Découverte sur Picasa, cette photo récente (23 novembre 2009) de José Villemin nous présente un rémouleur algérien dans le quartier de Bab El Oued où, comme partout ailleurs, l’on prépare l’Aïd. On remarque que ce sont les cabas qui forment la file d’attente… précise la légende.
Le banc de ce rémouleur est vraiment de fabrication artisanale avec des matériaux de récupération. La courroie de transmission grande roue-axe de la meule est large. On peut se demander alors si la grande roue est actionnée par une pédale ou par un moteur électrique ? Une bonbonne de gaz est réemployée en réservoir d’eau. Ce dernier est peut-être rempli par les bouteilles en plastique placée en avant du banc. Un hachoir est en cours d’aiguisage. Quoi qu’il en soit notre homme a du travail en cette période de préparation de l’Aïd. On lui souhaite d’en avoir autant, ou presque, toute l’année ! Pour voir la photo en grand format et d’autres vues récentes d’Alger, aller sur la belle galerie de jose.villemin (lien direct).
Globalement, le rémouleur avait bonne réputation même s’il y avait comme dans toute corporation des brebis galeuses… Henri Amblès, dans son livre AU PAYS DES ÉMOULEURS cite une phrase de Massin dans son ouvrage LES CRIS DE LA VILLE : … Symbole de l’honnêteté artisanale, le gagne-petit apparaît dans la quasi-totalité des images populaires éditées, au siècle dernier, sur le thème de CRÉDIT EST MORT, LES MAUVAIS PAYEURS L’ONT TUÉ et que l’on plaçait en évidence dans la salle des auberges, estaminets et autres débits de boissons…
Il se trouvait quand-même des gérants d’immeubles pour interdire l’entrée de leur cour à nos braves aiguiseurs. Merci à ce propriétaire d’Antibes qui a gardé cette plaque émaillée jusqu’en 2005 au moins, année au cours de laquelle cette photo à été prise par TISEB. On peut voir la photo en grand format en allant sur son siteflickr.com(lien direct).
Carlo ITALIANO, illustrateur, est né en 1920 dans le vieux Montréal au Québec. Très jeune il fut fasciné par les petits métiers qui, jusque dans les années 30 en hiver, sillonnaient en traîneau les rues de son quartier. Il les dessina alors mais ce n’est que beaucoup plus tard, en 1974, qu’il publia le livre bilingue THE SLEIGHS OF MY CHILDHOOD / LES TRAÎNEAUX DE MON ENFANCE. Cet ouvrage lui valut plusieurs distinctions internationales et fut réédité en anglais sous le titre SLEIGHS, THE GENTLE TRANSPORTATION (Traîneaux, le transport doux). C’est de cette dernière édition que nous avons extrait l’illustration ci-dessous.
Et Carlo Italiano, évoque quelques souvenirs : Lorsque nous entendions le traîneau de Gelindo Bertoldi près de notre maison, ma mère cherchait rapidement ciseaux et couteaux qui avaient besoin d’aiguisage car nous ne savions pas quand il repasserait.
Régulièrement, nous pouvions voir son traîneau stationné devant la petite boucherie et l’épicerie voisines qui lui donnaient du travail en ce temps là, avant les supermarchés…
Son traîneau était un atelier mobile avec un chauffage au gaz. J’aimais le regarder travailler derrière les vitres et voir les étincelles voler au-dessus de sa meule, aiguisant, réparant, faisant des clés…
Comme il restait longtemps au même endroit, ayant beaucoup de travail, son cheval était revêtu d’une chaude couverture.
C’est sur une vieille carte postale expédiée de Heide (Holstein), en Allemagne, le 12 décembre 1907 que nous avons découvert une reproduction, hélas monochrome, d’un tableau de Cornelis BISSCHOP intitulé Schlittschuhschleifen. Peintre néerlandais (1630-1674), peintre de genre, peintre intimiste, son œuvre se distingue par une facture et une lumière précises ainsi qu’un goût confirmé pour les effets de perspective. Il fut aussi un bon graveur et un excellent dessinateur.
Le rémouleur de patins à glace travaille à l’intérieur. Une femme élégante, son épouse sans doute, l’aide en tournant de la main gauche la manivelle qui actionne la meule. Ils sont au centre de la composition. Une cruche de bonnes dimensions est posée à même le sol entre l’homme et la femme, c’est probablement là une réserve d’eau. À droite, la cliente qui fait affûter son patin droit est assise, c’est certes plus confortable lorsqu’on n’a qu’une chaussure ! À gauche, à la porte de l’échoppe, un homme semble attendre. Il est en patins et tient un pic, accessoire utile pour se déplacer sur la glace. Un traîneau assez petit, peut-être l’équivalent d’un landeau, siège dans cet atelier. Ses patins seraient-ils en attente d’aiguisage ?
Dommage que nous n’ayons pas la couleur car les personnages sont en contre-jour, la lumière venant de derrière eux. Un procédé cher aux peintres néerlandais.
C’est un jouet plutôt scientifique. Il fait partie d’une panoplie de métiers commercialisés par la marque allemande WILESCO. Tous ces jouets en tôle d’acier sont animés grâce à une poulie reliée par une courroie à une machine à vapeur en modèle réduit. C’est au début des années 1950 que la société a commencé la production de ses machines à vapeur. Aujourd’hui celles-ci sont toujours un best-seller dans le domaine du jouet scientifique.
La meule, garnie de grains abrasifs, est entraînée par la poulie. Les grains font sauter la paire de ciseaux tenue par les bras qui sont articulés. Le son y est aussi… Superbe !
Le socle mesure 108 x 64 mm, hauteur de l’ensemble : 100 mm.
Il faut absolument visiter le site passionnant deWilesco (lien direct).
Document anglais intéressant de la fin du XIXe siècle, voire début du XXe : une photo de petit format destinée à une lanterne magique. Collée sur un carton, de dimensions de 10 x 10 cm environ, l’image devait être insérée la tête en bas dans la lanterne. Éclairée par une bougie (par une ampoule électrique par la suite), elle était amplifiée, rétablie la tête en haut par un objectif et rétro-projetée sur un tissu blanc translucide.
C’est un banc de rémouleur caractéristique du Royaume Uni : grandes roues pour le déplacement et rémouleur assis assez haut. Remarquer la protection de la grande roue-poulie. On peut lire que l’homme réparait aussi les parapluies. Enfin, deux enfants se cachent derrière le fût d’un lampadaire…
À Bad Sachsa, petite ville du centre de l’Allemagne, il est un rémouleur ambulant qui se nomme Siegfried KRAUTZ. Au volant de son fourgon-atelier, accompagné de son sympathique compagnon canin, il sillonne les localités de sa région pour affûter les couteaux des collectivités, restaurants, charcutiers, fleuristes… Belle vidéo mais on aimerait un peu plus de plans sur le travail d’affûtage dans lequel on a l’impression que le ruban abrasif a remplacé la meule… Intéressant tout-de-même malgré le côté un peu publicitaire de ce document vidéo. On peut aussi mesurer l’écart entre les moyens de ce rémouleur européen et ceux d’Afrique ou d’Asie(liens directs) que nous avons présentés sur ce blog… - Vidéo en langue allemande mais très compréhensible…
Clin d’œil à l’actualité en écho au dérapage verbal de l’ancien président de la République le 20 novembre à Bordeaux. Lormont (21.325 hab) est une commune du Sud Ouest, située dans le département de la Gironde. Chef-lieu de canton, elle est l’une des 27 communes composant la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB).
C’est de ce bourg, 3.300 habitants à l’époque, que fut expédiée en mai 1908 cette carte postale de la Place de l’Église. Une place ensoleillée et animée entre autres par un rémouleur.
Il n’est pas seul : il y a du monde et des animaux sur cette place. L’homme paré de son grand tablier est en plein centre près de son banc, un banc de type méridional caractéristique avec sa grande roue. Le chien du rémouleur est couché à l’ombre de ce banc. Un autre chien observe la scène (ou seulement le chien du rémouleur ?) tandis qu’un homme s’éloigne une main dans la poche : est-il en train d’y glisser son Opinel qu’il vient de faire aiguiser ? À gauche stationne un attelage dont le conducteur est en conversation avec une femme. Au fond, entre les deux corps de bâtiments, en cercle, des femmes sont en palabre. Enfin, un autre chien est visible à condition d’afficher le détail central de la carte en cliquant sur celle-ci… – Noter que les couleurs ont été obtenues par une colorisation assez grossière… – Pour lirel’articledu quotidien Sud Ouest (Lien mis à jour le 2 décembre).
C’est au blog ABRUPTO tenu par José Pacheco Pereira que nous empruntons aujourd’hui cette belle photo d’un amolador dans la ville de Matosinhos. Située au nord du Portugal, cette cité ancestrale de près de 48000 habitants est limitrophe au sud avec la ville de Porto. La plage est très belle comme le montre cette photo publiée en février 2007.
Inspiré de la structure en bois traditionnelle de la péninsule ibérique, ce banc de repasseur est assez récent car réalisé en acier. Avec sans doute des éléments de récupération comme la roue de moto dont le frein n’est plus très utile… Le rémouleur tient son métier par les pieds arrières et utilise ainsi la roue pour les déplacements. Lisez la suite de cette entrée »
Nous enrichissons régulièrement cette rubrique de chromolithographies (chromos en abrégé) mettant en valeur le métier de rémouleur.
Pour tout savoir sur l'histoire et la technique de la chromolithographie, consulter Wikipedia.
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Les rémouleurs
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