Archive for the ‘Histoire’ Category

Paso el afilador

11 décembre 2015

À l’approche des fêtes de fin d’année, sans oublier les évènements terribles de janvier et novembre 2015, autorisons nous un peu d’humour.
« Le rémouleur est passé » (Paso el afilador), c’est une histoire très courte en bande dessinée à la Une d’une revue enfantine espagnole : TBO, N° 543, à 4 pesetas. Elle pourrait dater des années 50, une supposition seulement…
Ce qui nous intéresse ici, bien entendu, c’est le thème de cette BD. En quatre images et seulement une bulle, l’auteur rend hommage aux rémouleurs : toujours obsédés par des lames bien propres et reluisantes !
Ce qui est drôle aussi c’est que le banc du rémouleur est représenté comme un jouet d’enfant. Sans doute pour que ceux-ci ne soient pas désorientés par une représentation trop sophistiquée. Et tout cela en présence du chien !
Bref, une histoire courte traitée avec beaucoup d’humour.

Paso el afilador

Paris vécu — Un gagne-petit

27 novembre 2015

En ce jour d’hommage officiel aux victimes des attentats de Paris et Saint-Denis commis le vendredi 13 novembre 2015, Philogène Gagne-Petit tient à manifester sa solidarité aux familles, proches et amis des victimes de la barbarie. C’est avec beaucoup d’émotion que tous les français, mais aussi des hommes et femmes du monde entier, ont suivi ces événements.

Paris Vécu Un gagne petit

Philogène a choisi cette photo d’un gagne-petit parisien du début du XXe siècle. Elle figure sur une carte postale de l’époque avec un titre repris pour cet article.
L’expression assez sombre, voire triste, de cet homme encore jeune semble nous dire : « Battez-vous pour votre liberté, n’ayez pas peur, vous triompherez un jour de la barbarie comme vous l’avez déjà fait dans d’autres circonstances et soyez solidaires !  »

Prix Nobel de la Paix 2015 et petits rémouleurs…

22 octobre 2015

Allez savoir pourquoi, en apprenant récemment l’attribution du Prix Nobel de la Paix 2015 à la Tunisie, Philogène a pensé aussitôt à cette carte postale éditée il y a un siècle et représentant des « petits aiguiseurs » à Médenine, une ville de Tunisie ?
Chacun ses références, répondrez-vous avec raison.
Dans la collection de Philogène il y a quatre cartes de rémouleurs de Tunisie. Sur trois d’entre elles, ce sont des enfants qui sont au travail. Sur toutes les cartes, c’est le même type de métier qui est utilisé : un banc rustique, ultra simple, incliné en appui contre un mur, commandé par un pied du rémouleur.

Tunisie Medenine

Il semble que ce type de banc était très répandu dans tout le Maghreb pendant la première moitié du XXe siècle et sans doute bien avant.
Une jambe entraînant la rotation de la meule, le rémouleur était dans une position peu confortable pour aiguiser. Il devait déployer une grande énergie, la meule étant généralement de grand diamètre, donc lourde.
Comment ne pas s’étonner en voyant cet enfant fragile, un pied sur la pédale, aiguiser une modeste lame sur une meule énorme ?
Mais c’était ainsi, autrefois en Europe et il n’y a pas si longtemps en Afrique : les enfants représentaient une main d’œuvre non négligeable.
Ci-dessous, c’est le même type de banc qu’utilise un rémouleur adulte dans une rue du Vieux Tunis dans les années trente.
Ah ! Si tous ces gens avaient su qu’un jour de 2015, grâce à quatre personnalités formant le « Quartet » pour sauvegarder la démocratie, leur pays se verrait décerner le Nobel de la Paix…

Tunis Vieux quartier

Le chien, compagnon de travail du rémouleur

3 août 2015

Le chien, animal domestique par excellence, fut largement exploité dans le passé comme bête de somme, cela jusqu’au début du XXe siècle. Les exemples sont nombreux, confirmés par des gravures ou photos, entre autres : marchande de lait, vendeuse du Caïffa (un célèbre café), marchand de mercerie et… rémouleur.

Remouleur-Charette-à-chien

Cette carte postale est connue sur le web, un original pouvant atteindre plusieurs centaines d’Euros sur un site d’enchères. Notez que Philogène n’en possède qu’un duplicata…
Rien de particulier à signaler sur le banc de ce rémouleur sinon qu’il paraît assez léger, caractéristique favorable à l’animal qui le tracte. Enfin, remarquons que le chien doit être dételé, voire couché, pour que le banc soit horizontal et que l’homme puisse prendre place sur le siège pour travailler.
– La légende de la carte indique : Environs de Villedieu. Percy – Un rémouleur du pays.
– Percy est une commune voisine de Villedieu-les-Poëles dans la Manche.

Rémouleur en Haute-Savoie

18 juillet 2015

Philogène traîne actuellement ses guêtres en Haute-Savoie. Passant récemment par La Chapelle d’Abondance, il était invité à déjeuner dans un hôtel-restaurant de qualité : Les Cornettes… Après le café, visite de cet établissement familial de plusieurs générations qui abrite un musée relatant la saga de la famille Trincaz. Au hasard, sur une belle fresque représentant les petits métiers d’autrefois, Philogène aperçoit un rémouleur !

Rémouleur-JL-Danel

Cette fresque a été peinte il y a quelques années par un artiste local bien connu, Jean-Luc Danel. On trouve ses œuvres : enseignes, affiches, posters, etc, un peu partout dans la région. On peut aussi le rencontrer dans son magasin-atelier à La Ville du Nant, hameau de La Chapelle d’Abondance, et emporter de chez lui un souvenir de ses nombreuses œuvres : peinture sur bois, objet peint ou simple carte postale…
– La fresque des petits métiers d’autrefois, de hauteur 50cm environ, mesure approximativement cinq mètres de long.

Scherenschleifer – Allemagne – Années 20 ou 30

19 juin 2015

Philogène a acquis récemment en Allemagne cette photo amateur au format 6 x 9 à bords dentelés. Photo amateur en noir et blanc et de bonne qualité, même si les roues sont un peu coupées, comme savaient les prendre les appareils dits Box à cause de leur forme parallélépidédique de couleur sombre qui les faisaient ressembler à une boîte. Tous les grands fabricants d’appareils photographiques d’avant la deuxième guerre mondiale, Zeiss Ikon, Kodak, Lumière, Agfa, etc, en produisirent en quantité.

Scherenschleifer-Allemagne-Annee-20-30

En regardant la photo de près, on se rend compte que le banc de ce rémouleur a été fabriqué avec des éléments de récupération : roues de vélo dont il manque parfois des rayons, protections latérales, montants et traverses du châssis, etc. Ces aspects pourraient permettre de dater la période : niveau de vie faible voire pauvreté, restrictions, chômage d’où l’obligation de se tourner vers des petits boulots. Cela pourrait donc renvoyer aux années 20 et 30 en Allemagne mais aussi, pourquoi pas, aux années d’après guerre en Europe Centrale.
Malgré les difficultés de l’époque, le travail était sans doute bien fait. Les meules ont l’air de tourner rond comme la roue d’énergie. Néanmoins, on peut se demander comment le rémouleur déplaçait son banc : en le poussant certes mais de quel côté ? Si la petite roue était orientable sur un axe vertical, alors pas de problème, elle était en avant. Mais par ailleurs, à quoi pouvait servir cette grande poignée métallique (de poussette, de landau) à gauche du banc ?
Philogène Gagne-Petit est impatient de lire vos idées sur la question !

Le rémouleur d’Antonio de Puga – Espagne – 1640

12 juin 2015

Cette superbe peinture nous ramène près de 400 ans en arrière… Oeuvre de Antonio de Puga en 1640 (certains la situent en 1635), elle est classée parmi les œuvres de l’École Espagnole avec les peintures de Diego Velazquez, entre autres génies.
Il est né en 1602 à Ourense en Galice, fils d’un tailleur du même nom et de Ynes Rodriguez. Il a aimé peindre des scènes avec de petites gens comme ce rémouleur. Et comme par hasard, il est né dans une ville réputée depuis toujours pour la fabrication d’excellents couteaux. Il a donné à sa province natale ses lettres de noblesse en peinture et ses œuvres sont exposées dans de grands musées du monde entier.
Celle-ci, El afilador, est présentée au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg en Russie.

Puga afilador

Dans ce tableau, Puga ne s’intéresse pas à l’environnement. Il privilégie le repasseur et son banc qui occupe l’essentiel de l’espace. Les clients sont quelque peu relégués dans la moitié gauche de l’œuvre.
Le banc est très rustique : type brouette avec roue pleine, plusieurs éléments sont assemblés avec des cordes. Le réservoir à eau, un tonnelet, est de bonne taille. Les supports de la meule sont rudimentaires.
Le rémouleur affûte un poignard, l’homme en noir lui tend une pièce, preuve pour le spectateur que le rémouleur est bien un gagne-petit..
On ne sait pas si le soldat a quelque objet à faire affûter, peut-être que le poignard est à lui…
Un peu coincée à l’extrême gauche du tableau, une jeune femme attend son tour avec, semble-t-il, un hachoir dans la main. Elle regarde le spectateur et semble dire, en posant l’autre main sur son ventre rond, qu’elle attend un enfant, cinquième personnage de cette composition.
Cette belle œuvre a toujours fasciné Philogène !
– Le tableau, huile sur toile, mesure 118 x 158 cm.
– Voir l’œuvre en grand format en cliquant sur l’image.
– Dans la cathédrale de Ourense, sa ville natale, une plaque honore l’artiste. (lien direct).

Étameur mais aussi rémouleur

30 mai 2015

Peu après la seconde guerre mondiale (1939-1945), comme autrefois, on pouvait encore rencontrer des itinérants qui exerçaient plusieurs métiers. Par exemple, certains rémouleurs, outre leur spécialité, l’affûtage, réparaient les parapluies, d’autres ramassaient les peaux de lapin, ils furent nombreux aussi à vendre des couteaux, des ciseaux… C’était bien sûr un avantage de pouvoir cumuler ainsi plusieurs savoir-faire. Les recettes, le plus souvent modestes, augmentaient sensiblement grâce à ce cumul.

Étameur rémouleur

En voici un bel exemple, une gravure découpée dans le MAGASIN PITTORESQUE, un magazine du XIXe siècle. Cette illustration de 1871 est issue d’une page qui relate le passage d’un étameur dans un village.
C’est Pierre, l’enfant de la famille qui annonce à sa mère, aubergiste, l’arrivée du petit métier. On perçoit la volonté pédagogique de l’article. Voici quelques lignes du début :
– Tiens, fit la ménagère, c’est le père Bontemps. Vous arrivez bien à propos : mes casseroles sont noires, mes couteaux ne coupent plus ; Julien a défoncé sa grêle, et la mère Joli a des cuillères à fondre.
Et plus loin :
– Après avoir repassé couteaux et ciseaux, l’étameur fit rougir les casseroles, les passa dans l’acide pour les nettoyer puis, les ayant chauffées de nouveau, il les posa dans l’étamure et les arrosa en tous sens avec le métal en fusion. À l’aide d’une poignée d’étoupe, il fit disparaître les boursouflures ; puis il les jeta dans l’eau froide pour empêcher l’étamure de couler. Pierre ne le quittait pas d’une semelle, il le regardait couler l’étain dans le moule de cuivre, le refroidir avec un linge mouillé, l’ouvrir tout fumant, en retirer la cuillère, couper les bavures et tout ça moyennant 60 centimes de façon par douzaine.
Et ainsi de suite, l’homme, raccomodeur de faïence, répare ensuite quelques assiettes brisées.
L’article se termine ainsi :
– Vois petit, comme il a fallu en trouver des choses pour réparer tout ça.
– Vous dites vrai, répondit le garçon : si on n’avait pas inventé la poêle, je ne mangerais peut-être pas de ces bonnes omelettes que j’aime tant.
Il est précisé dans l’article que l’étameur se déplace dans une carriole tirée par un âne.
L’étameur, dessin de Sellier d’après Mme Destriché in LE MAGASIN PITTORESQUE, 1871.

Joyeuses Pâques avec le rémouleur du chocolat…

3 avril 2015

Croyant ou pas, dans notre civilisation occidentale, Pâques se présente comme une fête traditionnelle. Croyant ou pas, chaque travailleur bénéficie d’une journée de congé pour le lundi de Pâques qui est un jour férié.
Chaque année, Pâques c’est aussi la fête du chocolat sous toutes ses formes : lapin, poussin, poule, coq, poisson, cloche, etc, mais aussi rémouleur…
Philogène Gagne-Petit a donc choisi ce timbre-vignette pour souhaiter à tous ses lecteurs de plus de cent pays (128 exactement) dans le monde entier de joyeuses Pâques 2015.
Le chocolat peut redonner du tonus lorsqu’on a un coup de fatigue, c’est le message que semble transmettre cette vignette en utilisant l’image du rémouleur. Mais attention, le chocolat est à consommer avec modération, sinon, gare à la crise de foie !

Chocolat-Tobler-Remouleur-Paques.jpg – Vignette datant de la moitié du 20ème siècle environ.
– Dimensions 40 x 57 mm. 

La cloche retentit : couteaux, ciseaux à repasser !

27 mars 2015

Après avoir découvert ce dessin réhaussé à l’aquarelle dans un livre sur les cloches, Philogène l’a trouvé en vente sur un site marchand.
Cette œuvre très colorée représente bien le rémouleur parisien de l’entre-deux-guerres. D’abord par la silhouette du banc puis par le costume de l’homme, un tantinet anar…
La scène est vivante : on voit que la cloche, de bonnes dimensions, est en mouvement et donc sonne tandis que l’homme crie à la cantonade que le repasseur est là pour les lames.
L’auteur, Georges Tournon (1895-1961), natif de Gaillac dans le Tarn, de parents artistes peintres, est exposé dans plusieurs villes de France et bien sûr dans le musée de sa ville natale.

Cloche-et-rémouleur.jpg

Rémouleur à Erevan – Arménie – 1962

20 mars 2015

Géographiquement située à l’Est de l’Europe, dotée d’un riche héritage culturel, l’Arménie est une des plus anciennes civilisations au monde. Ce pays, cher au cœur de Charles Aznavour, fut le premier à adopter le christianisme comme religion d’État en 301. République socialiste soviétique, elle prit son indépendance en 1991. Petite, montagneuse et enclavée, l’Arménie bénéficie du support fourni par sa diaspora qui finance de nombreux projets (d’après Wikipedia).

Arménie Erevan Mai 68 Rue Lénine

Ce sont peut-être des français d’origine arménienne qui ont pris cette photo en 1962. Issue d’un album (traces de colle au dos), elle est à bords dentelés comme cela se faisait à l’époque. Et, agréable surprise, ils ont eu la bonne idée d’inscrire au verso : Erevan, mai 62, rue Lénine. Exemplaire !
Le rémouleur utilise un banc caractéristique de la région, semblable à ceux que l’on trouvait en Russie et dans les pays voisins de l’Europe orientale.
Si on y regarde bien, l’homme n’utilise pas de pédales, ce qui lui permet de travailler assis. Et pour cause, les meules sont entraînées par un moteur électrique placé en dessous d’elles. Un câble électrique transporte le courant depuis un boîtier que l’on voit en bas à gauche de la photo ci-dessus. Mais que contient ce boîtier ? Un contacteur relié au réseau électrique ? Où peut-être une batterie… Allez savoir.
Une plaque accrochée au banc, sans doute obligatoire à l’époque, comporte vraisemblablement les détails de l’accréditation du rémouleur l’autorisant à travailler dans la rue.
Merci à celui ou à celle qui a fixé cet instant et qui nous permet, plus de cinquante après, de revivre une scène de Erevan, la capitale de l’Arménie.

Arménie Erevan Mai 68 Rue Lénine detail

Retour sur « La rémouleuse »

13 mars 2015

C’était en 2011, Philogène publiait un article sur un film documentaire de 13 minutes réalisé en 1988 par le cinéaste Alain Cavalier. Dans VIES, une série de 24 court-métrages consacrée aux petits métiers, le réalisateur s’était intéressé à une rémouleuse qu’il connaisait pour l’avoir vue travailler dans son quartier.
Plutôt que de la filmer dans la rue, son espace de travail, il la fit venir aux studios de Boulogne, devant une immense toile peinte ayant servi précédemment dans un autre film. Cela pour des raisons techniques : pas de bruits de la rue, lumière, matériel, etc. Le résultat est assez étonnant : on s’attache à cette femme comme Alain Cavalier lui-même qui aime les petites gens.

La-remouleuse-film-d-Alain-Cavalier
Voila qu’il y a deux jours, la belle fille de la rémouleuse du film pose un commentaire sous cet article d’il y a quatre ans ! Et Philogène apprend que la rémouleuse est décédée en 1989, un an après le tournage du film, elle avait 60 ans. Mais aussi que son fils (le mari de la belle fille…) continue le métier.
Philogène, ému de ces nouvelles, remercie Pauline Pauper, la belle fille, de son commentaire. Ainsi la rémouleuse du film est plus proche de nous.
Regardez absolument ce documentaire de 13 minutes et vous aurez une idée de ce qu’était, il y a moins de trente ans, la vie d’une rémouleuse. C’est aussi l’occasion de mesurer la distance qu’il y a entre cette femme, itinérante, et les rémouleurs d’aujourd’hui, artisans équipés et formés, se déplaçant en fourgon. Autres temps…
– Cliquer sur l’image pour voir le film.
– Pour voir l’article de 2011, c’est
ICI (lien direct).

1913 – Pietro Vidi, rémouleur à Baltimore – USA

27 février 2015

C’est une photo de presse du journal The Baltimore Sun. Ce quotiden a dû cesser sa publication papier, à la suite de quoi ses archives photographiques ont été vendues. Philogène a acquis ce cliché en 2011.

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron

La légende de la photo, imprimée sur une bande de papier collée au verso, donne la date de publication de cette archive : 12 février 1991. En fait, elle a été publiée pour évoquer une cérémonie que Nilo Vidi, rémouleur à Baltimore, a organisée pour ses fils David et Paul en l’honneur de leur grand-père Pietro Vidi. C’est donc lui, Pietro l’ancêtre, qui est sur la photo.
Il semble qu’à l’époque, en 1913, il n’était pas encore à son compte. Sur l’agrandissement ci-dessous, on peut lire l’inscription COLLINI BROS. (Bros. : abréviation de brothers en américain), et un peu au dessus AMERICAN & AUSTRIAN GRINDERS. De cette dernière indication, on peut imaginer que les frères Collini étaient d’une famille de migrants autrichiens (Austrian) de la région du Tyrol du sud. Une province qui a été ballotée entre l’Autriche et l’Italie et qui est revenue dans le giron de cette dernière depuis…)
Il est possible que Pietro Vidi ait succédé aux Frères Collini en rachetant l’entreprise qui est ainsi restée dans la diaspora italienne/italophone… Suppositions.
En conclusion : on voit que les américains ont toujours eu le sens des grands moyens puisqu’au début du XXe siècle, ils avaient déjà des ateliers roulants tirés par des chevaux.
Une belle histoire quand-même !

Pietro Vidi knife grinder vers 1913 Hamilron deatail

Note : Philogène a publié précédemment sur ce blog un article sur un atelier tiré par un cheval au Québec avec une adaptation pour les grands froids. Un rémouleur italien aussi. Étonnant ! Cliquer ICI.

Nancy : le rémouleur aime l’opéra…

20 février 2015

Il faut avoir de bons yeux comme Philogène Gagne-Petit pour déceler rapidement le rémouleur qui accomplit son travail devant les portes du Théâtre Municipal sur la Place Stanislas de Nancy. Pourtant, il est bien là, l’agrandissement du bas le prouve.

Nancy remouleur devant le Théâtre

D’après les affiches apposées de part et d’autre de l’entrée, on sait que la photo a été prise entre 1900 et 1906(1). Cela grâce à Louise, opéra (roman musical) de Gustave Charpentier. L’œuvre fut achevée en 1893 mais jugée scandaleuse, la première n’eut donc lieu qu’en 1900 à Paris dans le cadre de l’Exposition Universelle et elle fit un triomphe. Depuis, le succès, mondial, ne s’est jamais démenti (source : Wikipedia)
Quant à savoir si notre rémouleur acheta un billet pour «le poulailler», ces places les moins chères donc les moins bonnes, c’est peu probable mais sait-on jamais ? Avait-il suffisamment dans son escarcelle ?
Son banc est de bonne taille, il paraît pourtant assez léger grâce à ses roues à jante fine, y compris la roue d’énergie. Pour le reste, difficile de se prononcer… Il n’est pas seul, son chien est couché sur le trottoir, ce qui signifie que le maître est à l’arrêt. Bien qu’un peu distrait par le photographe, il est en train d’affûter quelque lame, peut-être pour le restaurant du Cercle Militaire ?
Remarquer qu’il est surveillé par un homme en uniforme qui contrôle l’entrée de ce Cercle Militaire situé à gauche, au rez-de-chaussée du bâtiment.

Nancy-remouleur-devant-le-Théatre-detail

(1) – Il semble que ce théâtre soit soit celui dit « de la comédie » qui fut détruit par un incendie en 1906. Il était situé à l’emplacement de l’actuel Musée des Beaux Arts. Le nouveau théâtre, celui d’aujourd’hui, situé de l’autre côté de la Place Stanislas, fut inauguré en 1919.
Mise à jour : en commentaire, un lecteur, Alain Faron, indique que les deux œuvres présentées simultanément (Monte-Christo et Louise) ne le furent qu’une fois, fin février 1906. Merci à lui pour cette précision. Le 2 juillet 2015.

Knife grinder – England – Vers 1920

13 février 2015

Photo acquise récemment au Royaume Uni par Philogène.
C’est bien un rémouleur (knife grinder) anglais. Philogène dit que l’on ne trouve ce type de banc qu’en Angleterre. Il y a plusieurs années, en 2010, il avait présenté un ensemble identique sur ce blog (lien en fin d’article).
C’est un banc de type « quatre pieds » (dénomination Philogène) car l’ensemble repose en effet sur quatre pieds solides.
La roue d’énergie a deux fonctions, d’une part entraîner l’axe des meules par l’intermédiaire d’une courroie, d’autre part supporter le banc en roulant sur le sol lors des déplacements. Cela rejoint en quelque sorte le banc type « chevalet » que l’on rencontre fréquemment en Amérique du sud, à cela près que ce dernier, bien qu’étant le plus souvent métallique, est beaucoup plus léger que celui que l’on voit ci-dessous.

Knife grinder England ca 1920

On retrouve la pédale qui va entretenir la rotation de la roue d’énergie, les meules avec ici un capot de protection, un petit placard de rangement. Noter la décoration : tous les montants et traverses sont enrichis de facettes donnant à l’ensemble une apparence moins massive. Sur la porte du placard sont peints deux motifs tandis que les éléments de la partie supérieure sont coiffés de pommeaux en laiton. Au sommet de la pointe trône, comme une reine, une sonnette !
Il semble que c’était la tradition au Royaume Uni d’avoir un outil, ici un banc de rémouleur, utile et beau.
Bien sûr, il s’agit d’une photo posée mais le photographe connaissait, lui aussi, son métier car la construction est remarquable : le rémouleur s’appuyant sur son banc, la route sans fin qu’il arpente quotidiennement et ce fond légèrement brumeux. Ajoutez à cela de beaux tons de gris comme Philogène les aime. Atmosphère !
Quant à l’homme, il est sérieux… ou triste, c’est selon.
Il reste un objet que l’on n’a pas évoqué : cette boîte métallique percée de trous. Quel lecteur pourra expliquer à Philogène à quoi elle pouvait servir ?
– Pour voir un banc semblable dans un article ancien de ce blog, cliquer sur l’image.

Hiver 1953-1954 : rémouleur à Briançon

6 février 2015

Philogène Gagne-Petit est domicilié en Lorraine. Et sur cette belle région française qui fera bientôt le lien entre la Champagne-Ardenne et l’Alsace, il fait froid actuellement. À tel point que chez Philogène il y a encore de la neige en abondance.  Ajoutez à cela un petit vent bien présent qui vous fait encore baisser la température ressentie de quelques degrés… Grrrrr ! Et comme Philogène a tendance à voir des rémouleurs partout, la neige environnante lui a fait se souvenir qu’il avait acquis il y a quelques années deux belles cartes postales.

Briançon Hiver 53 54 remouleur

C’est le même rémouleur à deux endroits différents de cette agréable ville des Alpes : Briançon. Les photos sont l’œuvre de Maurice Bonnel, un photographe averti.
Ci-dessus, notre repasseur, assis bien droit, est pris à contre-jour, ce qui fait ressortir sa silhouette et rend transparente la roue d’énergie.
Ci-dessous, le photographe joue avec les ombres, c’est ainsi que l’on voit quatre roues ! L’homme affiche la couleur et le nom de son métier. On peut remarquer qu’il travaille avec plusieurs meules, qu’il utilise deux pédales et qu’il a adapté les poignées des bras de transport à ses mains, sans doute.
Merci à Maurice Bonnel pour ces belles photos, il aime les rémouleurs, c’est évident.

Rém à Briançon 1953

– Photos © Maurice Bonnel.
– Chaque carte a été tirée à 2000 exemplaires.

Rémouleur – Scharensliep – Pays-Bas – Vers 1910

30 janvier 2015

C’est la première fois que Philogène Gagne-Petit voit une photo aussi précise d’un banc-coffre. Intéressant !
Le coffre dissimule un châssis robuste qui donne sa rigidité à l’ensemble monté sur un axe pour les roues de mobilité. Celles-ci ne sont d’ailleurs pas d’un très grand diamètre.
La roue d’énergie, de grande dimension, est déportée à l’extrémité d’un axe situé à l’avant du coffre. L’axe tourne dans deux paliers placés au bout de deux bras de forte section, bien arrimés sur le dessus du coffre, ils se prolongent peut-être à l’intérieur. De plus, ces bras sont retenus chacun par une tige fixée par une embase, toujours sur le coffre. Tout cela n’est pas un luxe vu le diamètre de la roue d’énergie : une fois lancée, au regard de son poids, elle doit avoir une grande inertie. Elle entraîne une courroie qui va donner à l’axe des meules, monté de l’autre côté du coffre, une grande vitesse.

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On remarque que la pédale est très longue, elle est raccordée à l’excentrique par une chaîne. Bref, l’ensemble paraît robuste, solide mais doit être lourd donc difficile à déplacer avec des bras de type brouette.
Quant à l’homme, il est bien habillé, en complet veston même. Cravate et chapeau melon complètent le look. Enfin, certain(e)s admireront la moustache !
Mais cette tenue s’explique si l’on en croit le site sur lequel cette photo est affichée. C. Heinze, c’est sont nom, était, comme son père avant lui, rémouleur pour la famille royale au palais de Soestdijk aux Pays-Bas. Chez ces gens-là Monsieur (comme le chantait Léo Ferré) : tenue de repassage exigée !
– Photo © Spaarnestad photo.
– Cliquer sur la photo pour la voir en grand format et même la télécharger.

Inde – Début du XXe siècle

23 janvier 2015

Une carte postale venue d’Inde, qui nous ramène un siècle en arrière. L’outillage est réduit mais il faut être deux pour exécuter le travail. À l’époque, comme encore de nos jours dans certains pays, la main d’œuvre ne coûtait pas très cher… En plus, ici, les enfants étaient mis à contribution, comme cela existe encore aujourd’hui ! Quelle distance entre Rosetta et les conditions de vie sur terre !

Inde Debut du XXe siecle

Bonne année 2015 aux rémouleurs du monde !

31 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit adresse ses meilleurs vœux et souhaite une bonne année aux rémouleurs du monde entier ainsi qu’à tous ceux qui les aiment… dont vous, lectrices et lecteurs assidus ou occasionnels.

Bonne annee remouleur 2015

Au monde entier, oui, car ce blog a déjà été lu dans près de 130 pays. Étonnant !
Philogène vous offre à cette occasion ce rémouleur d’amour qui, autrefois, se déplaçait de ville en ville… C’est une marionnette à fils datant du XIXe siècle.
À découvrir en grand format sur le Portail des Arts de la Marionnette en cliquant ICI.
– Photo © PAM.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur – 3/3

24 décembre 2014

Suite et fin des mésaventures du Père Rondibard, repasseur de son métier…

Voila le repasseur Monté 3

Rappel : cette BD est extraite du journal FILLETTE, N° 291, paru le dimanche 29 mars 1931.
Pour voir les précédents épisodes : le 1er et le 2ème (liens directs, cliquer). 

Villeneuve-lez-Avignon – Les arcades

19 décembre 2014

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2

Clin d’œil à un article publié le 18 octobre.
En consultant récemment ses collections, Philogène Gagne-Petit s’est rendu compte que le rémouleur de la carte postale d’aujourd’hui est le même que celui de la carte publiée le 18 octobre dernier. L’article était intitulé : le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon.
Cette fois, notre homme ne porte pas beaucoup d’attention à son travail comme l’écrivait Bernard Lepoutre dans un commentaire. Non, il regarde tout simplement le photographe, les deux clichés ayant probablement été pris à peu d’intervalle car le vétitable sujet de ces deux cartes est les arcades.
Incontestablement, la présence du repasseur rend vivantes ces arcades qui auraient semblées bien tristes sans lui.

Villeneuve lez Avignon Les arcades 2 détail

– Pour revoir l’article du 18 octobre, cliquer ICI.
– La fin du feuilleton sera publiée le 24 décembre.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur 2/3

12 décembre 2014

Voila-le-repasseur-Monté-2

Pour rompre la monotonie, Philogène publiera un nouvel article dans quelques jours, avant le troisième volet de Voilà le repasseur.

Feuilleton de Noël 2014 – Voilà le repasseur – 1/3

6 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit vous propose avant les fêtes un feuilleton en bande dessinée comprenant trois parties. Humour garanti ! Enfin…
Cette BD est extraite du journal Fillette N° 291 paru le dimanche 29 mars 1931.

Voila le repasseur Monté 1

– Suite dans une semaine avec le deuxième épisode…

Li r’sinmeu – Wallonie – 1913

15 novembre 2014

Cette carte postale fut envoyée en 1913 de Liège vers Saint-Nicolas-Waes, une commune située entre Anvers et Gand, en Flandre. La légende est imprimée en deux langues, français et langue wallonne, ce qui donne : le rémouleur, li r’sinmeu.

Li r simeu Wallonie

Sur un banc de rémouleur, la roue d’énergie, ou grande roue, est située à différents endroits. Dans le sud de la France, voire aux Pays-Bas par exemple, elle se trouve en avant du banc. Sur un banc de type chevalet, simple, économique, elle apparaît en dessous de la meule, souvent d’un grand diamètre.
Sur le banc de type brouette de ce rémouleur, elle est installée en dessous mais d’un diamètre moins important que sur un chevalet. Son axe est donc assez bas, en conséquence la tige qui relie la pédale à l’excentrique est très courte.
L’ensemble devait être assez lourd et au regard des bras de transport, très bas, le rémouleur devait être vigilant pour maintenir l’équilibre lors des déplacements, notamment sur les pavés.
Remarquer que grâce à la hauteur de la meule l’homme a une position de travail assez droite, comparativement à d’autres bancs sur lesquels le rémouleur est presque plié en deux.

Rémouleur au marché de Duclair

1 novembre 2014

Suite à l’article précédent, un lecteur assidu de Philogène Gagne-Petit vient de lui envoyer ce document datant du début du XXe siècle (vers 1910).
C’est une carte postale assez connue sur les sites de vente en ligne. Elle vaut même assez cher.
Commune de Normandie, en Seine Maritime, située entre Le Havre et Rouen, peuplée d’un peu plus de 4.000 âmes, Duclair vous invite à la rêverie… comme le propose son site.

Marché de Duclair rémouleur

Cette image complète avec intérêt l’article précédent. On voit bien la séparation de la roue d’énergie et de la partie meule. Ici il n’y a qu’un seul bâti sur lequel sont fixés, à chaque extrémité, ces deux éléments. Ce qui n’est pas toujours le cas : sur certains bancs, le bâti de la roue d’énergie est indépendant de la partie meule. Auquel cas il est bien calé au sol afin de ne pas se déplacer.
Enfin, à Duclair, le rémouleur tourne le dos à son tourneur, il travaille donc face aux clients.
– Merci à Pastek pour l’envoi de ce document.
Mise à jour : dans un commentaire sur cet article, Bernard Lepoutre se demande si la courroie de transmission roue d’énergie-meule n’est pas détournée de son axe. C’est vrai que les photos ne sont pas très claires mais Philogène pense que, compte tenu de la finesse et de la longueur de la courroie de transmission, il était neécessaire d’inclure un doigt de tension en métal ou en bois dur de diamètre 12 à 16mm par exemple (ou même une petite poulie). Outre sa fonction principale, ce doigt, en modifiant la direction de la courroie, permettait de dégager le coude du rémouleur (comme sur l’image ci-dessus). Quoi qu’il en soit, sur les trois documents présentés on constate que la courroie est toujours bien tendue.
Mise à jour 2 : dans un second commentaire, bpc explique qu’il y a une petite poulie en bois sous le bord du siége pour contourner celui-ci, qui se trouve sur le passage de la courroie.
– Merci à Bernard Lepoutre et à bpc pour leurs commentaires réguliers et constructifs.

Les Bzz ! Bzz ! Bzz Creusois

27 octobre 2014

Les bzz bzz bzz creusois

Philogène Gagne-Petit n’a encore jamais évoqué ces bancs de rémouleurs étonnants et pourtant plusieurs documents, quelques cartes postales entre autres, nous les présentent le plus souvent sur des foires.
La grande roue, ou roue d’énergie, est séparée de la meule par une assez grande distance. En fait le banc est composé de deux parties distinctes : l’ensemble meule(s) sur lequel travaille le rémouleur et, éloignée, la roue d’énergie. Cela signifie qu’il faut obligatoirement deux personnes pour faire fonctionner le tout.
Si l’on observe ces documents, on peut supposer que le rémouleur employait parfois un gars du coin pour tourner la manivelle qui actionnait la roue d’énergie. Vu le diamètre de celle-ci, l’axe de la meule devait tourner à grande vitesse. La transmission était assurée par une courroie à section circulaire genre cordelette.
Le plus souvent, le rémouleur tournait le dos au tourneur. Or, sur la carte ci-dessus, cas assez rare, il lui fait face…
D’après les cartes postales, il semble que ces bancs particuliers se rencontraient plutôt dans l’ouest de la France : Bretagne, Normandie. Cependant, les repasseurs de l’ouest se déplaçaient sans doute vers l’Est, c’est le cas ci-dessus.
Ils allaient même quelquefois à l’extrême Est du pays puisque Philogène possède une carte postale de Belfort sur laquelle on voit un banc identique.
Remarquer que la légende de la carte ci-dessous (Bretagne) indique coutelier ambulant. Le verso est imprimé en breton. Elle a été expédiée dans les années 20.

Foire bretonne

Le repasseur de Villeneuve-lez-Avignon

18 octobre 2014

La commune de Villeneuve-lez-Avignon se situe en face de la ville d’Avignon, sur l’autre rive du Rhône. Il suffit donc de passer le pont pour découvrir des monuments chargés d’histoire, notamment la célèbre Chartreuse, aujourd’hui lieu de création autour des Écritures du Spectacle.
C’est devant les arcades d’un bâtiment ancien que se trouve ce repasseur de la première moitié du XXe siècle, immortalisé par une photo sur carte postale.

Villeneuve les Avignon Remouleur

La roue d’énergie, ou grande roue, est impressionnante par son diamètre. Cela signifie qu’en tournant assez vite, elle donne à la meule (d’assez bon diamètre) une grande vitesse : important pour obtenir un travail de qualité. Les roues de déplacement sont, elles aussi, conséquentes. Là, le rémouleur les a laissées aller dans le caniveau pour caler le banc qui doit être lourd. C’est un banc caractéristique du sud de la France.
On perçoit la rotation de la roue d’énergie dont les rayons sont flous à cause de la vitesse. Le rémouleur semble un peu écrasé par les bâtiments qui l’entourent dont, en face, un établissement religieux semble-t-il.
Cela ne l’empêche pas d’avoir une belle attitude et on aurait presque envie de s’approcher de lui pour voir son travail…

De biens beaux bancs !

12 septembre 2014

Aujourd’hui, Philogène Gagne-Petit cède sa plume à Bernard LEPOUTRE, Directeur de l’Organisme de formation FCTV Affûtage.

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Bonjour Philogène

J’ai rencontré à la fête du couteau de Nontron un homme de Fouguerolle (33), m’affirmant avoir deux bancs d’affûtage chez lui. J’ai pris ses coordonnées, désirant aller les voir. Dernièrement j’ai fait les 480 km aller et retour ! Je n’ai pas été déçu du voyage.
Le banc en meilleur état, le plus travaillé, est celui de son oncle, Raphaël Calmette, aujourd’hui décédé, qui tenait une coutellerie à Montpon-Ménestérol en Dordogne.
Cette coutellerie s’est transmise de père en fils depuis 1883. On y réparait tous les outils tranchants : couteaux, ciseaux, rasoirs, tondeuses, greffoirs, sécateurs, tondeuses à gazon, emporte-pièces, scies, etc…
Les meules étaient en bois, garnies de cuir, sur lequel ils enduisaient une pâte d’affûtage. Les bancs, malgré leur poids, se déplaçaient relativement facilement.
J’ai vécu un excellent moment avec cet homme, par ailleurs excellent musicien Manouche, qui sait raconter et mettre en valeur les métiers anciens. Il fut très content de savoir que nous réalisons des formations pour ce métier qu’il aime : le rémouleur.
Très respectueusement,
Bernard Lepoutre

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– Photos © Bernard LEPOUTRE 2014.
– Visiter le site de FCTV Affûteurs (Lien direct).

L’enfant « arrotino » de Naples (2)

30 août 2014

Philogène Gagne-Petit avait publié il y a quelques années cette carte postale en noir et blanc. La revoici aujourd’hui mais cette fois en couleurs. Le texte est presque le même que celui publié le 6 avril 2010. La carte postale ci-dessous a été expédiée en 1918.
C’était au début du XXe siècle. Le travail des enfants était peu ou pas encore réglementé. Déjà, bien avant la révolution industrielle, les familles modestes des zones rurales (campagne, montagne) devaient, pour survivre, mettre au travail leurs jeunes enfants. Il en fut ainsi des petits ramoneurs, enfants loués ou vendus par milliers à de redoutables patrons, véritables exploiteurs pour la plupart. Si l’image des petits ramoneurs est répandue, celle des petits rémouleurs l’est moins. En voici néanmoins un témoignage : un jeune garçon de la région de Naples.

Arrotino-Napoli-en-couleurs

Dans son livre AU PAYS DES ÉMOULEURS, Henri Amblès note qu’en Lorraine les enfants partaient en campagne vers l’âge de 11-12 ans, accompagnant qui un père, qui un oncle, qui un patron… On les appelait alors des mousses. Peut-on imaginer aujourd’hui les conditions dans lesquelles ces enfants vivaient sur le trimard, faisant des centaines de kilomètres à pied, dormant souvent à la belle étoile, pendant des mois loin de leur famille ?
Cette photo italienne est un témoignage poignant, quasiment unique. Elle fut utilisée en 1994 (en noir et blanc) comme image choc de l’affiche de l’exposition La petite histoire du rémouleur présentée par le Musée de la Coutellerie de Thiers.
Pour visiter le site du Musée de la Coutellerie de Thiers : sur la colonne de droite, aller à la rubrique Philogène aime ces sites.
Note :
en 2002,
 un rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) donne une estimation pour l’année 2000 de 211 millions d’enfants travailleurs dans le Monde, ayant entre 5 et 14 ans (Source : Wikipedia).

Royaume Uni – Knife grinder – Minimaliste !

22 août 2014

Il n’est pas nécessaire d’avoir un énorme banc avec plusieurs meules et tout le reste… Ce rémouleur anglais nous en fournit la preuve : il suffit d’un petit touret à meuler et d’une bicyclette. Cette belle photo de Bill Douglas date du début des années 70.
Responsable de la Cotswold Community, Monsieur John Whitwell l’a publiée sur son site. Il se souvient de cet homme, dont il a oublié le nom, qui venait chaque année à la Cotswold Community. Il pense qu’il n’est plus venu vers la fin des années 70. John Whitwell aime beaucoup cette photo, si quelqu’un pouvait lui donner des renseignements sur cet homme, rémouleur (Qu’est-il devenu ? Est-il encore vivant ? etc), il serait très heureux.
– Visiter le site de John Whitwell et voir la photo, encore plus belle en grand format, en cliquant ICI.

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Rémouleur viennois en 1873

1 août 2014

Philogène Gagne-Petit a découvert un site autrichien d’une grande richesse documentaire. On y trouve de nombreuses illustrations sur la vie à Vienne et, bien entendu, la photo d’un rémouleur de 1873.
Le banc, très robuste, est caractéristique de l’Europe Centrale : Autriche bien sûr, Allemagne Orientale, Hongrie, voire Italie du Nord. Il semble que cette photo soit un peu posée mais, qu’à cela ne tienne, le tableau est très vivant !
– Photo de Otto Schmidt, Éditeur A.E. Czihak, Wiener Typen, 1873.
– Aller sur le site, la photo est en très grand format, cliquer ICI.

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Le rémouleur de Bordeaux

20 juillet 2014

Bordeaux est l’une des grandes villes de France. Surnommée « la belle endormie », elle a retrouvé depuis quelques années une dynamique saluée unanimement. Cela en grande partie grâce au réseau du tramway mis en place depuis 2003 et sans cesse amélioré. Bien sûr, Bordeaux est aussi la capitale d’une région vinicole mondialement connue.
Il ne fallait pas être endormi ni trop adepte du vin local (ou d’ailleurs…) lorsqu’on était rémouleur au début du XXe siècle à Bordeaux. C’est l’idée que semble nous transmettre cette photo imprimée sur une carte postale expédiée en 1912.

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Le banc de rémoulage paraît assez robuste et lourd. Le rémouleur est un gaillard assez trapu. Il ne fallait pas être un gringalet pour travailler avec cette machine dans les rues de la ville !
Outre les roues de type charrette, la roue d’énergie est d’un bon diamètre avec une jante de taille. Il semble qu’il y ait plusieurs meules sur le même axe, protégées par un imposant carter. Un tube est fixé sur le côté : ça pourrait être un étui pour protéger les parapluies à réparer, voire un logement pour une toile que l’homme montait en cas de soleil ou de mauvais temps. Beaucoup de suppositions…
Cette belle carte postale est un document précieux pour l’histoire des rémouleurs en France.

 

Rémouleur au pays du Champagne

10 juillet 2014

Epernay-Remouleur-1913

Arrivés ce soir à Reims, les coureurs du Tour de France 2014 partiront demain de Épernay, capitale du Champagne. Sur la carte postale ci-dessus on perçoit déjà l’agitation dans le centre de la ville, rue de l’Hôpital Auban-Moët. Dans quelques heures, la rue sera dégagée et les coureurs pourront s’élancer vers Nancy. À priori, le rémouleur qui se trouve à droite ne devrait pas gêner la course. Avec ses amis, il a réservé sa place, si par hasard il y avait une pièce de vélo à affûter en urgence…
Bon, vous l’avez sans doute repéré sur le tampon de la Poste (qui fait foi), la scène se passe il y a 101 ans, en 1913. Tous ces gens ne se doutent certainement pas de ce qui les attend l’année suivante et jusqu’en 1918 !
D’ailleurs, les coureurs passeront, ce vendredi 11 juillet 2014, près des champs de bataille pour un hommage aux millions d’hommes qui se sont perdus dans cet immense carnage.
Comme quoi les rémouleurs sont toujours liés à l’actualité.
Chers lecteurs et lectrices, veuillez excuser Philogène Gagne-Petit s’il délire de temps à autre…

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Knives and scissors to grind

4 juillet 2014

 « Couteaux et ciseaux à repasser », c’est la légende de cette carte postale anglaise du début du XXe siècle. Et pourquoi un rémouleur anglais ? Et bien parce que le 101ème Tour de France prendra demain le départ de la ville anglaise de Leeds mais surtout, l’étape du lendemain, le dimanche 6 juillet 2014, s’achèvera à Sheffield, autrefois ville phare de la coutellerie au Royaume Uni et même dans le monde.
Dès le XVIe siècle, Sheffield était connue pour ses couteaux et à partir de 1600 Sheffield est devenue le centre de la production coutelière de l’Angleterre, créant une croissance sans précédent, la construction d’usines et la création de banlieues de riches industriels mais aussi de quartiers ouvriers en terrasses (d’après Wikipedia).

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Le knife grinder semble en train de limer à l’arrière de son métier. À l’abri, ce qui n’est pas un luxe dans la mauvaise saison, l’homme s’assied pour affûter : on voit le minuscule banc, les brancards, les deux pédales ainsi que la meule de bon diamètre. Ce qui est étonnant, c’est que l’on ne distingue pas de roue d’énergie (ou grande roue), pas de réserve d’eau non plus. Cela est peut-être masqué par des accessoires dont les formes ne sont pas très distinctes.
Quant aux couteliers de Sheffield, Philogène Gagne-Petit nous promet qu’il évoquera bientôt la grande époque et les conditions de travail qui en découlaient…

Mexico : afilador au siècle précédent

27 juin 2014

Philogène Gagne-Petit n’est jamais allé au Mexique mais l’une de ses filles lui a rapporté il y a quelques années une brochure intéressante rassemblant des photos des petits métiers que l’on rencontrait au XXe siècle dans les rues de la capitale : Mexico. Comme en Europe, beaucoup de métiers étaient présents, des traditionnels aux plus insolites : vendeurs de crécelles, évangélistes, porteurs (sur le dos) d’énormes balles de paille, marchands d’oiseaux (canaris), musiciens de toutes sortes dont joueurs d’orgue de barbarie, etc.
Et bien entendu, les couteaux en inox n’existant pas encore, les rémouleurs avaient du travail. La photo ci-dessous en témoigne.

Afilador Mexico Espejos del siglo XX

Le banc de cet afilador semble lourd, il paraît donc exclu qu’il le porte sur le dos. En conséquence on peut penser qu’il le bascule de 90° vers l’avant afin d’utiliser la roue d’énergie comme roue de déplacement. Un procédé de mobilité souvent utilisé en Amérique latine (Cf nos deux récents articles). La photo n’est pas suffisamment détaillée pour que l’on puisse distinguer ses outils et ses accessoires. D’après les véhicules en circulation, on peut situer la scène dans les années 60 comme l’indique ie catalogue placé à la fin du livre. La photo est légendée : le rémouleur vient de siffler, allusion sans doute à la flûte de pan utiliée couramment par les rémouleurs en Amérique latine.

Références du livre : Ciudad de México – Espejos del sigle XX – José Joaquin Blanco – Ediciones ERA, 2004.

L’afilador de Buenos Aires

20 juin 2014

Philogène Gagne-Petit aime l’Amérique du Sud en ce moment… D’ailleurs, il y est allé il y a 25 ans de cela et à défaut de rémouleur il rencontra dans les rues de Buenos Aires des musiciens qui faisaient la manche… Des musiciens assez âgés, joueurs de tangos, obligés de s’installer sur le macadam, faute de travail…
S’il y avait souvent du public autour de ces musiciens en 1989, ce n’était pas le cas pour ce rémouleur des années vingt dans une rue de la capitale.
Son banc est assez classique, de type chevalet. La grande roue sert aussi de roue de déplacement lorsque l’homme bascule l’ensemble de 90° vers l’avant. En position de travail, comme sur la photo, l’axe de la meule est entraîné par une poulie concentrique à la roue d’énergie. On voit assez bien la courroie de transmission. La meule est d’un bon diamètre. La réserve d’eau est là. Et le rémouleur sourit au photographe. Salut l’ami !

Rémouleur en Argentine
– Détail d’une carte postale (tarjeta postal) éditée à Buenos Aires

Rémouleur brésilien à Rio – Début du XXe siècle

6 juin 2014

La Coupe du Monde de football commence dans six jours au Brésil.
Philogène Gagne-Petit a sorti de ses archives une carte postale (Bilhete Postal) du début du XXe siècle légendée « O amolador no Rio de Janeiro ». Elle a été envoyée de cette ville le 24 octobre 1906 à destination de Paris.

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Le banc semble lourd mais néanmoins mobile assez facilement. On voit pour cela une grande roue qui sert uniquement pour les déplacements. Une autre roue, concentrique, est utilisée comme poulie. Elle ne touche pas le sol pendant les trajets. Elle reçoit une courroie de transmission qui actionne une autre poulie sur l’axe de laquelle est montée la meule. La grande roue est commandée par une pédale, le mouvement est entretenu grâce à un excentrique bien visible. Le rémouleur enserre une grande barre inclinée, cela l’aide sans doute pour la stabilité. En fait cette barre est utilisée pour diriger et maintenir le banc lors des déplacements, celui-ci étant alors basculé à 90° vers l’avant. Remarquer enfin un petit étau placé sur le bâti, au-dessus de la grande roue.

– Collection particulière.

Liban – Rémouleur maronite, fin du XIXe siècle

30 mai 2014

Cette gravure s’affiche en UNE de L’OMNIBUS ILLUSTRÉ, numéro 19, daté du 11 mai 1890. Ce Journal des Familles paraissait le dimanche en Belgique et était diffusé aussi en France.
La gravure est accompagnée du texte suivant :
 » Les Maronites constituent cette célèbre peuplade chrétienne qui réside dans le Liban : c’est, peut-être, de tous les pays du monde, celui où le plus de races et de religions différentes sont rassemblées dans un plus étroit espace. Bien qu’un peu partout dispersés, les Maronites chrétiens, soumis à l’église romaine, habitent plus spécialement le versant occidental du Liban, depuis Beyrouth jusqu’à Tripoli. Les Druses – ennemis éternels des Maronites – dont la religion si célèbre a pour secret de n’en être pas une, peuplent le Hauran et quelques parties de l’Anti-Liban. Il y a encore, dans le Liban, des Métoualis, des Ansariés, des Bédouins, des Kurdes, des Juifs, des Musulmans arabes et des Turcs.
Mais les Maronites et les Druses – toujours plongés en des luttes d’ailleurs ordinairement plus bruyantes que meurtrières – prédominent dans le pays : les premiers sont au nombre de 300.000, les autres au nombre de 100.000. »
Les chiffres ont bien entendu évolué et aujourd’hui, après plusieurs exodes, les chrétiens maronites sont beaucoup plus nombreux dans d’autres pays, notamment au Brésil, qu’au Liban même. Voir la page de Wikipedia ICI.

Remouleur maronite

Comme dans tout le Moyent-Orient, ce métier est léger, simple, voire même rustique. Mais il est aussi facilement transportable à dos d’homme. La meule est de petit diamètre pour au moins deux raisons : faible prix et surtout faible poids. Remarquer que l’assemblage du montant et de la traverse sur laquelle repose l’axe de la roue d’énergie est assuré par une ligature. Enfin, l’homme quitte sa babouche pour mieux pédaler.
– Dimensions de la gravure : 13 cm x 19 cm.
– Signature en bas à droite : Canedi. 

Portugal : rémouleur à bicyclette (en vidéo)

9 mai 2014

Il y a sur Internet de nombreuses vidéos montrant des rémouleurs. Il y en a peu de bonnes. En voici une qui nous présente Mr Manuel Nascimento, rémouleur portugais à bicyclette à Águeda, ville de 48 000 habitants. Cet Amolador de facas très sympathique est accueilli dans le jardin de particuliers. Après la mise en place de son matériel, on le voit affûter des ciseaux puis des couteaux. On entend même la flûte de pan d’un confrère, c’est ainsi que les rémouleurs s’annoncent au Portugal comme par ailleurs au Brésil. Et lui-même, à la fin de la séquence, y va de son petit instrument. Une vidéo de qualité, en HD (Haute Définition) et en grand format, à découvrir sur Vimeo.
– Cliquer sur l’image pour voir la vidéo sur Vimeo.

Amolador-de-facas-Rémouleur-video

Rémouleur et artiste, Palerme, XXe siècle

6 mai 2014

Pas sûr mais probable : l’homme, rémouleur, qui repasse un couteau pour la vieille dame, est aussi un artiste. Déjà, on peut remarquer que ses vêtements, le pantalon, la casquette mais surtout la chemise, sont en harmonie avec la décoration de son banc de rémoulage. Une décoration à la fois contemporaine mais aussi inspirée de fresques chevaleresques. Étonnant tout-de-même !
Peut-être que cela l’aidait à pousser l’ensemble qui paraît massif, sans doute lourd. Et comme très souvent autrefois, l’homme réparait aussi les parapluies.
Cette photo est un document précieux, scène de la vie populaire à Palerme (Italie) au milieu du XXe siècle. Elle est l’œuvre d’un photographe qui a su saisir le moment décisif de la relation commerciale entre le rémouleur et sa cliente.

Palerme Rémouleur Années 1940 50

– Carte postale éditée en 1992 à l’occasion d’une foire philatélique à Palerme.
– La photo est de Lupo S.
– Inscription au verso de la carte : Arrotino (ammola cutieddi). 

Le rémouleur (knife grinder) de Eric Ravilious

18 avril 2014

L’auteur de cette lithographie est un artiste anglais, Eric Ravilious (1903-1942). Multicartes, il était peintre, désigner, illustrateur de livres, graveur sur bois, mais il est surtout connu pour ses aquarelles. Il fut un artiste de guerre pendant le deuxième conflit mondial. Sa vie se termina tragiquement au cours d’une mission en 1942, il avait 39 ans, lorsqu’un avion de la RAF (Royal Air Force) qui le transportait vers la Finlande se perdit au large de l’Islande.

Knife grinder par Eric Ravilious

Le banc est caractéristique de ce que l’on pouvait voir au Royaume Uni dans les années 20-30 du XXe siècle : grandes roues et rémouleur assis haut perché. D’une façon générale, en comparaison de ce qui existait dans les autres pays européens, le métier était simple, léger et souvent décoré.
La sensibilité artistique dEric Ravilious lui a fait accentuer ces aspects. Le point de vue, en contre-plongée, ajoute à l’ensemble une représentation très aérienne qui transcende la réalité. C’est une vision idéalisée du rémouleur et cela lui donne une certaine noblesse.
– Note : le mot CHAIRS indique que l’homme réparait aussi les chaises.

Un rémouleur devant le château de Windsor (GB)

4 avril 2014

Résidence officielle des rois et reines d’Angleterre depuis bientôt un millénaire, le château de Windsor accueille actuellement et jusqu’au 5 mai une exposition des aquarelles des frères Sandby, Paul et Thomas. Vivant au XVIIIe siècle, Thomas était architecte tandis que Paul s’est fait une réputation en tant qu’aquarelliste. C’est d’ailleurs à Paul que l’on doit la majeure partie des œuvres exposées. Celles-ci sont d’une telle qualité qu’on lui a attribué le titre de « père de l’aquarelle anglaise« . En regardant ces peintures aujourd’hui, on se projette deux siècles en arrière dans ce qu’était la vie du château et de son domaine.

Château de Windsor La Porte Henri VIII avec sa garde son public et ses travailleurs Paul Sandby

Comme dans toute communauté, il y avait à cette époque des rémouleurs. En voici un, devant l’une des portes du domaine, la Porte Henry VIII. On retrouve là un banc brouette caractéristique de cette période anglaise. La scène est très vivante, tandis que le rémouleur fume la pipe, les étincelles jaillissent. Un broc est accroché sur l’un des bras de la brouette. Ce qui crée la vie dans ces aquarelles, c’est la multitude de personnages de rangs différents : nobles, gardes, marchands, gens du petit peuple comme ce ramoneur et son tout jeune aide qui observent notre rémouleur, fascinés sans doute par la mécanique, le feu, le bruit de l’acier sur la meule…
Hélas, peu d’entre nous pourront se rendre à Londres pour cette exposition. Les organisateurs y ont pensé : on peut quand même admirer les aquarelles et revivre l’ambiance du château de Windsor grâce à Internet. Un site a été créé et une application pour iPhone et iPad est disponible gratuitement. C’est en anglais mais cela ne présente pas d’obstacle majeur : à consommer sans modération, c’est remarquablement conçu.
Bon voyage au château de Windsor !

Rémouleur Chateau de Windsor RU

– Le site : CAPTURING THE CASTLE (lien direct).
– On peut consulter les aquarelles et les télécharger en grand format.
– Un lien permet de télécharger l’application pour iPhone et iPad.

Festival de roues : de scharensliep, Pays-Bas.

29 mars 2014

Depuis que la photo existe, c’est-à-dire 1839 officiellement, il y a toujours eu de bons photographes, des gens qui savent saisir l’instant décisif (*). Comme celui qui, aux Pays-Bas au début du XXe siècle, a fixé sur une plaque photographique cette rencontre entre une nourrice et un rémouleur. Quelle élégance et quelle légèreté pour ce landau à côté du banc énorme, robuste, lourd, du repasseur. Et cette grande roue d’énergie qui en impose ! Au milieu, presque fragile, il y’a l’enfant que le rémouleur a fait monter sur son métier, c’est sur lui que sont dirigés les regards, y compris semble-t-il, celui du nourrisson qui est dans le landau. Une belle scène de rencontre, de vie, de relations humaines.
Non, le rémouleur n’était pas toujours un coureur de jupons. De par son métier, c’était un homme de rencontres, c’est cela qui lui valait l’estime de la population.

Pays Bas Remouleur Vers 1920

(*) – Référence à Henri Cartier Bresson dont l’œuvre photographique fait l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou à Paris jusqu’au 9 juin 2014.
– Scharensliep : rémouleur en néerlandais.

Alex Ribis, coutelier, sur le marché de Tours

27 février 2014

C’est grâce à un négatif grand format sur plaque photographique que Philogène Gagne-Petit a pu identifier le rémouleur qui travaille sur le marché de Tours, il s’agit de Alex RIBIS.
La plaque apposée en haut du banc indique : ALEX RIBIS – CoutelierillisibleToutes réparations – Vente.
Restait ensuite à déterminer à quel moment cette photo a été prise. Un indice nous permet de situer la période, celle pendant laquelle presque tous les véhicules roulaient au gazogène, à savoir la deuxième guerre mondiale 1939-1945. C’est le cas de celui qui est garé derrière le banc de Alex RIBIS.
En fait, on se demande si ce n’est pas lui le propriétaire. En effet, le banc paraît très lourd, suspendu par des ressorts à lames, avec des roues à pneus gonflables (vérifié sur la photo très agrandie). Alors, ce banc est-il déplacé à la force des bras ou tracté par un véhicule à moteur ? Dans ce dernier cas il aurait une plaque d’immatriculation… Quoique, pendant la guerre…

Marché de Tours

Par ailleurs, sur le détail ci-dessous (en partie éclairci pour une meilleure lisibilité) le mécanisme que l’on aperçoit semble lui aussi assez lourd. Est-il commandé par une ou deux pédales ? Est-il motorisé ?
Alex RIBIS, qui travaille assis, a la main gauche posée sur la roue d’énergie, pour la lancer ou la freiner. Enfin on perçoit son visage surmonté d’une casquette.
À noter qu’une bâche est relevée vers le haut de l’habitacle. Lorsque le travail est terminé, elle est rabattue, protégeant ainsi de regards curieux, idem de l’autre côté.
Visibles seulement à grande échelle, dans la zone d’ombre, deux scies à bois sont posées au sol, appuyées sur l’intérieur de la roue de gauche.
Alex RIBIS, coutelier, avait donc plusieurs cordes à son arc !

Marché de Tours Detail

Inapte à un travail suivi : tu seras rémouleur !

14 février 2014

Le rémouleur, c’est le titre d’une histoire imprégnée de morale chrétienne qui est racontée dans le journal La semaine des familles du samedi 20 août 1873.
Jérôme, le héros, jeune orphelin de père et de mère, est recueilli par un généreux abbé. Il part à Paris à la recherche d’un oncle qui a réussi. Après maintes péripéties, d’oncle riche il ne retrouve point. Alors qu’il est adulte, quelque peu instable, il retrouve l’abbé qui constate que Jérôme est inapte à un travail suivi et donc l’encourage dans son désir de devenir rémouleur : plus belle la vie ! Jérôme le rémouleur adopte ensuite un enfant puis un chien et les voila partis tous trois sur les routes de France.

Rém Semaine des familles 1873

L’histoire est illustrée par cette belle gravure réalisée probablement sur commande. Dans un paysage quelque peu désolé au loin duquel monte la fumée d’un feu de bûcherons, on aperçoit quelques silhouettes de maisons et même un clocher. Jérôme le rémouleur et ses deux compagnons sont bien présents, tous au travail pour faire avancer le banc d’affûtage sur un chemin irrégulier. Un banc de type brouette assez étonnant comme on pouvait sans doute en voir fréquemment à cette époque de la deuxième moitié du XIXe siècle.
Remarquons encore une sorte de baluchon posé juste derrière la roue de la brouette, s’agit-il de quelques outils ou bien des effets personnels de Jérôme et de l’enfant ?
Plus belle ou plus dure la vie ?
– En bas de la gravure apparaît un nom : DELANGLE.
– Dans le coin en bas à droite, deux initiales : GR.
– Dimensions de la gravure : 13,5cm x 9,5cm
– Format du journal : largeur : 19,5cm – Hauteur : 29cm.

Azerbaïdjan, début du XXe siècle

17 janvier 2014

Autrefois partie intégrante de l’URSS, l’Azerbaïdjan est aujourd’hui un pays indépendant, membre de nombreuses organisations internationales. À vol d’oiseau, le pays se situe à tout juste 500km au sud-est de Sotchi, la ville qui accueillera en février prochain les jeux olympiques d’hiver.
Bakou est la capitale de l’Azerbaïdjan dont la géographie présente moitié de plaines, moitié de relief avec plusieurs sommets, l’un d’eux culminant à 4466m. À noter à l’est du pays un littoral de plus de 700 km sur la Mer Caspienne, une mer fermée.

Bakou Azerbïdjan vers 1920

Cette belle photo datant du début du XXe siècle, non posée donc très naturelle, nous ouvre les yeux sur un marché de Bakou à proximité duquel se tiennent les rémouleurs. Les métiers de ces artisans sont assez semblables à ceux que l’on rencontre au Moyen-Orient, ils n’ont rien à voir avec les bancs de la Russie centrale (voir notamment cet article de juin 2010).

Les vœux de Philogène Gagne-Petit

30 décembre 2013

Papier découpé Vœux 2014

C’est avec cette carte éditée par Müller à Düsseldorf en Allemagne que Philogène Gagne Petit vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2014.
La légende précise : silhouettes du siècle dernier. Il s’agit en fait du XIXe siècle, la carte ayant été envoyée dans les années 50.

À Bourges : Boyer coutelier depuis 1840

6 septembre 2013

Comme l’an passé à la même période, Philogène Gagne-Petit (PGP) était attelé à d’autres tâches pendant l’été. L’automne approchant, PGP est de retour : ses articles reprennent donc régulièrement.

Il propose aujourd’hui une photo ancienne : la boutique du coutelier BOYER à Cosne-Cours-sur-Loire en 1900.
Fondée en 1840 par Jean, cette lignée perdure encore aujourd’hui. En 2002, un descendant de la 6e génération a ouvert à Bourges le magasin LE PETIT RÉMOULEUR. La société entretient mais aussi crée et fabrique des couteaux, notamment le couteau du Berry en chêne de Tronçais.
Un site présente l’entreprise, ses produits et son histoire depuis 1840. Passionnant !

Cliquer sur la photo pour rejoindre le site Le petit rémouleur.

Australie – Melbourne – 1930

14 mai 2013

THE ARGUS était un journal australien de Melbourne, au format tabloïd, dans les années 20 et 30 du XXe siècle.
C’est dans le supplément photo du samedi 1er novembre 1930 qu’est publié ce cliché d’un rémouleur australien.

1930 Rémouleur en Australie Journal

À priori, l’homme a du travail : ciseaux, couteaux. Il semble qu’il travaille à sec, on ne voit pas de réservoir pour l’eau. On distingue plusieurs meules dont celle de droite paraît être une meule de finition. Enfin, il travaille assis. On ne voit pas vraiment le mécanisme, ni la/les pédale(s), juste une poulie avec des rayons.
L’angle de prise de vue choisi par le photographe est original, ce qui nous permet de bien voir l’axe des meules et, surtout, la position d’affûtage.
Le texte sous la photo : CISEAUX À REPASSER
« Les couteaux et les ciseaux aux lames émoussées vont retrouver des arêtes de coupe vives de la main experte de cet artisan pittoresque, dont la meule tourne activement dans les rues du Sud de Melbourne. »
– Dimensions – de la page : 31 x 46 cm – de la photo : 25 x 32 cm.

1850 – Le rémouleur vu par les frères Pauquet

7 mai 2013

On ne sait pas lequel des deux frères Pauquet a signé ce croquis, pris sur le vif, d’un rémouleur dans une rue de Paris vers 1850. Leurs styles de dessin étaient tellement en harmonie que l’on a du mal à distinguer l’œuvre de l’un ou de l’autre. Hippolyte, l’aîné et son cadet Polydor étaient nés vers 1800. Travaillant ensemble, ils fondèrent la maison d’édition PAUQUET FRÈRES dont la production artistique fut abondante. Aucun domaine ne leur était étranger, outre les petits métiers de Paris, ils s’intérèssèrent à la mode, aux costumes, à la danse, aux portraits de figures illustres, aux paysages…

Pauquet-Rémouleur-1.jpg

La gravure ci-dessus est intéressante, elle nous fait découvrir un banc de rémouleur d’un type assez rare que nous qualifierons de banc-buffet. Notons que le rémouleur lui-même est bien défini, en particulier le visage qui est assez expressif. Comme très souvent, on ne sait pas lequel des deux frères a signé cette gravure : Hippolyte ou Polydor ? Qu’importe, ils ont immortalisé une figure que l’on aime.