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Rémouleur – Scharensliep – Pays-Bas – Vers 1910

30 janvier 2015

C’est la première fois que Philogène Gagne-Petit voit une photo aussi précise d’un banc-coffre. Intéressant !
Le coffre dissimule un châssis robuste qui donne sa rigidité à l’ensemble monté sur un axe pour les roues de mobilité. Celles-ci ne sont d’ailleurs pas d’un très grand diamètre.
La roue d’énergie, de grande dimension, est déportée à l’extrémité d’un axe situé à l’avant du coffre. L’axe tourne dans deux paliers placés au bout de deux bras de forte section, bien arrimés sur le dessus du coffre, ils se prolongent peut-être à l’intérieur. De plus, ces bras sont retenus chacun par une tige fixée par une embase, toujours sur le coffre. Tout cela n’est pas un luxe vu le diamètre de la roue d’énergie : une fois lancée, au regard de son poids, elle doit avoir une grande inertie. Elle entraîne une courroie qui va donner à l’axe des meules, monté de l’autre côté du coffre, une grande vitesse.

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On remarque que la pédale est très longue, elle est raccordée à l’excentrique par une chaîne. Bref, l’ensemble paraît robuste, solide mais doit être lourd donc difficile à déplacer avec des bras de type brouette.
Quant à l’homme, il est bien habillé, en complet veston même. Cravate et chapeau melon complètent le look. Enfin, certain(e)s admireront la moustache !
Mais cette tenue s’explique si l’on en croit le site sur lequel cette photo est affichée. C. Heinze, c’est sont nom, était, comme son père avant lui, rémouleur pour la famille royale au palais de Soestdijk aux Pays-Bas. Chez ces gens-là Monsieur (comme le chantait Léo Ferré) : tenue de repassage exigée !
– Photo © Spaarnestad photo.
– Cliquer sur la photo pour la voir en grand format et même la télécharger.

Festival de roues : de scharensliep, Pays-Bas.

29 mars 2014

Depuis que la photo existe, c’est-à-dire 1839 officiellement, il y a toujours eu de bons photographes, des gens qui savent saisir l’instant décisif (*). Comme celui qui, aux Pays-Bas au début du XXe siècle, a fixé sur une plaque photographique cette rencontre entre une nourrice et un rémouleur. Quelle élégance et quelle légèreté pour ce landau à côté du banc énorme, robuste, lourd, du repasseur. Et cette grande roue d’énergie qui en impose ! Au milieu, presque fragile, il y’a l’enfant que le rémouleur a fait monter sur son métier, c’est sur lui que sont dirigés les regards, y compris semble-t-il, celui du nourrisson qui est dans le landau. Une belle scène de rencontre, de vie, de relations humaines.
Non, le rémouleur n’était pas toujours un coureur de jupons. De par son métier, c’était un homme de rencontres, c’est cela qui lui valait l’estime de la population.

Pays Bas Remouleur Vers 1920

(*) – Référence à Henri Cartier Bresson dont l’œuvre photographique fait l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou à Paris jusqu’au 9 juin 2014.
– Scharensliep : rémouleur en néerlandais.

Banc robuste aux Pays-Bas

18 mai 2011

Il fallait avoir une force presque colossale pour déplacer ce banc de rémouleur dans la première moitié du XXe siècle ! Et pourtant ce type de matériel était fréquent dans les pays du nord de l’Europe.
Outre une structure robuste, ce banc intègre une grande roue d’énergie, d’assez grandes roues de mobilité et même un toit en bois qui n’est pas le moins lourd de l’ensemble… Enfin, des garde-boue de dimensions non négligeables complètent le tout. Peut-être était-ce pour l’esthétique tout simplement ? Remarquons aussi la faible longueur des poignées pour le déplacement du banc. Heureusement que cet atelier mobile était utilisé dans le Plat-Pays.

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Bon, tout cela était sans doute bien calculé pour que le rémouleur puisse se déplacer avec aisance et produire un travail de qualité.
Un mystère subsiste cependant. Quelle est la fonction de cette partie en bois assez esthétique qui se trouve devant le rémouleur : longue barre longitudinale cylindrique, barres verticales dont le haut est tourné, façade découpée ? Outre l’aiguisage, cet homme proposait-il un autre service ? Et lequel ?
– Photo © Auteur inconnu.

Rémouleur de patins à glace

6 janvier 2010

C’est sur une vieille carte postale expédiée de Heide (Holstein), en Allemagne, le 12 décembre 1907 que nous avons découvert une reproduction, hélas monochrome, d’un tableau de Cornelis BISSCHOP intitulé Schlittschuhschleifen. Peintre néerlandais (1630-1674), peintre de genre, peintre intimiste, son œuvre se distingue par une facture et une lumière précises ainsi qu’un goût confirmé pour les effets de perspective. Il fut aussi un bon graveur et un excellent dessinateur.

Le rémouleur de patins à glace travaille à l’intérieur. Une femme élégante, son épouse sans doute, l’aide en tournant de la main gauche la manivelle qui actionne la meule. Ils sont au centre de la composition. Une cruche de bonnes dimensions est posée à même le sol entre l’homme et la femme, c’est probablement là une réserve d’eau. À droite, la cliente qui fait affûter son patin droit est assise, c’est certes plus confortable lorsqu’on n’a qu’une chaussure ! À gauche, à la porte de l’échoppe, un homme semble attendre. Il est en patins et tient un pic, accessoire utile pour se déplacer sur la glace. Un traîneau assez petit, peut-être l’équivalent d’un landeau, siège dans cet atelier. Ses patins seraient-ils en attente d’aiguisage ?
Dommage que nous n’ayons pas la couleur car les personnages sont en contre-jour, la lumière venant de derrière eux. Un procédé cher aux peintres néerlandais.