Posts Tagged ‘Asie’

Surabaya (Java-Indonésie) – Début du XXe siècle

11 juin 2012

Située à l’Est de l’île de Java, Surabaya est aujourd’hui la deuxième ville d’Indonésie. C’est la capitale du Jawa Timur (Java oriental). Ce pays fut pendant plusieurs siècles sous la domination des Pays Bas. La carte postale est légendée en hollandais Soerabaia, messen slijpen. Elle date probablement du début du XXe siècle.

Soerabia Messen slijpen GF

Rustique ! C’est l’adjectif qui s’applique à ce banc de rémouleur javanais. C’est une meule avec un axe, celui-ci tourne dans des paliers rudimentaires. Il nécessite deux personnes pour fonctionner : le rémouleur et un aide que l’on pourrait qualifier de moteur. Cet aide indispensable tire alternativement sur les extrémités d’une cordelette (ou d’une lanière plate) qui est enroulée sur l’axe de la meule. Il est assis face au rémouleur, les jambes tendues, les pieds calés contre le bâti du banc. Bien sûr, lorsque le rémouleur appuie sur la meule, il la freine et l’aide-moteur doit alors intensifier son effort. Ce type de métier est assez caractéristique de l’Inde et de l’Asie du sud-est jusqu’au milieu du XXe siècle.
Ce procédé était connu en Europe et a longtemps été utilisé sur les tours à bois rustiques. On peut en voir de temps à autres sur les fêtes des vieux métiers.
– On retrouve le même procédé moteur, contemporain cette fois, dans un article publié précédemment sur ce blog et intitulé Kashgar aujourd’hui (lien direct).
– Cliquer sur l’image pour l’ouvrir en grand format.

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Rémouleur à Kandy

22 juillet 2011

Encore un banc de rémouleur réalisé avec des matériaux de récupération. Ce gagne-petit, c’en est un assurément, a été photographié en 2010 dans une ville du Sri Lanka : KANDY. Ce sont les portugais qui lui donnèrent ce nom au milieu du XVIe siècle. Ville moyenne, siège d’une importante université, elle héberge l’un des plus beaux jardins botaniques au monde, créé en 1821. Elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La roue d’énergie, rustique, ressemble à une roue de cycle qui aurait un très grand diamètre… La commande de cette roue se fait par une pédale par l’intermédiaire d’un renvoi articulé sur le châssis du banc. Tout cela est manifestement réalisé avec des matériaux récupérés ici et là. Remarquer que le rémouleur, s’il travaille debout, n’est pas (trop) plié en deux…
– Voir un autre rémouleur (lien direct) au Sri Lanka avec des similitudes.
– Photo ©
Vera & Gordon on tour. Voir leur galerie sur Flickr (lien direct) et la photo ci-dessus en grand format.

Le modernisme gagne l’Asie…

15 juillet 2011

Les rémouleurs asiatiques se modernisent !
Sur le banc traditionnel qu’ils portaient autrefois sur l’épaule, certains comme celui de la photo ci-dessus ont adapté deux roulettes ainsi qu’un touret à meuler manuel du commerce. Remarquer que la pierre à affûter est toujours présente, indispensable pour la finition. Le touret à meuler est probablement utilisé pour un dégrossissage, ce qui permet de gagner du temps.
Nous avons constaté la même évolution récente chez un rémouleur vietnamien.
Photo © mime001. Cliquer ICI pour voir sa galerie sur Flickr.
– Voir le rémouleur vietnamien sur cette page (lien direct).
– D’autres rémouleurs asiatiques sur ce blog avec le mot-clé
Asie

Laos 2009 : outillage minimum !

9 avril 2011

Pont-on affûter les lames avec moins : une pierre abrasive, une brique et une cuvette ? Peu probable.
L’outillage des rémouleurs asiatiques est souvent restreint mais celui-ci bat tous les records. Ici, le haut trottoir remplace le petit banc en bois traditionnel. Malgré ces conditions minimales, ce rémouleur a du travail et c’est tant mieux pour lui.
Le cas de ce rémouleur laotien est un bel exemple de ce que sont souvent aujourd’hui ou ce que furent autrefois les rémouleurs. Dans le passé, sans travail, on s’installait rémouleur avec rien ou presque pour gagner quelques sous et essayer de vivre avec très peu ! Et quand on habitait dans un village, il fallait prendre la route pour aller dans les villes et y rester plusieurs mois.
Au Laos, le passé est encore présent, avec le sourire… Ah, Paris !

– Photo © youngman242 prise en avril 2009 avec un Nikon D700.
– Pour voir sa belle galerie sur Flickr, cliquer ICI (lien direct).
– Pour voir d’autres rémouleurs asiatiques sur notre blog, cliquer (lien direct)

1953, pendant la guerre d’Indochine

19 janvier 2011

C’est une carte postale de 1953. C’était un an avant la fin de la guerre dite Guerre d’Indochine entre le Viêt Nam du Nord (régime communiste) et celui du Sud (soutenu par la France). En 1954, les accords de Genève mettaient fin au conflit après la terrible humiliation de Diên Biên Phu. Nombreux furent les militaires français qui n’en revinrent pas.

Rem.-vietnamien-1953.jpg

La légende de la carte postale ne nous dit pas dans quelle ville a été prise cette photo. D’après les véhicules militaires que l’on voit au second plan, il doit s’agir de la zone sud contrôlée par l’armée française.
Ce rémouleur est typique de ceux que l’on peut encore rencontrer en Asie. Il utilise un banc traditionnel de cette région du monde. C’est la simplicité : un petit banc sur lequel l’homme s’assoit, une pierre à aiguiser, un récipient et quelques modestes accessoires. Le rémouleur asiatique n’utilise pas de meule en rotation mais aiguise sur une pierre. On en est réduit, comme dans l’Antiquité, à la plus simple expression de l’aiguisage. Remarquer que l’homme affûte une lame comme celle qu’utilisent les asiatiques pour de nombreux travaux de cuisine ainsi que pour les repas en lieu et place de nos couteaux.
– Pour consulter nos précédents articles sur des rémouleurs asiatiques, c’est ICI et ou encore .

 

Au Sri Lanka, on rémoule aussi…

12 septembre 2008

Ancienne dépendance portugaise puis néerlandaise et enfin britannique, l’île de Ceylan, dans l’Océan Indien, devint Sri Lanka à l’indépendance en 1948. Régime parlementaire, 20 millions d’habitants, l’espérance de vie est de 74 ans et la guerre civile sévit depuis 1983 : les Tigres Tamouls sont en conflit avec le gouvernement.
La photo ci-dessous a été prise en 2002 donc avant le tsunami de décembre 2004 qui fit des dégâts considérables.

Voici un banc de rémouleur réalisé chichement avec les moyens du bord, il n’est pourtant pas sans intérêt. L’homme travaille debout et pieds nus, il a adapté la hauteur de son plan de travail, ce qui lui évite de se courber. La commande de la rotation de la grande roue par la pédale est des plus rustique ! Un sandow relie la pédale à une bielle en bois (une simple planche) articulée d’une façon simpliste au châssis du banc. À l’extrémité de la bielle, un fer rond replié sommairement commande, semble-t-il, l’excentrique. Le tissu rose qui entoure la tige en fer rond est-il ici pour signaler aux badauds éventuels le danger qu’il y aurait à mettre sa main par là ? Bref c’est une mécanique extrêmement rudimentaire mais qui semble fonctionner : un investissement minimum pour un fonctionnement (des recettes) que l’on souhaite maximal, bien que…
Côté photo, le flou des rayons de la grande roue traduit bien la rotation et du coup on voit les meules tourner… Cliché intéressant donc, découvert sur la galerie de photos du site de GEO.
Photo © J.P. Bourdeilh 2002. La consulter sur sa riche GALERIE.
Possibilité ensuite d’afficher la photo en très grand format (dans ce cas nécessite de s’identifier, mais gratuitement, sur le site de GEO).

Repasseur de couteaux en Corée

6 juillet 2008

Troisième volet de la série consacrée aux rémouleurs travaillant avec un outillage simplifié.
La photo provient de Picasa, Galerie de photos de Jamet : Voyage en Corée, Jeongju et Parc Maisan. Elle date du 10 octobre 2007.
Ce repasseur n’a pas de meule, il utilise une pierre. On peut en déduire qu’il travaille le fil des lames, il est plutôt finisseur. Reposant sur un journal, le pliant sert de support à une planche en bois : c’est son plan de travail. Comme les rémouleurs des articles précédents, c’est avec son pied qu’il immobilise ce plan de travail. Apparemment, il travaille assis sur le sol. Il doit faire froid car il porte des mitaines, à moins que ce soit pour protéger des mains fragiles… Son outillage est des plus réduit et simple : deux pierres, un flacon, un pliant et une valise. N’aurait-il pas néanmoins un touret à meuler ou quelque outil dans la valise ? Deux paires de grands ciseaux sont en évidence sur un sac en plastique, est-ce pour vendre ? Quoi qu’il en soit, cet homme a peu de moyens, c’est évident. Au pays de Samsung, Daewoo et Hyundai, la pauvreté court encore dans les rues…

Photo © Jamet 2007. Voir sa Galerie. Clic sur l’image pour l’agrandir.

Rémouleur chinois au XIXe siècle

2 mai 2008

S’il est un ouvrage précieux dans l’histoire de la coutellerie, c’est celui de Camille Pagé publié en 1900 à Chatellerault et intitulé : LA  COUTELLERIE depuis l’origine jusqu’à nos jours. Ce sont six tomes grand format et des milliers de pages. Jeanne LAFFITE l’a réimprimé en 1994 mais cette édition reprint est épuisée et elle est devenue presque aussi rare que l’originale sans toutefois en avoir la valeur. C’est une véritable  » bible  » de la coutellerie mondiale : outre l’histoire du couteau depuis l’âge de la pierre, au fil des tomes Camille Pagé emmène son lecteur dans les différents continents et y présente pour de nombreux pays une situation de la coutellerie à la fin du XIXème siècle. S’il s’intéresse essentiellement à la fabrication des couteaux, l’auteur n’oublie pas pour autant les rémouleurs, ces intermédiaires indispensables pour l’entretien et le rafraîchissement des lames. Le tome V fait le tour de la coutellerie étrangère (sauf l’Europe) avec entre autres l’Asie et bien entendu la Chine. À l’heure des Jeux Olympiques 2008, on mesure l’évolution de la Chine en un peu plus d’un siècle.

remouleur-knife grinder-arrotino-afilador

Légende de la gravure : Rémouleur chinois, d’après une photographie communiquée par M. le Consul de France à Canton. Page 1128 ter, tome V