la représentation assez réaliste du rémouleur dont le banc est de type brouette. Enfin, ce rémouleur n’est pas seul, à défaut de chien un volatile est perché dans l’arbre juste au dessus de la tête de l’homme…
– Pour voir d’autres enseignes sur ce blog, cliquer ICI.

La déconvenue du père Brisquet

23 janvier 2011

LA VIE POPULAIRE, bi-hebdomadaire parisien (jeudi et dimanche), publie dans son édition du 26 décembre 1886, divers articles dont deux signés par des célébrités : l’un par Hector Malot et l’autre par Jean Richepin.
Ce qui nous intéresse davantage dans cette livraison, c’est le récit qui a pour titre LE RÉMOULEUR narré par Léon Brésil : un fait divers dans lequel est impliqué un rémouleur normand, le père Brisquet. Étant quasiment réduit au chômage dans sa Normandie natale, il décide, sur les conseils d’un vagabond, d’aller tenter sa chance à Paris. Au prix d’une longue marche, il arrive dans la capitale…
Ce qui est intéressant dans cet article assez bien écrit, c’est que l’on perçoit les difficultés d’un monde rural en transformation à la fin du XIXe siècle. La révolution industrielle bat son plein. Malgré le développement des moyens de transport, notre rémouleur doit quand-même gagner Paris en marchant pendant une semaine, métier au dos. La capitale, ça sera la fortune, pense-t-il. Effectivement, mais il ne soupçonne pas les pièges de la grande ville et le sang qui va maculer sa meule…

Couverture-La-vie-populaire-450px.jpg
Remarquez que ce récit fait la UNE de la publication avec une belle gravure comme en comportaient les journaux de l’époque. La scène est assez bien vue. Transporté à dos, le banc du rémouleur ne peut être que simple. Juste une observation : à quoi peut servir cette roue située sur le côté du bâti ? La mémoire fait parfois défaut aux illustrateurs dans la représentation des rémouleurs…
Quelques mots sous la gravure : – Aiguise mon couteau. (voir page 387).
Impératif ! Est-ce une menace ?
Vous avez peut-être envie de connaître la suite et la fin du récit ?
Si oui, cliquez sur l’image pour ouvrir le journal à la page 387 et connaître la raison de la déconvenue du père Brisquet, rémouleur normand.

AU GAGNE PETIT – Journées du patrimoine 2010

18 septembre 2010

AU GAGNE PETIT : c’était un grand magasin de Paris, sis au 23, Avenue de l’Opéra, un magasin populaire situé néanmoins dans un beau quartier. La concurrence étant sévère entre les grandes enseignes, il ne résista pas et dut fermer voici bien longtemps. Un Monoprix occupe aujourd’hui les locaux…
La grande porte a disparu mais il reste encore l’architecture monumentale qui surmontait cette entrée. Une chance que cet ensemble ait été protégé aux monuments historiques le 22 mars 1983. C’est cette partie qui nous intéresse car le nom AU GAGNE PETIT est resté gravé mais aussi et surtout le logo de l’enseigne : un bas relief inspiré de la peinture de David Téniers le jeune : LE RÉMOULEUR, conservée au Musée du Louvre. Inspiré, oui, car le bas relief reprend l’essentiel de l’œuvre de Téniers, le rémouleur et son banc caractéristique, mais en lui appliquant une symétrie horizontale. L’arrière plan est lui totalement recomposé.
Cet ensemble est remarquable et nous rappelle l’aspect grandiose de ces grands magasins de nos villes, autrefois. Rien à voir avec les façades uniformes d’aujourd’hui.
Lié au Commerce, c’est un pan de notre patrimoine qui survit Avenue de l’Opéra.

Magasin-AU-GAGNE-PETIT-Paris.jpg

Photos : Tangopaso, empruntées à Wikimedia Commons.
– Cliquer ICI pour découvrir une vue d’ensemble.
– Voir une ancienne chromo publicitaire du magasin AU GAGNE-PETIT (lien direct) publiée sur ce blog.
– Belle reproduction du tableau de Téniers sur le site INSECULA (lien direct)
– On voit très bien l’état actuel en utilisant Google Street View.

Le quartier latin à couteaux tirés

18 novembre 2009

Nous empruntons titre, texte et photo au blog Le latin de Paris (lien direct) qui a publié ce billet en mars 2009. C’est un texte vivant, chaleureux, illustré d’une belle photo. Et c’est aujourd’hui en plein centre de Paris! Lisez plutôt.

Ding Dong. La cloche de Roger retentit. Sortez vos couteaux! Préparez vos lames! Non, ce n’est pas la guerre civile au Quartier Latin. Juste la tournée de Roger Henri, rémouleur à Paris, depuis quarante ans. Avant lui son père et sa mère battaient aussi le pavé parisien. Rémouleur… un métier qu’on aurait presque oublié. Pourtant c’est lui qui aiguisa longtemps les ustensiles de cuisine de nos grand-mères.

remouleur-a-paris

Ni Roger ni ses parents n’ont connu le temps où le maître rémouleur devait aussi affûter les poignards et les épées des gentilshommes, sur une petite meule ambulante qu’il tournait avec ses pieds. Mais dans leur carriole, le même équipement: deux tours en pierre, de quoi affûter les lames de tous les restaurateurs à des kilomètres à la ronde.

(more…)

Journées du Patrimoine 2009

18 septembre 2009

C’était une enseigne originale du vieux Paris pour un magasin de confection AU GAGNE PETIT, peut-être la plus ancienne enseigne de pierre de Paris. Datant de la première moitié du XVIIIe siècle, elle se trouvait à l’angle de la rue des Nonnains-d’Hyères et de la rue de l’Hôtel de Ville dans le 4e arrondissement. Mais le quartier fut restructuré et la rue disparut ! D’aucuns exprimèrent leur mécontentement :
Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là… […] qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l’inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d’Hyères, laquelle ne s’opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIe siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l’enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l’immeuble sis au N° 5…
… Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d’origine, montrait un rémouleur dans son costume d’époque : tricorne noir, redingote rouge et bas blancs…

Nonnains-JJ-Dufour

Pendant la destruction l’enseigne fût démontée. Elle est actuellement au Musée Carnavalet, musée historique de la Ville de Paris. Grâce aux techniques modernes d’investigation, analyses stratigraphiques et chimiques, on a décelé qu’elle fut peinte et repeinte plusieurs fois.
Lors de la reconstruction du quartier, une copie assez différente, non peinte, a été installée à l’angle des rues de Jouy et de Fourcy. Sans être très ancienne, elle rappelle néanmoins un bel objet du Patrimoine.
– Illustration : eau-forte de Jean-Jules Dufour in LES ENSEIGNES DE PARIS.
– Voir l’enseigne dans son site d’origine : CPA © Roger-Viollet
– Pour voir l’enseigne actuelle (photo © Henri Amblès), cliquer ICI.

Paris, 1938

10 septembre 2009

Amoureux de Paris, découvrez une sélection de 25000 photos de la capitale. A consulter et à partager.
C’est l’accroche pour le site PARIS EN IMAGES et c’est là que l’on peut trouver quelques photos de rémouleurs ayant exercé dans la capitale entre 1900 et 1941.
Celle-ci est datée 1938-1939, sans précision du nom de l’auteur, un anonyme peut-être.
Avec ses beaux gris (comme nous les aimons… cf notre article La solitude du rémouleur) cette photo traduit l’atmosphère d’une époque, d’une période hélas pré-apocalyptique. Et il y a du mouvement dans ce document avec le petit peuple qui va et vient, les voitures, le chien…
Le métier de ce repasseur est particulièrement léger et malgré une fragilité apparente il paraît tout-de-même solide. À bien y regarder, on peut penser à une auto-fabrication : roues de bicyclette, montants et traverses de faible section… Cette charrette est néanmoins fonctionnelle malgré sa simplicité et notre rémouleur est protégé des intempéries. Sa position de travail semble correcte. Il dispose en outre d’une caisse d’un bon volume pour ranger quelques outils, chiffons, accessoires. Par contre, les couteaux des clients sont posés sur le trottoir…
Photo © LAPI / Roger Viollet

Rém-Paris 1938-1939

Le rémouleur par Atget

15 janvier 2009

remouleur-atget

« On se souviendra de lui comme d’un historien de l’urbanisme, d’un véritable romantique, d’un amoureux de Paris, d’un Balzac de la chambre noire, dont l’œuvre nous permet de tisser une vaste tapisserie de la civilisation française. »
Ce sont les premières lignes d’un ouvrage consacré à Eugène Atget que les Éditions Taschen ont publié en 2008 à l’occasion de leur vingt-cinquième anniversaire. Un livre grand format, rempli de photos et vendu moins de dix euros !
Cette photo figure, seule, à la page 41 dans le chapitre consacré aux petits métiers. Il est vrai que ce cliché est banalisé par Internet et souvent mal reproduit. Mais imprimé sur le beau papier du livre on y retrouve ses qualités notamment les dégradés de gris que nous avons déja évoqués par ailleurs (Cf La solitude du rémouleur). L’attitude du rémouleur nous renvoie à la photo du Docteur Mayer. L’œuvre d’Atget est parfaitement exposée, bénéficiant d’une belle lumière et la présence de ce probable client qui regarde l’appareil (et de l’homme plus loin derrière) donne une vie intense à cette photo (environ 1898-1899).
Paris-Eugène Atget (1857-1927), relié, de A. Krase sous la direction de H-C. Adam – Édition trilingue (Français-Anglais-Allemand) – Taschen 2008.