Posts Tagged ‘knife grinder’

Knives and scissors to grind

4 juillet 2014

 « Couteaux et ciseaux à repasser », c’est la légende de cette carte postale anglaise du début du XXe siècle. Et pourquoi un rémouleur anglais ? Et bien parce que le 101ème Tour de France prendra demain le départ de la ville anglaise de Leeds mais surtout, l’étape du lendemain, le dimanche 6 juillet 2014, s’achèvera à Sheffield, autrefois ville phare de la coutellerie au Royaume Uni et même dans le monde.
Dès le XVIe siècle, Sheffield était connue pour ses couteaux et à partir de 1600 Sheffield est devenue le centre de la production coutelière de l’Angleterre, créant une croissance sans précédent, la construction d’usines et la création de banlieues de riches industriels mais aussi de quartiers ouvriers en terrasses (d’après Wikipedia).

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Le knife grinder semble en train de limer à l’arrière de son métier. À l’abri, ce qui n’est pas un luxe dans la mauvaise saison, l’homme s’assied pour affûter : on voit le minuscule banc, les brancards, les deux pédales ainsi que la meule de bon diamètre. Ce qui est étonnant, c’est que l’on ne distingue pas de roue d’énergie (ou grande roue), pas de réserve d’eau non plus. Cela est peut-être masqué par des accessoires dont les formes ne sont pas très distinctes.
Quant aux couteliers de Sheffield, Philogène Gagne-Petit nous promet qu’il évoquera bientôt la grande époque et les conditions de travail qui en découlaient…

Le rémouleur (knife grinder) de Eric Ravilious

18 avril 2014

L’auteur de cette lithographie est un artiste anglais, Eric Ravilious (1903-1942). Multicartes, il était peintre, désigner, illustrateur de livres, graveur sur bois, mais il est surtout connu pour ses aquarelles. Il fut un artiste de guerre pendant le deuxième conflit mondial. Sa vie se termina tragiquement au cours d’une mission en 1942, il avait 39 ans, lorsqu’un avion de la RAF (Royal Air Force) qui le transportait vers la Finlande se perdit au large de l’Islande.

Knife grinder par Eric Ravilious

Le banc est caractéristique de ce que l’on pouvait voir au Royaume Uni dans les années 20-30 du XXe siècle : grandes roues et rémouleur assis haut perché. D’une façon générale, en comparaison de ce qui existait dans les autres pays européens, le métier était simple, léger et souvent décoré.
La sensibilité artistique dEric Ravilious lui a fait accentuer ces aspects. Le point de vue, en contre-plongée, ajoute à l’ensemble une représentation très aérienne qui transcende la réalité. C’est une vision idéalisée du rémouleur et cela lui donne une certaine noblesse.
– Note : le mot CHAIRS indique que l’homme réparait aussi les chaises.

Un rémouleur devant le château de Windsor (GB)

4 avril 2014

Résidence officielle des rois et reines d’Angleterre depuis bientôt un millénaire, le château de Windsor accueille actuellement et jusqu’au 5 mai une exposition des aquarelles des frères Sandby, Paul et Thomas. Vivant au XVIIIe siècle, Thomas était architecte tandis que Paul s’est fait une réputation en tant qu’aquarelliste. C’est d’ailleurs à Paul que l’on doit la majeure partie des œuvres exposées. Celles-ci sont d’une telle qualité qu’on lui a attribué le titre de « père de l’aquarelle anglaise« . En regardant ces peintures aujourd’hui, on se projette deux siècles en arrière dans ce qu’était la vie du château et de son domaine.

Château de Windsor La Porte Henri VIII avec sa garde son public et ses travailleurs Paul Sandby

Comme dans toute communauté, il y avait à cette époque des rémouleurs. En voici un, devant l’une des portes du domaine, la Porte Henry VIII. On retrouve là un banc brouette caractéristique de cette période anglaise. La scène est très vivante, tandis que le rémouleur fume la pipe, les étincelles jaillissent. Un broc est accroché sur l’un des bras de la brouette. Ce qui crée la vie dans ces aquarelles, c’est la multitude de personnages de rangs différents : nobles, gardes, marchands, gens du petit peuple comme ce ramoneur et son tout jeune aide qui observent notre rémouleur, fascinés sans doute par la mécanique, le feu, le bruit de l’acier sur la meule…
Hélas, peu d’entre nous pourront se rendre à Londres pour cette exposition. Les organisateurs y ont pensé : on peut quand même admirer les aquarelles et revivre l’ambiance du château de Windsor grâce à Internet. Un site a été créé et une application pour iPhone et iPad est disponible gratuitement. C’est en anglais mais cela ne présente pas d’obstacle majeur : à consommer sans modération, c’est remarquablement conçu.
Bon voyage au château de Windsor !

Rémouleur Chateau de Windsor RU

– Le site : CAPTURING THE CASTLE (lien direct).
– On peut consulter les aquarelles et les télécharger en grand format.
– Un lien permet de télécharger l’application pour iPhone et iPad.

Australie – Melbourne – 1930

14 mai 2013

THE ARGUS était un journal australien de Melbourne, au format tabloïd, dans les années 20 et 30 du XXe siècle.
C’est dans le supplément photo du samedi 1er novembre 1930 qu’est publié ce cliché d’un rémouleur australien.

1930 Rémouleur en Australie Journal

À priori, l’homme a du travail : ciseaux, couteaux. Il semble qu’il travaille à sec, on ne voit pas de réservoir pour l’eau. On distingue plusieurs meules dont celle de droite paraît être une meule de finition. Enfin, il travaille assis. On ne voit pas vraiment le mécanisme, ni la/les pédale(s), juste une poulie avec des rayons.
L’angle de prise de vue choisi par le photographe est original, ce qui nous permet de bien voir l’axe des meules et, surtout, la position d’affûtage.
Le texte sous la photo : CISEAUX À REPASSER
« Les couteaux et les ciseaux aux lames émoussées vont retrouver des arêtes de coupe vives de la main experte de cet artisan pittoresque, dont la meule tourne activement dans les rues du Sud de Melbourne. »
– Dimensions – de la page : 31 x 46 cm – de la photo : 25 x 32 cm.

Leamington (GB) – 1937

28 mai 2010

Il est toujours intéressant de voir un rémouleur en situation, entouré de ses clients ou de curieux. C’est le cas sur cette photo d’amateur datant de 1937 au dos de laquelle figurent en manuscrit les indications suivantes : Knife grinder – Leamington – 1937 – Anne on left. On connaît au moins le prénom de l’une des neuf personnes (oui) présentes au moment de la photo. On pourrait avoir un doute quant au pays d’origine car il y a trois communes dans le monde qui portent le nom de Leamington. La plus ancienne est sans doute celle de Grande-Bretagne, près de Birmingham, les autres sont au Canada et aux États-Unis (Ontario). Cette photo a été acquise en Grande-Bretagne et le style de l’écriture au dos ne permet pas de doute.

Le banc de notre knife grinder est assez typique de l’Angleterre dans sa conception générale : compact, lourd et probablement stable. Il possède néanmoins quelques particularités : pas de siège pour l’homme, le bandage de la grande roue est utilisé uniquement pour les déplacements. C’est une poulie concentrique de plus petit diamètre, solidaire de la grande roue, qui transmet par une courroie, bien visible ici, la rotation à l’axe des meules. On a l’impression que l’ensemble tourne à grande vitesse. Comme très souvent en Europe, le rémouleur répare les parapluies… à moins que celui qui est visible soit pour son usage personnel. Quant au déplacement du banc, on ne voit pas très bien comment s’effectuait la manœuvre.
Cliquer sur la photo pour voir le rémouleur en grand format. Le pillage de notre blog sans indication de source nous conduit à surcharger la photo.

Everyday good work

2 septembre 2008

Copie d’une enseigne en bois et en relief, de style anglais, acquise il y a une quinzaine d’années.
La représentation du rémouleur est assez bonne, même si celui-ci pédale du pied gauche, ce qui est rare dans la réalité mais courant sur les gravures ou lithographies, procédés d’impression qui inversent le dessin de l’artiste.
En admettant que l’original de cette enseigne ait vraiment existé, on ignore si le rémouleur tenait boutique ou s’il était itinérant, voire les deux… Une chose est sûre, la renommée de la profession est évoquée par ces trois mots : Everyday Good work.
Dimensions : 53 x 78 cm.