Mexico au XIXe siècle

3 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Ce dessin est extrait du livre de Camille Pagé LA COUTELLERIE DES ORIGINES À NOS JOURS (Grand format, 6 tomes), publié en 1896. La bible des couteliers !
Réalisé d’après une photographie, il nous montre un métier rustique et certainement lourd. On peut se demander de quelle façon le rémouleur se déplaçait : il ne paraît pas être dans un environnement d’atelier mais plutôt dans la nature… Il travaille cependant sur un banc traditionnel comme il y en avait en Europe au XIXe siècle.
On pourra comparer ce rémouleur avec ses collègues de 2008 que nous avions présentés ICI et (liens directs).
On retrouvera aussi un dessin de rémouleur chinois (lien direct) issu de l’ouvrage de Camille Pagé, publié en 2008.

Rémouleurs-de-Mexico

Rémouleur mécanique

16 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

Il y a toujours eu de la concurrence, même pour les rémouleurs ! Le progrès n’a pas arrangé les choses… Pour preuve : en Allemagne cette réclame du premier quart du XXe siècle pour la maison HARRAS. Si la traduction est bonne, elle vante ses machines de nettoyage et d’affûtage. Destinées aux collectivités, ici un restaurant, elles sont multifonctions et envoient les rémouleurs ambulants au bureau du chômage… À voir.

Harras-remouleur-mecanique-Timbre-pub

On voit qu’il s’agit d’un timbre de dimensions 66 x 48 mm. Il suffisait de mouiller la gomme au dos  pour placarder cette pub ici ou là. Les nombres en haut, à gauche et à droite semblent indiquer qu’il existait une série de 6, ce timbre étant le N° 4. Imprimé à Nuremberg.

Roumanie aujourd’hui

10 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

Les sites de photos réservent parfois de bonnes surprises. Ainsi sur Picasa nous avons découvert dans une des galeries de GEORGES cette belle prise d’un rémouleur réalisée en été 2008 dans la ville de Timişoara située à l’ouest de la Roumanie.
En 1989, cette ville multiculturelle et très dynamique fut la première du pays à s’être libérée de la dictature de Ceauşescu. Qualifiée de  Petite Vienne ou encore de Cité des roses, sa population est aujourd’hui de plus de 336.000 habitants. Et parmi eux il y a au moins un rémouleur.

remouleur-roumain-2008

Le banc de ce tocilar (rémouleur en roumain) est de structure robuste. Conçu à partir d’un type brouette, il est assez perfectionné. Remarquer sa grande roue (dont on perçoit la rotation) ainsi que la commande de l’excentrique qui permet d’entretenir le mouvement. La pédale n’est pas reliée directement à l’excentrique mais utilise un système de renvois donnant sans doute plus de fluidité en évitant les à-coups. Noter que l’axe de la grande roue et celui des meules sont vraisemblablement montés sur roulements à billes, ce qui réduit notablement l’effort sur la pédale et donne un meilleur rendement. Un caisson permet de ranger les accessoires et outils complémentaires. Ce banc est assez original dans sa conception
Photo © GEORGES 2008. Pour voir la photo (que nous avons recadrée, qu’il veuille bien nous en excuser) en grand format, aller sur sa riche GALERIE Picasa (lien direct).

Arrotino à Lugano

3 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

La scène se situe en Suisse italophone, dans les années 20. Cette carte postale est écrite au dos et le cachet de la Poste indique 1927.
Dans le canton du Tessin, il est une jolie ville située sur la rive nord du lac du même nom : Lugano. C’est la 3e place financière suisse et, grâce à son climat et à sa végétation luxuriante, un centre touristique important.
Le rémouleur, chapeau sur la tête, quitte la ville et emprunte la route de Castagnola, à l’époque une commune voisine, aujourd’hui quartier de Lugano. Au fond, le Monte San Salvatore qui domine la ville et le lac. L’homme pousse son banc à une roue, cette grande roue polyvalente qui est utilisée aussi pour le rémoulage, caractéristique des métiers des rémouleurs italiens avant que ceux-ci adoptent la bicyclette.

Lugano-remouleur-Solitude
À bien y regarder, l’homme est accompagné, il est suivi d’un enfant en bas âge, pieds nus dirait-on. Cependant, dans ce cadre pittoresque et grandiose, ces individus semblent bien seuls. La circulation ne doit pas être très dense même s’il y a quelques traces sur la chaussée…
Cette belle carte postale ancienne (avec ses niveaux de gris) nous renvoie à celle de Camprodon publiée le 20 août 2008. Cf notre article La solitude du rémouleur (lien direct).
Cliquer sur l’image pour afficher le rémouleur et l’enfant en grand format.

Amolador au Brésil

25 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

C’est en 2008 que Gustavo Peres, alias Hannap, a pris cette intéressante photo d’un amolador en plein travail dans une rue de São Paulo au Brésil.
C’est un bel exemple d’outil de travail réalisé avec des éléments de récupération. Un cadre de bicyclette est à l’origine du banc de ce rémouleur. C’est une pratique courante dans le monde entier, on a déjà pu le voir sur ce blog ici (en Tanzanie) ou (aux Philippines).
Amolador-Sao-PauloGrâce à une transmission par chaîne (de vélo), le pédalage fait tourner une roue à rayons. Cette roue est, semble-t-il, une roue de vélo d’enfant car son diamètre est faible. Elle transmet sa rotation au groupe de deux meules (de granulations différentes) par une courroie d’apparence trapézoïdale en caoutchouc (ou en matière synthétique).
On peut supposer que le rémouleur est assis sur une selle, autre pièce d’une bicyclette. En dessous sont fixées, par des colliers, une pince universelle et un petit flacon cylindrique en plastique.
La roue gonflable dont on aperçoit la valve est récupérée d’une petite moto ou d’un scooter. Elle est utilisée pour les déplacements : l’amolador bascule alors l’ensemble du banc et le pousse.
Remarquons que l’assise de l’ensemble est modeste, notre homme ne doit pas trop se pencher d’un côté ou de l’autre… Pas de risque, il est très concentré sur son travail !
- Photo © Hannap-Gustavo Peres.
- Pour mieux discerner les détails de ce banc, aller sur la galerie photo de Hannap et ouvrir la photo en grand format.

Journées du Patrimoine 2009

18 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

C’était une enseigne originale du vieux Paris pour un magasin de confection AU GAGNE PETIT, peut-être la plus ancienne enseigne de pierre de Paris. Datant de la première moitié du XVIIIe siècle, elle se trouvait à l’angle de la rue des Nonnains-d’Hyères et de la rue de l’Hôtel de Ville dans le 4e arrondissement. Mais le quartier fut restructuré et la rue disparut ! D’aucuns exprimèrent leur mécontentement :
Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là… […] qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l’inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d’Hyères, laquelle ne s’opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIe siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l’enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l’immeuble sis au N° 5…
… Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d’origine, montrait un rémouleur dans son costume d’époque : tricorne noir, redingote rouge et bas blancs…

Nonnains-JJ-Dufour

Pendant la destruction l’enseigne fût démontée. Elle est actuellement au Musée Carnavalet, musée historique de la Ville de Paris. Grâce aux techniques modernes d’investigation, analyses stratigraphiques et chimiques, on a décelé qu’elle fut peinte et repeinte plusieurs fois.
Lors de la reconstruction du quartier, une copie assez différente, non peinte, a été installée à l’angle des rues de Jouy et de Fourcy. Sans être très ancienne, elle rappelle néanmoins un bel objet du Patrimoine.
- Illustration : eau-forte de Jean-Jules Dufour in LES ENSEIGNES DE PARIS.
- Voir l’enseigne dans son site d’origine : CPA © Roger-Viollet
– Pour voir l’enseigne actuelle (photo © Henri Amblès), cliquer ICI.

Paris, 1938

10 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Amoureux de Paris, découvrez une sélection de 25000 photos de la capitale. A consulter et à partager.
C’est l’accroche pour le site PARIS EN IMAGES et c’est là que l’on peut trouver quelques photos de rémouleurs ayant exercé dans la capitale entre 1900 et 1941.
Celle-ci est datée 1938-1939, sans précision du nom de l’auteur, un anonyme peut-être.
Avec ses beaux gris (comme nous les aimons… cf notre article La solitude du rémouleur) cette photo traduit l’atmosphère d’une époque, d’une période hélas pré-apocalyptique. Et il y a du mouvement dans ce document avec le petit peuple qui va et vient, les voitures, le chien…
Le métier de ce repasseur est particulièrement léger et malgré une fragilité apparente il paraît tout-de-même solide. À bien y regarder, on peut penser à une auto-fabrication : roues de bicyclette, montants et traverses de faible section… Cette charrette est néanmoins fonctionnelle malgré sa simplicité et notre rémouleur est protégé des intempéries. Sa position de travail semble correcte. Il dispose en outre d’une caisse d’un bon volume pour ranger quelques outils, chiffons, accessoires. Par contre, les couteaux des clients sont posés sur le trottoir…
Photo © LAPI / Roger Viollet

Rém-Paris 1938-1939

Philippines

26 août 2009 par Philogène Gagne Petit

knifesharpener-Manille

Excellente photo de Mark Dominic qui a saisi ce rémouleur dans une rue de Manille le 17 janvier 2006. Son banc est minimal mais semble efficace, susceptible de donner de bons résultats… Ce qui semble le cas ici. Le métier est léger, facilement transportable. Quelques accessoires et peut-être quelques couteaux à vendre sont rangés dans la mallette. Enfin, le personnage est assez pittoresque mais plus tout jeune… Peut-il espérer percevoir un jour une retraite ?
Photo © Mark Dominic. Pour visiter sa page : photos prises avec un objectif de 50mm dans les rues de Manille, cliquer sur l’image.

Afilador Orense

19 août 2009 par Philogène Gagne Petit

Incursion en Espagne dans la production de la peintre LAURA. Sur son site qui présente de nombreuses œuvres naïves, nous avons découvert ce rémouleur haut en couleurs. Surtout ne pas rechercher le réalisme dans la représentation du métier mais l’homme et sa machine sont bien campés, représentés tout près des maisons d’où sortiront peut-être quelques clients… La poésie dégagée par cette œuvre est due au couple rémouleur-métier ainsi qu’à la branche d’arbre, seuls éléments comportant des courbes dans un ensemble architectural semble-t-il assez froid, voire déshumanisé.
Quant au titre, il évoque la ville d’Orense ou la province du même nom en Galice.
Et bien sûr on apprécie cette peinture…
Pour aller sur le site foisonnant de Laura :
el dibujo de laura.

remouleur-afilador-laura

Normandie 1900

12 août 2009 par Philogène Gagne Petit

Retour en France avec cette vue d’un rémouleur normand vers 1900. Lui-même et sa cliente, voire son épouse, posent pour la photo. Parfois, les rémouleurs travaillaient en couple, l’épouse faisait le ramassage des ustensiles à rémouler dans le village tandis que son mari aiguisait. L’ouvrage terminé, elle les reportait ensuite à leur propriétaire et encaissait les sommes dues. Vu son âge, le rémouleur n’est pas un débutant, son métier est perfectionné avec toiture le mettant à l’abri du soleil ou des intempéries. La charrette est calée à l’avant comme à l’arrière, notre homme peut donc s’asseoir pour effectuer un travail de qualité sans trop de fatigue.

Normandie-1900

Reproduction d’une carte postale ancienne (détail) portant au recto les mentions ” Normandie, Année 1900 “.
© Éditions Normandes LE GOUBEY – CAEN.

Kashgar aujourd’hui

5 août 2009 par Philogène Gagne Petit

” En 1953, le régime féodal avait été complètement éliminé. La Région autonome ouïgoure fut établie officiellement le 1er octobre 1955. Durant la révolution culturelle (1966-1976), les soulèvements furent nombreux et le gouvernement dut redoubler d’efforts en 1978 pour réinstaller la stabilité et amorcer une nouvelle période de développement alignée sur la réforme et l’ouverture.”
Extrait d’un article publié sur le site de l’Agence Chine Nouvelle : Les Ouïgours-Ethnie chinoise
Les médias en ont abondamment parlé en juillet. À l’heure où la ville de Kashgar est totalement fermée aux étrangers après les conflits entre les Ouïgours et les autorités chinoises, la vie continue dans cette ville, carrefour des fameuses routes de la soie, située au sud-ouest de la région autonome du Xinjiang en Chine.

nomada_kashgar

Malgré la situation tendue, les artisans continuent leur travail. Sur cette photo prise il y a quelques années et publiée en 2007, on constate que le métier utilisé par ce rémouleur est différent de celui de la Chine traditionnelle (Cf nos articles des 2 mai 2008 et 8 avril 2009).
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Nord de la France – XIXe siècle

28 juillet 2009 par Philogène Gagne Petit

Remarquable photo conservée à la Bibliothèque Municipale de Lille.
Elle est sans doute l’œuvre d’un anonyme dans les années 1875 à 1900. On y voit un rémouleur au travail dans un site quelque peu désertique. Son banc de rémoulage, classique, est calé. Après l’avoir poussé jusque là, peut-être près d’une ferme, l’homme s’est assis pour affûter les ustensiles apportés par la cliente. À l’avant du métier un baluchon est attaché. Que contient-il ? Quelques affaires personnelles emportées pour une longue tournée : plusieurs jours ou plusieurs semaines ? Le chien, de bonne taille, en profite pour se reposer. Doit-on en déduire qu’il aide son maître en tirant le banc lors des déplacements ? Ou est-ce simplement un compagnon de voyage, de fortune ou d’infortune ?

Rémouleur-nord-france

Voici un document intéressant qui laisse comme une impression de mystère autour de cet homme, son métier et son chien. C’est exactement cela qui marquait autrefois les populations au passage de ces travailleurs itinérants.
Photo © Bibliothèque Municipale de Lille. Pour l’afficher en grand format aller sur le site en cliquant sur l’image.

Santiago du Chili

20 juillet 2009 par Philogène Gagne Petit

Santiago du ChiliBelle photo, prise en 2007 par Bru42, d’un rémouleur en déplacement dans le centre de la capitale du Chili.
Il pousse un banc rustique dont l’ossature est en métal et de fabrication artisanale.
Ce banc est du type de ceux que l’on peut voir dans la péninsule ibérique ainsi qu’en Amérique latine. La grande roue est utilisée pour entraîner les meules par l’intermédiaire d’une courroie, elle sert également pour le déplacement du banc sur la chaussée. Remarquer que la stabilité de l’ensemble n’est pas évidente lors des déplacements.
En position de travail, le rémouleur bascule le banc de 90° vers lui, la pédale en bois que l’on voit près de sa jambe droite se retrouve en bas à l’horizontale, les meules en haut et la grande roue libre en rotation.
C’est un banc fabriqué avec des moyens modestes mais l’essentiel y est.
Photo © Bru42. Cliquer sur l’image pour aller sur le site Panoramio et l’afficher en grand format.

Rémouleur selon Larousse

3 juillet 2009 par Philogène Gagne Petit

Définition du rémouleur avec un beau dessin au trait publié dans le Larousse du XXe siècle, édition de 1928. En fait, ce dessin a été réalisé trait pour trait d’après la photo de Eugène Atget. Voir notre article du 15 janvier 2009 : le rémouleur par Atget. C’était un procédé fréquent en cette première moitié de XXe siècle, le rendu imprimé d’un tel dessin était meilleur que celui d’une photo. Et peut-être y avait-il aussi un problème de droit d’auteur ? Remarquer que la source n’est pas citée.

Rémouleur.Larousse-1928

Berlin 1919

20 juin 2009 par Philogène Gagne Petit

Berlin-1919Rémouler les outils tranchants a été de tous temps une façon de gagner quelques espèces pour apporter un minimum au foyer familial : francs, livres, lires, pesetas, marks… 
L’Allemagne de 1919, surtout son petit peuple, n’était pas très riche. Le pays se remettait tout juste de la première guerre mondiale. Malgré cela il fallait vivre.
On voit ici un banc de rémouleur aménagé (bricolé ?) avec des planches de récupération. La grande roue provient d’un vélo, les roues de la remorque peut-être d’une petite charrette, d’un jouet ? Mais l’essentiel, les meules, est là !
Le plus étonnant est que ce banc est tracté par un vélo, cas assez rare dans l’histoire du métier de gagne-petit. Astucieux : cela permettait d’élargir le rayon d’action du rémouleur.
Plus tard, la technologie évoluant, c’est la bicyclette, voire la moto, qui sera directement équipée du nécessaire à rémouler. C’est le cas aujourd’hui dans de nombreux pays dont ceux dits en voie de développement.
Avec le mot clé bicyclette, consulter les articles publiés à ce propos sur ce blog.