Amolador au Portugal

25 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

C’est au blog ABRUPTO tenu par José Pacheco Pereira que nous empruntons aujourd’hui cette belle photo d’un amolador dans la ville de Matosinhos. Située au nord du Portugal, cette cité ancestrale de près de 48000 habitants est limitrophe au sud avec la ville de Porto. La plage est très belle comme le montre cette photo publiée en février 2007.

Amolador-Portugal-Matosinhos.JPG

Inspiré de la structure en bois traditionnelle de la péninsule ibérique, ce banc de repasseur est assez récent car réalisé en acier. Avec sans doute des éléments de récupération comme la roue de moto dont le frein n’est plus très utile…  Le rémouleur tient son métier par les pieds arrière et utilise ainsi la roue pour les déplacements. Lisez la suite de cette entrée »

Le petit rémouleur – 2

21 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Le-petit-rémouleur-2

- Détails sur ce feuilleton dans notre premier article (lien direct).

Le quartier latin à couteaux tirés

18 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Nous empruntons titre, texte et photo au blog Le latin de Paris (lien direct) qui a publié ce billet en mars 2009. C’est un texte vivant, chaleureux, illustré d’une belle photo. Et c’est aujourd’hui en plein centre de Paris! Lisez plutôt.

Ding Dong. La cloche de Roger retentit. Sortez vos couteaux! Préparez vos lames! Non, ce n’est pas la guerre civile au Quartier Latin. Juste la tournée de Roger Henri, rémouleur à Paris, depuis quarante ans. Avant lui son père et sa mère battaient aussi le pavé parisien. Rémouleur… un métier qu’on aurait presque oublié. Pourtant c’est lui qui aiguisa longtemps les ustensiles de cuisine de nos grand-mères.

remouleur-a-paris

Ni Roger ni ses parents n’ont connu le temps où le maître rémouleur devait aussi affûter les poignards et les épées des gentilshommes, sur une petite meule ambulante qu’il tournait avec ses pieds. Mais dans leur carriole, le même équipement: deux tours en pierre, de quoi affûter les lames de tous les restaurateurs à des kilomètres à la ronde.

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Le petit rémouleur – 1

14 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Le-petit-rémouleur-1

Nous commençons aujourd’hui la publication d’une série de 6 cartes postales éditées au début du XXe siècle. Ces cartes sont réunies dans une enveloppe sous le titre LE PETIT RÉMOULEUR. Chaque carte raconte en quatre lignes et en vers un chapitre d’une histoire édifiante.
C’est très théâtral, joué par des enfants, ce qui devait séduire à l’époque une partie de la population… Il faut préciser qu’il n’y avait pas comme aujourd’hui une débauche d’images de toutes sortes.
Le décor est une toile de fond dont on ne peut pas définir la couleur. Le seul accessoire est un banc de rémouleur très rustique pour gaucher. Enfin, les habits des enfants sont plutôt, comme il se doit, des costumes de scène et les sabots du jeune garçon n’ont pas beaucoup marché ! Mais bon, c’est attendrissant…
Bon feuilleton 2009 !
- Nous publierons une carte chaque samedi jusqu’au 19 décembre.
- Rappel : notre feuilleton de l’an passé, une BD en couleurs en 16 images: JACQUOT LE RÉMOULEUR (lien direct).
- Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Canon à deux voix

11 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Le hasard du calendrier nous fait involontairement donner dans l’humour en cet anniversaire du 11 novembre 1918, jour où les canons se sont tus…
Le rémouleur est présent dans les chansons traditionnelles mais également dans les plus contemporaines.

remouleur-canon-a-deux-voix

Voici un exemple d’un canon tout simple publié vers la fin du XIXe siècle et qui figure à la page 104 dans le livre AU PAYS DES ÉMOULEURS de Henri AMBLÈS. En fait lui-même l’a retrouvé dans une édition d’origine : LES CHANTS DE L’ENFANCE de Claude AUGÉ dont Larousse était l’éditeur.
On remarque que la partition ne propose qu’une seule voix ce qui n’empêche pas de chanter en canon… Par ailleurs, l’illustration n’est pas sans intérêt. Comme souvent, le gagne-petit semble bien seul au bord de cette longue route… Alors, chantez bien !
Merci à Henri AMBLÈS qui nous autorise à publier une illustration de son ouvrage.

Mexico au XIXe siècle

3 novembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Ce dessin est extrait du livre de Camille Pagé LA COUTELLERIE DES ORIGINES À NOS JOURS (Grand format, 6 tomes), publié en 1896. La bible des couteliers !
Réalisé d’après une photographie, il nous montre un métier rustique et certainement lourd. On peut se demander de quelle façon le rémouleur se déplaçait : il ne paraît pas être dans un environnement d’atelier mais plutôt dans la nature… Il travaille cependant sur un banc traditionnel comme il y en avait en Europe au XIXe siècle.
On pourra comparer ce rémouleur avec ses collègues de 2008 que nous avions présentés ICI et (liens directs).
On retrouvera aussi un dessin de rémouleur chinois (lien direct) publié en 2008, issu de l’ouvrage de Camille Pagé.

Rémouleurs-de-Mexico

Rémouleur mécanique

16 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

Il y a toujours eu de la concurrence, même pour les rémouleurs ! Le progrès n’a pas arrangé les choses… Pour preuve : en Allemagne cette réclame du premier quart du XXe siècle pour la maison HARRAS. Si la traduction est bonne, elle vante ses machines de nettoyage et d’affûtage. Destinées aux collectivités, ici un restaurant, elles sont multifonctions et envoient les rémouleurs ambulants au bureau du chômage… À voir.

Harras-remouleur-mecanique-Timbre-pub

On voit qu’il s’agit d’un timbre de dimensions 66 x 48 mm. Il suffisait de mouiller la gomme au dos  pour placarder cette pub ici ou là. Les nombres en haut, à gauche et à droite semblent indiquer qu’il existait une série de 6, ce timbre étant le N° 4. Imprimé à Nuremberg.

Roumanie aujourd’hui

10 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

Les sites de photos réservent parfois de bonnes surprises. Ainsi sur Picasa nous avons découvert dans une des galeries de GEORGES cette belle prise d’un rémouleur réalisée en été 2008 dans la ville de Timişoara située à l’ouest de la Roumanie.
En 1989, cette ville multiculturelle et très dynamique fut la première du pays à s’être libérée de la dictature de Ceauşescu. Qualifiée de  Petite Vienne ou encore de Cité des roses, sa population est aujourd’hui de plus de 336.000 habitants. Et parmi eux il y a au moins un rémouleur.

remouleur-roumain-2008

Le banc de ce tocilar (rémouleur en roumain) est de structure robuste. Conçu à partir d’un type brouette, il est assez perfectionné. Remarquer sa grande roue (dont on perçoit la rotation) ainsi que la commande de l’excentrique qui permet d’entretenir le mouvement. La pédale n’est pas reliée directement à l’excentrique mais utilise un système de renvois donnant sans doute plus de fluidité en évitant les à-coups. Noter que l’axe de la grande roue et celui des meules sont vraisemblablement montés sur roulements à billes, ce qui réduit notablement l’effort sur la pédale et donne un meilleur rendement. Un caisson permet de ranger les accessoires et outils complémentaires. Ce banc est assez original dans sa conception
Photo © GEORGES 2008. Pour voir la photo (que nous avons recadrée, qu’il veuille bien nous en excuser) en grand format, aller sur sa riche GALERIE Picasa (lien direct).

Arrotino à Lugano

3 octobre 2009 par Philogène Gagne Petit

La scène se situe en Suisse italophone, dans les années 20. Cette carte postale est écrite au dos et le cachet de la Poste indique 1927.
Dans le canton du Tessin, il est une jolie ville située sur la rive nord du lac du même nom : Lugano. C’est la 3e place financière suisse et, grâce à son climat et à sa végétation luxuriante, un centre touristique important.
Le rémouleur, chapeau sur la tête, quitte la ville et emprunte la route de Castagnola, à l’époque une commune voisine, aujourd’hui quartier de Lugano. Au fond, le Monte San Salvatore qui domine la ville et le lac. L’homme pousse son banc à une roue, cette grande roue polyvalente qui est utilisée aussi pour le rémoulage, caractéristique des métiers des rémouleurs italiens avant que ceux-ci adoptent la bicyclette.

Lugano-remouleur-Solitude
À bien y regarder, l’homme est accompagné, il est suivi d’un enfant en bas âge, pieds nus dirait-on. Cependant, dans ce cadre pittoresque et grandiose, ces individus semblent bien seuls. La circulation ne doit pas être très dense même s’il y a quelques traces sur la chaussée…
Cette belle carte postale ancienne (avec ses niveaux de gris) nous renvoie à celle de Camprodon publiée le 20 août 2008. Cf notre article La solitude du rémouleur (lien direct).
Cliquer sur l’image pour afficher le rémouleur et l’enfant en grand format.

Amolador au Brésil

25 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

C’est en 2008 que Gustavo Peres, alias Hannap, a pris cette intéressante photo d’un amolador en plein travail dans une rue de São Paulo au Brésil.
C’est un bel exemple d’outil de travail réalisé avec des éléments de récupération. Un cadre de bicyclette est à l’origine du banc de ce rémouleur. C’est une pratique courante dans le monde entier, on a déjà pu le voir sur ce blog ici (en Tanzanie) ou (aux Philippines).
Amolador-Sao-PauloGrâce à une transmission par chaîne (de vélo), le pédalage fait tourner une roue à rayons. Cette roue est, semble-t-il, une roue de vélo d’enfant car son diamètre est faible. Elle transmet sa rotation au groupe de deux meules (de granulations différentes) par une courroie d’apparence trapézoïdale en caoutchouc (ou en matière synthétique).
On peut supposer que le rémouleur est assis sur une selle, autre pièce d’une bicyclette. En dessous sont fixées, par des colliers, une pince universelle et un petit flacon cylindrique en plastique.
La roue gonflable dont on aperçoit la valve est récupérée d’une petite moto ou d’un scooter. Elle est utilisée pour les déplacements : l’amolador bascule alors l’ensemble du banc et le pousse.
Remarquons que l’assise de l’ensemble est modeste, notre homme ne doit pas trop se pencher d’un côté ou de l’autre… Pas de risque, il est très concentré sur son travail !
- Photo © Hannap-Gustavo Peres.
- Pour mieux discerner les détails de ce banc, aller sur la galerie photo de Hannap et ouvrir la photo en grand format.

Journées du Patrimoine 2009

18 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

C’était une enseigne originale du vieux Paris pour un magasin de confection AU GAGNE PETIT, peut-être la plus ancienne enseigne de pierre de Paris. Datant de la première moitié du XVIIIe siècle, elle se trouvait à l’angle de la rue des Nonnains-d’Hyères et de la rue de l’Hôtel de Ville dans le 4e arrondissement. Mais le quartier fut restructuré et la rue disparut ! D’aucuns exprimèrent leur mécontentement :
Nous ne blâmerons jamais assez ceux-là… […] qui, cachés et tout-puissants, décidèrent à Paris l’inexplicable destruction de la très vieille rue des Nonnains-d’Hyères, laquelle ne s’opposait en rien à la salubrité et offrait la remarquable harmonie de ses façades du XVIIIe siècle.

Ce vandalisme, perpétré sur une grande échelle, a entraîné la perte de l’enseigne curieuse qui ornait, à hauteur du premier étage, l’immeuble sis au N° 5…
… Dégagé de la pierre en ronde bosse, le motif de grandes dimensions, qui avait gardé ses couleurs d’origine, montrait un rémouleur dans son costume d’époque : tricorne noir, redingote rouge et bas blancs…

Nonnains-JJ-Dufour

Pendant la destruction l’enseigne fût démontée. Elle est actuellement au Musée Carnavalet, musée historique de la Ville de Paris. Grâce aux techniques modernes d’investigation, analyses stratigraphiques et chimiques, on a décelé qu’elle fut peinte et repeinte plusieurs fois.
Lors de la reconstruction du quartier, une copie assez différente, non peinte, a été installée à l’angle des rues de Jouy et de Fourcy. Sans être très ancienne, elle rappelle néanmoins un bel objet du Patrimoine.
- Illustration : eau-forte de Jean-Jules Dufour in LES ENSEIGNES DE PARIS.
- Voir l’enseigne dans son site d’origine : CPA © Roger-Viollet
– Pour voir l’enseigne actuelle (photo © Henri Amblès), cliquer ICI.

Paris, 1938

10 septembre 2009 par Philogène Gagne Petit

Amoureux de Paris, découvrez une sélection de 25000 photos de la capitale. A consulter et à partager.
C’est l’accroche pour le site PARIS EN IMAGES et c’est là que l’on peut trouver quelques photos de rémouleurs ayant exercé dans la capitale entre 1900 et 1941.
Celle-ci est datée 1938-1939, sans précision du nom de l’auteur, un anonyme peut-être.
Avec ses beaux gris (comme nous les aimons… cf notre article La solitude du rémouleur) cette photo traduit l’atmosphère d’une époque, d’une période hélas pré-apocalyptique. Et il y a du mouvement dans ce document avec le petit peuple qui va et vient, les voitures, le chien…
Le métier de ce repasseur est particulièrement léger et malgré une fragilité apparente il paraît tout-de-même solide. À bien y regarder, on peut penser à une auto-fabrication : roues de bicyclette, montants et traverses de faible section… Cette charrette est néanmoins fonctionnelle malgré sa simplicité et notre rémouleur est protégé des intempéries. Sa position de travail semble correcte. Il dispose en outre d’une caisse d’un bon volume pour ranger quelques outils, chiffons, accessoires. Par contre, les couteaux des clients sont posés sur le trottoir…
Photo © LAPI / Roger Viollet

Rém-Paris 1938-1939

Philippines

26 août 2009 par Philogène Gagne Petit

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Excellente photo de Mark Dominic qui a saisi ce rémouleur dans une rue de Manille le 17 janvier 2006. Son banc est minimal mais semble efficace, susceptible de donner de bons résultats… Ce qui semble le cas ici. Le métier est léger, facilement transportable. Quelques accessoires et peut-être quelques couteaux à vendre sont rangés dans la mallette. Enfin, le personnage est assez pittoresque mais plus tout jeune… Peut-il espérer percevoir un jour une retraite ?
Photo © Mark Dominic. Pour visiter sa page : photos prises avec un objectif de 50mm dans les rues de Manille, cliquer sur l’image.

Afilador Orense

19 août 2009 par Philogène Gagne Petit

Incursion en Espagne dans la production de la peintre LAURA. Sur son site qui présente de nombreuses œuvres naïves, nous avons découvert ce rémouleur haut en couleurs. Surtout ne pas rechercher le réalisme dans la représentation du métier mais l’homme et sa machine sont bien campés, représentés tout près des maisons d’où sortiront peut-être quelques clients… La poésie dégagée par cette œuvre est due au couple rémouleur-métier ainsi qu’à la branche d’arbre, seuls éléments comportant des courbes dans un ensemble architectural semble-t-il assez froid, voire déshumanisé.
Quant au titre, il évoque la ville d’Orense ou la province du même nom en Galice.
Et bien sûr on apprécie cette peinture…
Pour aller sur le site foisonnant de Laura :
el dibujo de laura.

remouleur-afilador-laura

Normandie 1900

12 août 2009 par Philogène Gagne Petit

Retour en France avec cette vue d’un rémouleur normand vers 1900. Lui-même et sa cliente, voire son épouse, posent pour la photo. Parfois, les rémouleurs travaillaient en couple, l’épouse faisait le ramassage des ustensiles à rémouler dans le village tandis que son mari aiguisait. L’ouvrage terminé, elle les reportait ensuite à leur propriétaire et encaissait les sommes dues. Vu son âge, le rémouleur n’est pas un débutant, son métier est perfectionné avec toiture le mettant à l’abri du soleil ou des intempéries. La charrette est calée à l’avant comme à l’arrière, notre homme peut donc s’asseoir pour effectuer un travail de qualité sans trop de fatigue.

Normandie-1900

Reproduction d’une carte postale ancienne (détail) portant au recto les mentions ” Normandie, Année 1900 “.
© Éditions Normandes LE GOUBEY – CAEN.