Archive for the ‘Au musée’ Category

Bonne année à tous les rémouleurs !

7 janvier 2016

Philogène Gagne-Petit présente ses meilleurs vœux et souhaite une très bonne année à tous les rémouleurs du monde.
Que ce soit à pied, accompagnés d’un âne, en bicyclette, à scooter, à moto, en fourgon-atelier ou en taxi anglais… ils sont encore nombreux, des milliers sans doute, à parcourir les chemins, les rues et les routes du monde.
Philogène leur offre en ce début d’année 2016 les photos d’un automate vu il y a quelques années dans le très beau Musée de l’Horlogerie (Uhrenmuseum) à Furtwangen, petite ville de la Forêt Noire (Schwarzwald) en Allemagne.

Musée de l heure à Furtwangen 2

Cet automate, antérieur au XXe siècle, est placé au dessus d’une pendule. Philogène n’a pas eu le plaisir de le voir en action. Il ne sait pas s’il fonctionne encore mais sur la photo ci-dessous, on aperçoit une courroie (rouge et blanc) qui entraine la roue d’énergie. Il est probable que la jambe droite appuie sur la pédale lorsque le mécanisme est lancé. Logiquement, la meule devrait, elle aussi, tourner.
Il n’y pas que ce rémouleur dans le musée mais une diversité de pendules, de la plus simple à la plus sophistiquée. La visite est un vrai plaisir, elle fait prendre conscience de l’importance de l’heure dans la vie et dans la société, aujourd’hui comme autrefois.

Musée de l heure à Furtwangen 1

– Photos © Henri Amblès.
– Photos du musée :  uhrenmuseum furtwangen schwarzwald

Publicités

Bonne année 2015 aux rémouleurs du monde !

31 décembre 2014

Philogène Gagne-Petit adresse ses meilleurs vœux et souhaite une bonne année aux rémouleurs du monde entier ainsi qu’à tous ceux qui les aiment… dont vous, lectrices et lecteurs assidus ou occasionnels.

Bonne annee remouleur 2015

Au monde entier, oui, car ce blog a déjà été lu dans près de 130 pays. Étonnant !
Philogène vous offre à cette occasion ce rémouleur d’amour qui, autrefois, se déplaçait de ville en ville… C’est une marionnette à fils datant du XIXe siècle.
À découvrir en grand format sur le Portail des Arts de la Marionnette en cliquant ICI.
– Photo © PAM.

Gangne et Petit

26 juin 2012

Ce dernier dimanche, Philogène Gagne-Petit arpentait les salles du Musée Carnavalet à Paris. Son attention fut attirée par des bandeaux en bois accrochés au mur et sur lesquels sont représentés, à la queue leu leu, les petits métiers de Paris au Moyen-Âge. Et là, agréable surprise : un rémouleur ! Les photos étant autorisées, sans flash ni pied toutefois, Philogène mémorise aussitôt le sujet avec son compact numérique.

Remouleur Musee Carnavalet

Le banc semble lourd et rustique, simple aussi. Le peintre a dû le représenter de mémoire. On peut se demander ce qu’est cette roue, ou poulie, qui semble toucher la roue de déplacement ? L’attitude générale est bonne. Remarquons le chapeau avec un volant à trois branches, il fait penser au rémouleur de David Téniers II (lien direct).
Enfin, comme le titre de cet article la reprend, l’inscription sous le dessin est GANGNE ET PETIT. C’est peut-être là l’origine du mot composé Gagne-Petit.
– Chaque bandeau mesure environ 40cm de hauteur et 3m de long.
– Site du Musée Carnavalet, Histoire de Paris : www.carnavalet.paris.fr

Rémouleur Musée Carnavalet inscription

L’amoulaïre, santon de la crèche.

23 décembre 2010

La crèche de Noël est une tradition des civilisations chrétiennes qui célèbrent ainsi la nativité, la naissance de Jésus.
Autrefois, les personnages et les animaux de la crèche étaient réels. Au fil du temps, les acteurs ont été remplacés par des personnages en bois, en cire, en carton pâte, en faïence…
En Provence, après la Révolution, les crèches s’installèrent dans les l’intimité du foyer familial. C’est alors que sont nés les santoun ou petits saints. Les premiers étaient en mie de pain mais l’argile rouge de Provence s’est imposée au fil du temps.

Amoulaire-de-la-crèche-Détail-pédale.jpg
Les santons sont traditionnellement vêtus dans la mode populaire sous Louis Philippe. Chaque personnage a son histoire que l’on peut apprendre au cours des Pastorales qui ont lieu en Provence dans la période précédant Noël.
Parmi tous les personnages évoquant les petits métiers figure l’amoulaïre (s’écrivant aussi amoulaire) qui n’est autre que le rémouleur.
Cet amoulaïre n’est  pas toujours en terre rouge. On le trouve parfois en plus grande taille comme celui que nous vous présentons aujourd’hui. Réalisé en matériaux divers : bois, tissu, métal, pierre, il est haut de 26 cm et destiné a une crèche publique accessible au plus grand nombre. La coupe des vêtements est soignée.
Sur le plan technique, on remarquera le souci du détail : la meule tourne, actionnée par une manivelle elle-même reliée par une tringle à une pédale.
– Cliquer ICI pour voir en gros plan le couteau sur la meule.
– Source du texte : Santon de Provence-Wikipedia (lien direct).

Le chien du rémouleur

25 novembre 2010

Notre article L’homme qui passe, publié en mai, a suscité plusieurs réactions. Entre autres, un lecteur nous a envoyé un document quelque peu similaire issu d’un livre français cette fois. Il s’agit de l’ouvrage La coutellerie Nogentaise au XIXe siècle de Philippe Savouret, paru en 1983. L’auteur y présente à la page 105 un dessin intitulé : Mandres – Atelier de coutellerie avec roue mue par un chien. Un atelier comme il y en avait beaucoup autrefois dans les villages du bassin nogentais. Ce dessin d’après une photo, qui n’est pas daté ni signé, pourrait être du début du XXe siècle, voire plus récent.
Il y a cependant une distinction à faire entre le rémouleur de Caen et celui de Mandres : ce dernier, comme son chien, travaille à l’intérieur et son métier n’est pas transportable, loin s’en faut…
Une reproduction de ce dessin figure aussi au Musée de la Coutellerie de Nogent en Haute-Marne.
Ainsi, nous connaissons maintenant au moins deux représentations de chiens actionnant la roue d’énergie pour faciliter le travail d’émoulage de leur maître.

Mandres-(52)-Roue-mue-par-un-chien.jpg

– Merci au lecteur (qui souhaite garder l’anonymat) à l’origine de cet article.
– Pour voir notre article L’Homme qui passe (lien direct) de mai 2010.
– Notre article sur le Musée de la Coutellerie de Nogent (lien direct).
– SAVOURET (Philippe), La coutellerie nogentaise au XIXe siècle. Dominique Guéniot Éditeur, Langres, 1983, 222 pages.

Savoyards par monts et par vaux

3 août 2010

Quand il fallait partir travailler ailleurs…
C’est le thème d’une passionnante exposition présentée tout l’été (jusqu’au 19 septembre 2010) à Combloux en Haute-Savoie.
Au cours des siècles passés, la Savoie comme beaucoup de régions de montagne, a été une terre d’émigration.
La longueur des hivers, la forte densité de la population, la misère, les épidémies ont engendré dans ces régions et au fil des siècles des phénomènes de remues de population. Les Savoyards des villages de montagne ont dû quitter leur pays pour gagner leur vie ailleurs.
Cette émigration de masse commence au XIVe siècle avec la grande peste et se termine à la veille de la deuxième guerre mondiale



Gagne-deniers, portefaix, ramoneurs, peigneurs de chanvre,
rémouleurs La pauvreté a contraint certains à accepter des tâches pénibles et mal payées.
À côté de cette émigration de misère s’est développée une importante émigration marchande : artisans ambulants, chaudronniers, magnins ou ferblantiers qui vendent et entretiennent les ustensiles et les outils. Puis viennent les colporteurs merciers qui portent leur “balle” sur les chemins. Certains auront des réussites exceptionnelles, formant ainsi une aristocratie marchande très riche.

Deux grandes parties sont proposées dans cette exposition :
♦ L’une consacrée à l’émigration des XVIIe et XVIIIe siècles et plus particulièrement aux colporteurs,
♦ L’autre à l’émigration du XIXe, en particulier aux commissionnaires de l’Hôtel des Ventes Drouot à Paris, les cols rouges.
Textes, gravures, documents divers, photos, objets sont complétés par deux vidéos :
♦ Un court extrait du très beau film LA TRACE, avec Richard Berry en colporteur, film réédité en DVD à l’occasion du cent cinquantième anniversaire du rattachement de la Savoie à la France (1860-2010),
♦ Un montage de souvenirs recueillis chez les anciens commissionnaires de l’Hôtel des Ventes Drouot à Paris, tous savoyards !
Bref, un contenu d’une grande richesse, agréablement présenté dans un cadre exceptionnel : le Musée de la Pente, une ancienne ferme savoyarde typique, la ferme à Isidore, monument historique situé en plein centre de Combloux. Un catalogue est disponible, la documentation est abondante, l’accueil est chaleureux. À voir absolument !
Illustration : petit bronze de Charles-Louis Menn (1822-1894) en vente sur Artquid.com
– Cliquer sur l’image pour voir l’affiche de l’exposition.
– Tous renseignements : http://museedelapente.free.fr (lien direct).

Nogent : couteaux et ciseaux au musée

1 juin 2010

Autrefois, quand on disait à propos des ciseaux : c’est du Nogent, cétait une référence. Les temps ont changé avec la mondialisation mais Nogent, en Haute-Marne (nord-est de la France), reste un centre de production de qualité. Si cette production s’est aujourd’hui recentrée, dans cette petite ville comme dans les villages autour, des ateliers de haute technologie fabriquent toujours du Nogent.
L’Espace Pelletier, musée installé en centre-ville dans une ancienne coutellerie, perpétue la mémoire de deux siècles de production nogentaise. Nous l’avons visité il y a peu. Nous avons pu admirer la diversité des objets fabriqués au fil du temps, notamment des ciseaux finement ciselés comme des dentelles ainsi que toutes sortes de couteaux et autres instruments de chirurgie. L’ensemble, d’une grande richesse, est remarquablement présenté et mis en valeur.

Au détour d’une salle nous avons eu l’agréable surprise de découvrir un banc de rémouleur parfaitement conservé.
Typique du sud de la France avec sa grande roue d’énergie, il provient des Pyrénées et date du XIXe siècle. Ce banc apparaît très fonctionnel dans sa conception. (more…)

Le banc de Eugène Deléglise

29 octobre 2008

Plusieurs musées de par l’Europe évoquent le travail du rémouleur, quelques uns très spécialisés, d’autres exposant le plus souvent la pièce principale du métier : le banc. À partir d’aujourd’hui, le blog s’enrichit donc d’une nouvlle catégorie : Au musée.

Il nous a été donné de visiter il y a quelques années le Musée des costumes et des traditions populaires de Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie et d’y découvrir une belle machine. L’Association des Amis du Musée nous permit alors de la mesurer et de la photographier.
C’est l’outil de Monsieur Eugène DELÉGLISE, rémouleur local, qui l’utilisa jusqu’en 1940. On a peu de détails sur ses conditions de travail sinon qu’il réparait aussi les parapluies. Était-il sédentaire ou itinérant ? Un constat : son banc ne possède pas de roues. Pouvons-nous conclure pour autant ? Difficile tout-de-même d’imaginer cette machine dans les rues…

Et pourtant elle a bien deux brancards. Remarquons qu’un compas sur chacun des pieds situés à droite sur la photo leur permet de se replier. Des crochets (bien visibles sur la photo ci-dessus) retenaient alors les pieds repliés. On peut en déduire que cette machine pouvait être installée sur un élément mobile, une charrette par exemple, permettant l’itinérance dans la ville.
La longueur du métier est de 2,28 m (1,76 m pour le châssis et 0,52 m pour les brancards) pour une largeur de 0,54 m. La traverse supérieure du châssis est à 1,00 m. C’est aussi la hauteur du plan de travail. Une planchette servant de siège est fixée sur les brancards. Remarquer sur chaque pédale un cale-pied permettant un positionnement optimum des pieds ainsi qu’un petit coffre de rangement à l’extrémité droite du métier.

(more…)