Posts Tagged ‘banc brouette’

Rémouleur en Haute-Savoie

18 juillet 2015

Philogène traîne actuellement ses guêtres en Haute-Savoie. Passant récemment par La Chapelle d’Abondance, il était invité à déjeuner dans un hôtel-restaurant de qualité : Les Cornettes… Après le café, visite de cet établissement familial de plusieurs générations qui abrite un musée relatant la saga de la famille Trincaz. Au hasard, sur une belle fresque représentant les petits métiers d’autrefois, Philogène aperçoit un rémouleur !

Rémouleur-JL-Danel

Cette fresque a été peinte il y a quelques années par un artiste local bien connu, Jean-Luc Danel. On trouve ses œuvres : enseignes, affiches, posters, etc, un peu partout dans la région. On peut aussi le rencontrer dans son magasin-atelier à La Ville du Nant, hameau de La Chapelle d’Abondance, et emporter de chez lui un souvenir de ses nombreuses œuvres : peinture sur bois, objet peint ou simple carte postale…
– La fresque des petits métiers d’autrefois, de hauteur 50cm environ, mesure approximativement cinq mètres de long.

Le rémouleur d’Antonio de Puga – Espagne – 1640

12 juin 2015

Cette superbe peinture nous ramène près de 400 ans en arrière… Oeuvre de Antonio de Puga en 1640 (certains la situent en 1635), elle est classée parmi les œuvres de l’École Espagnole avec les peintures de Diego Velazquez, entre autres génies.
Il est né en 1602 à Ourense en Galice, fils d’un tailleur du même nom et de Ynes Rodriguez. Il a aimé peindre des scènes avec de petites gens comme ce rémouleur. Et comme par hasard, il est né dans une ville réputée depuis toujours pour la fabrication d’excellents couteaux. Il a donné à sa province natale ses lettres de noblesse en peinture et ses œuvres sont exposées dans de grands musées du monde entier.
Celle-ci, El afilador, est présentée au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg en Russie.

Puga afilador

Dans ce tableau, Puga ne s’intéresse pas à l’environnement. Il privilégie le repasseur et son banc qui occupe l’essentiel de l’espace. Les clients sont quelque peu relégués dans la moitié gauche de l’œuvre.
Le banc est très rustique : type brouette avec roue pleine, plusieurs éléments sont assemblés avec des cordes. Le réservoir à eau, un tonnelet, est de bonne taille. Les supports de la meule sont rudimentaires.
Le rémouleur affûte un poignard, l’homme en noir lui tend une pièce, preuve pour le spectateur que le rémouleur est bien un gagne-petit..
On ne sait pas si le soldat a quelque objet à faire affûter, peut-être que le poignard est à lui…
Un peu coincée à l’extrême gauche du tableau, une jeune femme attend son tour avec, semble-t-il, un hachoir dans la main. Elle regarde le spectateur et semble dire, en posant l’autre main sur son ventre rond, qu’elle attend un enfant, cinquième personnage de cette composition.
Cette belle œuvre a toujours fasciné Philogène !
– Le tableau, huile sur toile, mesure 118 x 158 cm.
– Voir l’œuvre en grand format en cliquant sur l’image.
– Dans la cathédrale de Ourense, sa ville natale, une plaque honore l’artiste. (lien direct).

Li r’sinmeu – Wallonie – 1913

15 novembre 2014

Cette carte postale fut envoyée en 1913 de Liège vers Saint-Nicolas-Waes, une commune située entre Anvers et Gand, en Flandre. La légende est imprimée en deux langues, français et langue wallonne, ce qui donne : le rémouleur, li r’sinmeu.

Li r simeu Wallonie

Sur un banc de rémouleur, la roue d’énergie, ou grande roue, est située à différents endroits. Dans le sud de la France, voire aux Pays-Bas par exemple, elle se trouve en avant du banc. Sur un banc de type chevalet, simple, économique, elle apparaît en dessous de la meule, souvent d’un grand diamètre.
Sur le banc de type brouette de ce rémouleur, elle est installée en dessous mais d’un diamètre moins important que sur un chevalet. Son axe est donc assez bas, en conséquence la tige qui relie la pédale à l’excentrique est très courte.
L’ensemble devait être assez lourd et au regard des bras de transport, très bas, le rémouleur devait être vigilant pour maintenir l’équilibre lors des déplacements, notamment sur les pavés.
Remarquer que grâce à la hauteur de la meule l’homme a une position de travail assez droite, comparativement à d’autres bancs sur lesquels le rémouleur est presque plié en deux.

Inapte à un travail suivi : tu seras rémouleur !

14 février 2014

Le rémouleur, c’est le titre d’une histoire imprégnée de morale chrétienne qui est racontée dans le journal La semaine des familles du samedi 20 août 1873.
Jérôme, le héros, jeune orphelin de père et de mère, est recueilli par un généreux abbé. Il part à Paris à la recherche d’un oncle qui a réussi. Après maintes péripéties, d’oncle riche il ne retrouve point. Alors qu’il est adulte, quelque peu instable, il retrouve l’abbé qui constate que Jérôme est inapte à un travail suivi et donc l’encourage dans son désir de devenir rémouleur : plus belle la vie ! Jérôme le rémouleur adopte ensuite un enfant puis un chien et les voila partis tous trois sur les routes de France.

Rém Semaine des familles 1873

L’histoire est illustrée par cette belle gravure réalisée probablement sur commande. Dans un paysage quelque peu désolé au loin duquel monte la fumée d’un feu de bûcherons, on aperçoit quelques silhouettes de maisons et même un clocher. Jérôme le rémouleur et ses deux compagnons sont bien présents, tous au travail pour faire avancer le banc d’affûtage sur un chemin irrégulier. Un banc de type brouette assez étonnant comme on pouvait sans doute en voir fréquemment à cette époque de la deuxième moitié du XIXe siècle.
Remarquons encore une sorte de baluchon posé juste derrière la roue de la brouette, s’agit-il de quelques outils ou bien des effets personnels de Jérôme et de l’enfant ?
Plus belle ou plus dure la vie ?
– En bas de la gravure apparaît un nom : DELANGLE.
– Dans le coin en bas à droite, deux initiales : GR.
– Dimensions de la gravure : 13,5cm x 9,5cm
– Format du journal : largeur : 19,5cm – Hauteur : 29cm.

Rémouleur – Anvers – Début du XXe siècle

7 avril 2013

Belle carte postale qui précise bien que la photo a été prise à Anvers en Belgique. On peut la dater, mais sans certitude, vers les années 20.
À cette époque, la Flandre obéissait encore aux lois imposées par la Wallonie et notamment la langue.
Bien que les indications au bas de la carte soient en quatre langues : français, flamand, anglais et allemand, le français était imposé comme langue officielle. Ainsi sur cette photo toutes les inscriptions sont en français, y compris les moins lisibles : Fabrique de maroquinerie, Léon Vanderplancke et Lettres sur le volet de la boîte.

Remouleur a Anvers

Le rémouleur travaillait avec des enfants, les siens peut-être. Était-ce habituel ou seulement pendant les vacances scolaires ? Allaient-ils encore à l’école ? Autant de questions. Ce qui est connu, c’est que ces enfants, que l’on appelait des mousses en Lorraine, partaient dans le quartier recueillir auprès des particuliers ou des commerçants les outils tranchants à repasser pendant que le rémouleur travaillait en place. Leur rayon d’action pouvait être parfois très important, doublé ici puisqu’ils sont deux.
Le banc, de type brouette, est caractéristique des Flandres, on le retrouve d’ailleurs dans le nord de la France.
Saluons les qualités de cette photo : cadrage, mise au point, mise en scène car il s’agit bien de cela ici. Mais en même temps, quelle vérité dans les visages qui ne reflètent pas la joie de vivre ! Chacun des jeunes arbore des outils à repasser : rasoirs, couteaux de boucher, ciseaux. Enfin, le personnage d’arrière plan n’est pas qu’un simple passant, il participe, lui aussi, à la mise en scène. Honneur donc au photographe !
Curieusement, on retrouve le même style sur une autre carte-photo (lien direct) que nous avons publiée précédemment et qui fût, elle aussi, envoyée de Anvers !

Allemagne – 1929

1 juin 2012

Le dernier article en date Le rémouleur de Cassel (Nord) présentait un banc de type brouette avec siège intégré ! En voici un autre du même type mais beaucoup plus rustique.
Il s’agit d’un détail d’une photo au format 13×18 datant de 1929, hélas le lieu est inconnu.
Le banc est très simple, il comporte juste ce qu’il faut, sans fioritures. Il ressemble en cela aux bancs en vigueur au XVIIIe siècle que l’on peut voir sur quelques gravures d’époque. Cela pour dire que ce n’était pas la richesse en Allemagne en 1929. Et pour cause, les pays industrialisés étaient en crise. Qu’attendent tous ces hommes près des attelages en arrière plan ? Du travail sans doute. On remarquera que le jeune garçon au premier plan à gauche est pieds nus. Qui sait si, une dizaine d’années plus tard, il n’est pas allé, plus ou moins de force, grossir les rangs de l’armée allemande ?
Les conséquences des crises sont souvent terribles.
Une photo qui pourrait paraître banale, elle est pourtant un témoignage intéressant sur une époque.

Remouleur scherenschleifer Allemagne 1929

Le rémouleur de Cassel (Nord)

18 mai 2012

La commune de Cassel est proche de Hazebrouck et de la frontière belge dans le département du Nord. Elle abrite plusieurs monuments historiques, un musée départemental et organise chaque année un Festival de musique. Elle a vu naître sur sa terre plusieurs personnalités. La population est d’environ 2300 habitants.
Pour plus de détails consulter Wikipedia.

Cassel Remouleur

Autrefois, les rémouleurs y faisaient régulièrement étape, on le voit sur cette carte postale du début du XXe siècle. Rien d’étonnant à ce que le banc de notre repasseur soit typique des Flandres : on est tout près de la frontière. D’ailleurs, c’est peut-être même un flamand, on sait que les rémouleurs voyageaient beaucoup en ces temps anciens – Cf le livre de Henri Amblès AU PAYS DES ÉMOULEURS.
Ce banc flamand est de type brouette, les bras pour le déplacement se situent assez bas. La roue d’énergie est de taille moyenne et, progrès notoire, le rémouleur est assis, ce qui n’était pas le cas aux siècles précédents sur les bancs de ce type.

Cassel Remouleur detail